Le Bal des Enragés au Hellfest 2013

Dimanche 23 juin – 13h35 – Warzone

Trois semaines après mon premier rendez-vous scénique avec Le Bal Des Enragés, je ne vous cache pas que grande est mon impatience de retrouver le collectif sur les planches de la Warzone. Impatience manifestement partagée par un grand nombre si j’en crois les nombreuses discussions depuis le jeudi, mais également à la vue de la marée humaine qui vient se masser devant la scène en ce début d’après-midi du dimanche.

Seulement voilà, je suis aussi un peu sceptique sur l’horaire et le temps de jeu accordé à Reuno, Poun, Schultz et consort. Comment la troupe va-t-elle pouvoir offrir un set représentatif en 40 minutes, elle qui d’ordinaire ne descend jamais en dessous des deux heures trente de prestation ? Quoi sacrifier dans la pléthorique setlist sans se dénaturer ?
 

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C-O-L-L-E-C-T-I-F ! ! !
 

Autant de questions que je ne suis peut-être pas le seul à me poser mais que Le Bal des Enragés va balayer en un tourbillon insensé qui ne fera de déçus que les malheureux bloqués devant l’entrée de la Warzone, plein à craquer et qui montre là ses limites en terme de capacité d’accueil.

On attaque directement par le « If The Kids Are United » de Sham 69 et le ton est donné. Sur la Warzone, on fait plaisir aux keupons en premier (normal, on est chez eux et ici on est poli avec ses hôtes !). S’ensuit « Hate To Say I Told You So » de The Hives sur laquelle Reuno et Stef Buriez ne peuvent s’empêcher de traverser la scène dans une danse endiablée, saisis par la démence qui a déjà gagné le public.

 

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Exit Light !


Rancid, Marilyn Manson (avec un magistral Reuno), tout y passe et l’ambiance ne cesse de monter. Punks, hardcore, rockers, métalleux, le collectif montre que le public du Hellfest ne demande qu’à faire la bringue tous ensembles. Le virage metal amorcé devient ouragan lorsque Vx (Punish Yourself) demande si le marchand de sable est passé. Je sombre moi-même dans un état second qui me catapulte en quelques secondes au cœur de la mêlée, à deux mètres des barrières. Légèrement accélérée et avec Stéphane Buriez en chef de chorale, c’est tout Clisson qui rugit de plaisir. C’est parti pour un arrachage de gorge en règle, dans un chaos indescriptible qu’amplifie encore le « Feuer Frei » de Rammstein (sur lequel Schultz est définitivement inclassable, aussi furieux que doucereux en conteur d’histoire).

 

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Herr Schultz est dans la place !

 

Mais lorsque Poun (qui tourne comme un lion en cage) revient sur scène pour balancer une version d’anthologie de « Killing In The Name » (je ne vous fais pas l’affront de vous préciser de qui), ce qui se passe dans le pit dépasse l’entendement. Le feedback entre le public et les musiciens devient un cercle infernal qui pousse chacun aux limites de ses capacités physiques. La foule n’est plus qu’une mer déchaînée sur laquelle surfe des hordes de slammers qui viennent se déverser sur un pit où la sécu est une nouvelle fois exemplaire d’efficacité et de gentillesse (y compris pour récupérer le chanteur de Black Bomb A qui n’a pas résisté à l’appel de cette folie collective).
 

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 Poun de la Rocha !

C’est maintenant l’heure de calmer tout le monde « dans le cadre des amitiés franco-brésilienne, un petit morceau de bossa nova » (dixit Vx). Percussions, meuleuses, gerbes d’étincelles, Sepultura s’invite dans la transe pour un « Refuse/Resist » auquel personne ne résiste (c’est le cas de le dire).
L’heure tourne. Vite. Tellement vite. Alors, pour achever cette fête, tout le monde va pouvoir chanter sur « Antisocial ». Comme d’habitude, les allers et venues des musiciens se font dans une fluidité étonnante et le son est très bon pour une telle prestation dans le cadre d’un festival.
 

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Ce n’est pas parce qu’on joue moins longtemps qu’on va moins faire le spectacle !
 

Le moment est venu pour moi de quitter mes petits camarades de guerre (comment décrire autrement ce qui vient de se produire ?). Et quelle meilleure porte de sortie que celle des airs par un petit slam sur le solo avant de prendre du recul pour assister au final sur « Vive le Feu » (en n’oubliant pas de joindre les restes de mes cordes vocales au chœur des détraqués). Tout le collectif est sur scène pour recevoir une ovation énorme et méritée, qui ne fait que confirmer ce que beaucoup pensaient avant même ce show : la place du Bal Des Enragés, c’était plutôt en clôture de journée et pendant deux heures !

Une ultime communion en reprenant le refrain de « If The Kids… » et voilà, la fête est finie ! Elle fut courte, intense, belle et nul doute que nombreux sont les spectateurs présents à être repartis avec une seule idée en tête : retrouver au plus vite le groupe dans sa version XXL !

Setlist :

– If The Kids Are United (Sham 69)
– Hate To Say I Told You So (The Hives)
– Réveille le punk (Svinkels)
– Maxwell Murder (Rancid)
– Beautiful People (Marilyn Manson)
– Enter Sandman (Metallica)
– Feuer frei! (Rammstein)
– Killing in the Name (Rage Against the Machine)
– Refuse/Resist (Sepultura)
– Antisocial (Trust)
– Vive le feu (Bérurier Noir)
– If The Kids Are United

Pour visiter le site de notre photographe, un seul lien :
http://www.yog-photography.com

Photos : © 2013 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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