Lordi au Hellfest 2013

Dimanche 23 juin – 22h05 – Main Stage 2

Lordi en avant dernière position sur la Main Stage 2, pour certains, c’était une blague digne des meilleurs sketchs de Rire & Chansons, pour beaucoup, c’était étrange, mais le combo finlandais tenait là une occasion unique de relancer une carrière qui n’a pas vraiment suivi une pente très rassurante ces dernières années (regardez les trois derniers passages parisiens pour comprendre : Elysée Montmartre, Trabendo, L’Empreinte) malgré un dernier opus assez bien accueilli (pas par moi, mais ça, on s’en cogne un peu).

Alors, pari gagnant ? NON !

C’est simple, ce concert qui n’a vraiment pas fasciné le public (au-delà des cinq premières minutes où chacun observe l’écran pour voir les costumes dans leurs moindres détails), m’a irrité à un point qu’il est difficile d’imaginer. Pourquoi une telle virulence de ma part ? Tout simplement parce que je considère que les premiers opus de Lordi contiennent un nombre très conséquent de hits, que ce groupe, jusqu’à Deadache (et même Babez For Breakfast) était une usine à tubes, avec des morceaux festifs et efficaces. Or, en ce dimanche 23 juin, TOUT semble avoir était fait pour donner raison à ceux qui ne voient dans le vainqueur de l’Eurovision 2006 qu’un sous Kiss gore et ultra kitsch.
 

Lordi, Hellfest, Main Stage, Clisson

Dès le démarrage, il semble flagrant d’où je suis que quelque chose cloche. Aucun groove, aucun entrain, le batteur semble totalement à la ramasse. Mais rapidement, le vrai problème apparaît. En fait, on n’entend quasiment pas la basse (sur certaines intros, on la distingue, mais dès que guitres et claviers envoient la sauce, c’est ciao Ox) ! Et c’est là qu’on se rend compte à quel point cet instrument est indispensable ! Du coup, le combo semble pataud, sans dynamisme (malgré l’énergie folle dépensé par le guitariste). Les compos du dernier opus montrent leurs limites sur scène et n’ont pas le pouvoir fédérateur de leurs devancières.

Pire encore, tous les effets tombent à plat, ou en décalé. J’en prends pour exemple, la fin du très dispensable solo de batterie où une explosion arrive un gros temps trop tard (erreur de programmation ou du batteur, peu importe, ça plombe l’ambiance).
 

Lordi, Hellfest, Main Stage, Clisson, Ox, Bassiste

Afin de m’assurer que le problème de son ne vient pas de mon emplacement, je change régulièrement de lieu, mais le résultat reste effroyablement le même, et il se double d’un amer constat, le public n’accroche pas (hormis les die-hards des premiers rangs).

Entendons-nous bien, ce concert n’est pas nul et il aura fait découvrir Lordi à une grande partie des spectateurs présents. Une découverte pas désagréable apparemment, mais pas fascinante non plus. Le répertoire tient la route, mais pourquoi avoir fait l’impasse sur le monumental Deadache et ses brûlots tels que « Man Skin Boots » ou « Girls Go Chopping » ? A l’exception de « The Riff », les compos du dernier opus n’ont pas la même efficacité en live.
 

Lordi, Hellfest, Main Stage, Guitariste, Clisson

Idem dans les choix visuels. Pourquoi se vautrer dans le grotesque avec la remise d’une écharpe de miss et un diadème à la fin de « I’m The Best » et oublier les décapitations, valse tragique avec sabre dans le bide ou opération gore d’antan (les écrans auraient fort bien relayé cet aspect théâtral) ? Les haches et gerbes d’étincelles ont beau venir ponctuer comme le veut la tradition, « Hard rock Hallelujah » (sur laquelle on sent le public frémir, preuve que cette chanson est bien à part dans la discographie du combo), je n’arrive définitivement pas à adhérer.
 

Lordi, Hellfest, Main Stage, Clisson, Mr Lordi

J’attendais beaucoup de ce set, certainement trop et je n’ai pas du tout profité du show. Vous lirez sûrement ici ou là des avis forts différents, mais il n’y a guère que le final avec « Would You Love A Monsterman » qui sera à la hauteur (renforçant du coup la sensation de gâchis). L’apparition de Jay Jay French (pourtant un événement en soi) restera purement anecdotique sur « It Snows In Hell ».

Sans démériter, Lordi n’a pas convaincu non plus, et cela m’attriste vraiment. Alors, pour voir le vrai visage du groupe (enfin, c’est une expression), précipitez-vous quand le combo investira une salle à proximité de chez vous, car le spectacle en vaut la peine, et derrière les monstres hideux, il y a un vrai rock’n’roll band !

 

Lordi, Hellfest, Clisson, Main Stage

Setlist :

– We’re Not Bad For The Kids (We’re Worse)
– Bringing Back the Balls to Rock
– The Riff
– Who’s Your Daddy?
– Blood Red Sandman
– it Snows in Hell
– Drum Solo
– Supermonstars (The Anthem of the Phantoms)
– I’m the Best
– They Only Come Out at Night
– Devil Is a Loser
– Hard Rock Hallelujah
– Sincerely With Love
– Would You Love a Monsterman?

Pour visiter le site de notre photographe, un seul lien :
http://www.yog-photography.com

Photos : © 2013 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements