Jorn – Traveller


Que Dio lui pardonne...

Jorn Lande est un grand chanteur. Un très grand chanteur même. L'une des voix d'or du metal, ceux qui l'ont découvert ou adoré dans Ark, les premiers Masterplan, Avantasia ou Beyond Twilight ne me contrediront pas. Pourtant, l'homme semble se perdre depuis quelques années, entre volonté de se la jouer solo contre vents et marrées ou égo surdimensionné, on ne sait pas trop ce qui pousse le grand norvégien à agir ainsi.

Et cela semble s'empirer depuis un an. Entre vents divers aux propositions de Tobias Sammet ou Magnus Karlsson afin de figurer sur leurs opus "guest singers", les non-réponses à Roland Grapow quant à la suite de Masterplan (lire l'inteview de ce dernier plutôt édifiante), et surtout l'enchaînement de sorties solo aussi précipitées que de qualité plutôt moyennes, le blond semble sur la pente descendante... et ce depuis, hasard ou conséquence, le décès de son idole de toujours Ronnie James Dio.

On sait le bonhomme grand fan du metal héros qui a brillé sur Rainbow ou Black Sabbath avant de voler (lui aussi) de ses propres ailes, sa voix en est d'ailleurs le prolongement logique avec cette touche David Coverdale (Whitesnake - tiens d'ailleurs "Rev On" sur l'album en est peut-être un hommage certains moments rappelant presque "Still of the Night") très marquée. Mais depuis les très controversé album hommage sorti quelques semaines après le décès du charismatique lutin et dont beaucoup soulignèrent l'aspect peu respectueux, Jorn semble comme habité par le fantôme de son idole. Et cela commence à se voir un peu trop, voire à devenir lourd.

Les hommages sur ce nouvel album Traveller, énième opus solo donc paru fin mai chez Frontiers Records, quelques mois à peine après son pompeux Symphonic, un an après un Bring Heavy Rock to the Land poussif mais encore acceptable, sont plus que légions. Déjà dans les paroles de "Cancer Demon" qui semblent profondément faire écho à la maladie qui a rongé Ronnie James ou cette conclusion "The Man Who Was King" clairement dédiée à ce monument du metal. Rainbow, Black Sabbath, Dio en solo ... tout y passe musicalement, mais le problème c'est qu'à demi-plagiées ou singées ces deux chansons s'avèrent presque comme les meilleurs du disque (d'autres aussi très axées Dio & co comme "Carry the Black", sorte de suite au projet Heaven & Hell déguisée mais ratée, ne soutiennent cependant pas la comparaison). Alors, que se passe-t-il Jorn ?

Surchargé (pourtant ne dépassant pas les 50 minutes !!), à l'image d'un premier morceau proleptiquement intitulé "Overload", cet album ne décolle jamais. Le "voyage" voulu par son titre semble nous mener nulle part, la part et la teneur "sombre" assez continuelle rendant le tout assez monotone même si quelques bons riffs parviennent à nous faire hocher de la tête ("Traveller" en tête). Mais aucun feeling, groove bien trop absent, y compris dans des mélodies vocales plutôt pauvres : un comble vu le timbre du scandinave !! Et à l'écoute de certains brûlots faiblards tels que "Window Maker" (qui a failli prendre avec son refrain qui s'assombrit ... mais non au final !) ou "Make Your Engine Scream" (passablement poussif et qui ne ferait pas crier une groupie en chaleur), on a souvent envie d'accélérer l'écoute en zappant quelques passages.

Alors si cet album obtient tout juste la moyenne, c'est parce qu'on ne peut occulter - outre ces quelques bravoures heavy ou hard qui raviront certains guitaristes rythmiques fans des années 80 (l'arrivée de Trond Holter de Wig Wam n'étant sûrement pas étrangère à celua) - une bonne production carrée même si manquant de fantasie, et un mix bien agencé par le célèbre Tommy Hansen. Aucune folie non, pas vraiment un titre qui se détache du lot, un ennui profond global... et ça fait mal, on sent le gâchis à des kilomètres.

Jorn n'a peut-être pas encore touché le fond, mais que devrons-nous donc endurer par la suite ? "...And then oblivion" ? Pour paraphraser des paroles sur "Cancer Demon" ? En espérant que le cancer du manque d'inspiration cesse de le ronger au plus vite. Qu'il prenne un ou deux ans de vacances à se poser et se ressourcer (et oublier cette souffrance de la disparition de Dio aussi, par pitié faut aller de l'avant !!!), avant de gâcher un peu plus une carrière qui s'avérait pourtant prometteuse vue la voix du bonhomme. A vrai dire, si dès 2014 surgit encore un nouvel album, je suis presque certaine de ne pas l'écouter (sauf si on m'en dit du bien hein).

La Folle Fougère

 

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NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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