Shawn Drover, batteur de Megadeth, au Sonisphere France 2013

« Je n’ai pas de problème à faire quelque chose de différent »


Peu de temps avant la prestation de Megadeth au Sonisphere Festival d’Amnéville, le batteur Shawn Drover a accordé quelques minutes à La Grosse Radio pour évoquer la direction musicale de Super Collider, leur nouvel album, ainsi que les prochaines tournées du groupe et ses influences.
 

Vous êtes au Sonisphere d’Amnéville pour la deuxième fois. Ça vous plait de revenir ?

Oui, absolument. Nous sommes venus ici en 2011 avec le Big Four. Nous avons de supers fans ici, donc nous sommes toujours heureux de venir jouer en France.

La direction musicale semble avoir changé sur Super Collider, votre nouvel album, avec des chansons plus lentes et plus heavy. Etait-ce le but recherché ?

Non, pas du tout. A chaque fois que nous entrons en studio, nous écrivons les meilleures chansons possibles. Ca sonne toujours différemment. Si on prend les albums précédents de Megadeth, ils sont tous différents : Killing Is My Business… And Business Is Good! ne sonne pas comme Youthanasia et Rust In Peace ne sonne pas comme So Far, So Good… So What? Il y a plusieurs directions sur cet album, avec des chansons rapides et heavy comme « Built For War » ou « Kingmaker » et des choses différentes comme « The Blackest Crow », qui était vraiment fun à créer. Elle commence par une espèce de bluegrass pour partir sur quelque chose de plus heavy ensuite. On a dû penser différemment en l’écrivant, vu qu’on n’a jamais fait ça avant. De toute façon, on veut juste faire de la bonne musique. Certains se plaignent que telle chanson ne ressemble pas à leurs attentes et je leur dis « Ne t’inquiète pas, elles sont toutes bonnes et on ne s’arrêtera pas de jouer « Holy Wars » en concert ». Je ne vois pas de problème à faire quelque chose de différent, regarde Led Zeppelin, tout ce qu’ils ont fait n’est pas aussi heavy que « Communication Breakdown » (1969).

Tu as écrit la chanson « Built For War ». Qu’est-ce qui t’a inspiré pour celle-ci ?

C’est une idée que j’avais et que j’ai soumise au groupe. Dave Mustaine [chant, guitare] l’a aimée et Chris Broderick [guitare] a aussi écrit une partie au début pour cette chanson. On travaille comme ça, chacun donne ses idées et suivant la direction qu’on prend  et ce qu’on en fait, elles finissent ou non sur le disque. J’ai aussi participé à la chanson « Headcrusher » sur l’album Endgame, une chanson très violente. Pour moi, c’est comme une seconde nature, je préfère écrire des chansons heavy quand on parle de metal, c’est ce que je préfère.

Super Collider est un titre  d’album assez différent. D’habitude les titres d’albums de Megadeth renvoient à un concept ou un jeu de mots. Pourquoi ce titre ?

L’idée vient de Dave Mustaine. Quand on était en tournée pour Th1rt3en et il a vu une photo du Super Collider, pleine de couleurs et il l’a adorée. De là, on s’est dit qu’on devait en faire une pochette d’album et le titre est venu de lui-même. Ce n’était pas une démarche planifiée, les choses sont venues naturellement.

Shawn Drover Megadeth

David Draiman (Disturbed) a été invité dans les sessions de l’album. Pourquoi ?

C’est un ami. Je pense que c’est Dave Mustaine qui l’a invité au studio, je n’y étais pas à ce moment-là. Il voulait essayer une collaboration et voir ce qui en sortirait. Donc David Draiman a proposé quelques mélodies et, ce faisant, Dave lui a proposé de chanter sur « Dance In The Rain » et le résultat est bon. C’est quelque chose de différent sur une partie bien thrashy, ça me plait.

Y a-t-il d’autres artistes avec qui tu aurais aimé jouer ?

