Gojira à  L’Elysée Montmartre (15.02.2009)

     Ce soir, les gojira sont attendus. Il faut dire que ça fait un bout de temps qu’on les voit partout… sauf en France ! En tous cas pas en tête d’affiche. Rapide rappel des faits : leur deuxième album, « the link », et le DVD live autoproduit qui a suivi, ont permis au groupe de consolider sa fan base. Mais c’est véritablement le fabuleux (le mot n’est pas trop fort) « from mars to sirius », concept album incandescent sorti en 2005, qui a permis au groupe de prendre son envol. Bénéficiant d’une grosse promo (l’album est distribué par mon slip, filiale française de Warner gérée par les têtes raides), ce monument du métal moderne a eu le destin qu’il méritait (contrairement à des sorties plus confidentielles, comme le non moins fabuleux « irradiant » de SCARVE en son temps). Après une grosse tournée française qui le fait passer au niveau supérieur chez nous, les landais ont en plus gagné peu à peu l’attention des médias étrangers, puis celle des musiciens et passionnés, avant de percer au grand jour après une tournée européenne, une américaine (avec LAMB OF GOD et MACHINE HEAD, la classe), des festivals en veux-tu en voilà (dont le DOWNLOAD en Angleterre), et une première partie de METALLICA à ARRAS (ou encore celle d’IN FLAMES plus récemment). Bref, ça faisait un petit moment qu’on les voyait partout, sauf en têt d’affiche de par chez nous !

     Signe que ce retour est attendu, l’élysée montmartre est blindé (si c’est pas sold out, ça se joue à 10 places max). TREPALIUM ouvre la soirée. Carré, des zicos qui tiennent bien la scène, la musique du combo souffre d’un manque de personnalité flagrant. Le déluge de décibels est bien là, mais malgré quelques fulgurences jazzy, le tout devient rapidement assez monotone. Bah, qu’importe, les zicos sont fort sympathiques et puis ça envoie. Preuve de la motivation du public, la foule qui se sépare en deux en 5 secondes chrono à la demande du chanteur de TREPALIUM, avant que ls plus furieux ne rejoignent le centre pour pogoter. Si TREPALIUM n’a pas laissé un souvenir impérissable ce soir, il mérite d’être découvert, d’autant plus que son dernier album en date, sorti récemment, a bonne presse (paraît qu’ils ont justement acquis un son bien à eux).

 
    Mais bon, ce soir, pas la peine de grands discours, on est carrément là pour la tête d’affiche qui est revenu il y a quelques mois avec la sortie de son nouveau né, « the way of all flesh ». De grande qualité, l’album ne dégage pourtant pas la même puissance sans limite que son illustre prédécesseur. L’album n’est pas un concept, les titres s’enchaînent un peu moins naturellement, il est très long et demande beaucoup d’attention, et un ou deux titres auraient à mon humble avis pu être laissés de côté. Remarquez, il aurait été difficile de ne pas être un tout chti peu déçu après une telle baffe que ce « from mars… ». Reste à voir comment le groupe a évolué en live. Les lumières s’éteignent progressivement, le light-show, très soigné, se met en place, et mario se place tranquile derrière son kit. La batterie est surélevée, un backdrop à l’effigie de la pochette de l’album se trouve en fond de salle et laissera la place par la suite à un écran pour des projections vidéo. Une douce musique se fait entendre, avant que les musiciens ne déboulent en conquérants, à l’image d’un joe (chant guitare) visiblement très motivé et impatient d’en découdre. Et paf, « Oroborus », premier titre de the way of all flesh, qui prend toute sa dimension en live et est tout simplement l’entrée en matière idéale par son côté majestueux. On sent tout de suite que le groupe a gagné en expérience et est plus à l’aise dans son interprétation. Fini le côté « petit écolier qui reproduit l’album au poil de cul près », on a affaire à une machine bien huilée et à une interprétation qui, si elle reste ultra rigoureuse, est vachement plus rock’n roll ! Les zicos sont à bloc et le batteur est carrément déchaîné.

     Mais là où le groupe fait très fort et nous démontre la confiance qui l’habite, c’est en enchaînant direct avec « the heaviest matter of the universe », qu’on aurait pu attendre en rappel. Perdu ! Celles et ceux qui connaissent le morceau en question peuvent imaginer l’impact de ce titre surpuissant sur l’assistance qui a tôt fait de transformer le pit en bordel sans nom que les mots seuls ne peuvent suffire à décrire (parmi les plus impressionnants que j’ai pu voir). Pis tiens, histoire d’enfoncer le clou, un petit « backbone » de derrière les fagots. GOJIRA vainqueur par KO au troisième titre ! Les landais n’oublient pas leur passé en envoyant « love », titre présent sur leur premier album. Pas à dire, ils ont gagné une assurance et un aplomb qui leur faisait encore défaut lors de leur précédent passage dans cette même salle. « from the sky » nous détruit les cervicales, avant de refaire un tour vers le nouvel album avec « a sight to behold », franche réussite qui offre un moment de répit. Vient un autre nouveau titre, « the art of dying » ,morceau épique et progressif de 10 minutes, qui s’avère taillé pour le live.

     Les lights sont vraiment soignés et les projections assez chouettes, en adéquation avec l’imagerie et les thèmes chers au groupe. Mario nous sort un petit solo de batterie, heureusement pas de démonstration à l’horizon, c’est juste un bon moyen d’introduire « clone », extrait du premier album. Les plus vieux amateurs du groupe auront sans doute été un peu déçus que l’album « the link » ait été passé à la trappe, car on revient au petit dernier avec « toxic garbage island », point faible du show et du dernier album à mon avis, basé sur un riff bateau à la meshuggah avec un refrain sorti de nulle part. Mais « flying whales » de « from mars… » a tôt fait de remettre tout le monde d’accord. Morceau-titre du dernier album, « the way of all flesh » termine le show. Les zicos reviennent sans se faire prier pour un excellent « Terra Incognita », instrumental calme et mélodique extrait de leur troisième démo, avant un « vacuity » définitif, toujours extrait du pti dernier.

     1h20 de show, pas plus, mais quand c’est aussi intense que ce qu’on a vécu ce soir, diifficile d’en demander plus. Note que j’aurai bien aimé un « world to come ». Bref, le groupe a prouvé ce soir et le prouvera sans doute sur toute cette tournée, il va falloir compter avec eux. Et ce n’est pas quelques grincheux qui profitent que nos 4 amis oublient occasionnellement de serrer une paire de pognes pour prétendre qu’ils ont chopé le melon (jalousie merdique face à la réussite d’un groupe qui le mérite amplement) qui pourront peser dans la balance. A noter la présence de Greenpeace au stand de merchandising, à qui joe fera une dédicace (son seul vrai discours de la soirée, pas un grand communicant celui-là). Gojira a survécu à l’explosion « from mars to sirius »,  et est une machine de guerre sur scène, encore plus impressionnante qu’auparavant. Bien qu’ils n’aient pas du tout à rougir de leur dernier rejeton (c’est juste difficile de surpasser un chef d’oeuvre absolu), on espère juste qu’ils auront plus de temps pour composer leur prochain album, en espérant qu’ils parviennent à nous pondre un mastodonte aussi imposant que l’était « sirius »…

Et vive les beaux T-shirts !

le site du photographe : instantsconcerts.canalblog.com/
et le myspace de gojira : www.myspace.com/gojira


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