Oui, Jimi Hendrix ! [rires] Il y en a plein avec qui j’aurais aimé jouer, comme Randy Rhoads, je pourrais parler des heures des artistes qui m’inspirent… Plein d’artistes m’ont  influencé, principalement Rush, et m’influencent toujours aujourd’hui. Beaucoup de gens me demandent quels groupes récents j’écoute. Il y en a que j’aime bien, mais je reviens toujours aux fondamentaux des années 70, comme Black Sabbath, Aerosmith, Van Halen

Super Collider finit par une reprise de  Thin Lizzy, « Cold Sweat ». Il n’y avait pas eu de reprise en album depuis « Anarchy In The UK » sur So Far, So Good… So What? (1988). Pourquoi avoir choisi cette chanson ?

Je suis un grand fan de Thin Lizzy, reprendre n’importe quelle chanson d’eux me rend heureux. Cette chanson a été écrite par John Sykes, un de mes guitaristes préférés. Pour moi, c’était un vrai bonus. C’est moi qui ai proposé cette chanson à Dave Mustaine alors que je finissais d’enregistrer mes parties de batterie. Je l’ai enregistrée en 20 minutes, je la connaissais déjà, donc on a fait deux prises  et choisi la meilleure.

Avant de sortir cet album, vous avez fait une tournée pour fêter le 20e anniversaire de Countdown To Extinction (1992). Aura-t-on la même chose en Europe ?

Je ne pense pas, en Europe nous allons rendre hommage à cet album en jouant quelques chansons, mais c’était prévu dès le départ que nous jouerions que cet album en novembre-décembre 2012 en Amérique. C’était fun et différent. Maintenant que l’anniversaire est passé et que nous avons un nouvel album de sorti, c’est mieux de se concentrer sur celui-ci. Dans nos concerts en tête d’affiche, nous jouons quatre ou cinq chansons de Countdown To Extinction, dont « Architecture Of Aggression », une de mes chansons préférées, bien heavy. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de le jouer en entier. Nous avons 14 albums maintenant, ça fait beaucoup de musique. C’est impossible de satisfaire tout le monde, on fait de notre mieux, mais il y aura toujours quelqu’un qui se plaindra qu’on ne joue pas « Chosen Ones » ou « Mary Jane ». J’aime ces chansons aussi, mais on ne peut pas caser 150 chansons dans un set d’une heure et demie. Et on ne peut pas laisser de côté « Holy Wars… The Punishment Due », « Peace Sells », « Symphony Of Destruction », « Hangar 18″… Il y a six ou sept chansons qu’on est obligés de jouer, mais c’est bien ! Mieux vaut avoir trop de chansons à caser que l’inverse !
 

Megadeth

Vous allez jouer avec Black Sabbath en fin d’année en Amérique du Sud. Qu’est-ce que ça te fait ?

C’est excellent ! Nous avons déjà joué avec Heaven & Hell, avec Ozzy Osbourne, mais jamais avec le Black Sabbath avec Ozzy au chant. Ils sont  les pionniers du metal et m’ont énormément influencé avec les albums Volume 4, Sabbath Bloody Sabbath, Sabotage… J’ai hâte que cette tournée arrive !

Cela fait maintenant neuf ans que tu joues avec Megadeth. Est-ce que cela a influencé ton jeu ?

J’adapte ma manière de jouer aux besoins des chansons. Nous nous réunissons avec le producteur et Dave Mustaine, qui a des idées sur ce qui irait avec ce qu’il écrit, et nous décidons ensemble de ce qui est le mieux pour tel ou tel morceau. Parfois je suis le riff, parfois j’essaie des trucs plus barrés, comme sur « The Blackest Crow », où Dave m’a demandé d’essayer des trucs vraiment inhabituels auxquels je n’aurais pas pensé et le résultat me plait bien. Pour « Super Collider », qui est un morceau hard rock plus classique, je ne fais pas trop de fantaisies, cela ne collerait pas. Mon but premier est d’être au service des compos.

Un dernier mot pour les fans français ?

La France est un pays que nous apprécions beaucoup, ça nous fait plaisir d’être ici et nous avons hâte de jouer devant vous au Sonisphere !

 



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