Judas Priest + Megadeth + Testament au Zénith de Paris (21.03.2009)

     Ce soir, impossible de rater l’événement qui a lieu au zénith : une affiche comme on en voit peu puisque réunissant pas moins que TESTAMENT, MEGADETH et JUDAS PRIEST. Ca fait un bail qu’on n’a pas vu les premiers à Paris, les seconds ça fait moins longtemps mais ils avaient un son indigne de leur envergure, quand aux derniers, beeeeenn… L’air de rien, leur dernier passage remonte à 2002, et le dernier avec Halford au chant, leur figure de proue historique, à 1991… Ce qui ne nous rajeunit pas (putain, j’avais 8 ans !). Faut dire que les retrouvailles avec le « metal god » n’ont pas suscité de remous aussi énormes que pour la reformation de Maiden, la faute à des albums en demi teinte qui n’ont pas pleinement convaincu (n’en déplaise aux grincheux, maiden a prouvé avec brave new world tout le bien fondé de sa reformation) et à une musique qui a pris un bon coup dans le nez. Rappelons que Priest a sorti son premier album en 1974, soit en même temps qu’AC/DC. Alors certes, leur influence est énorme (Maiden, Metallica, Slayer, Pantera), mais leurs plus vieux titres peuvent paraître un brin désuets aujourd’hui au sein d’une scène métal qui s’est considérablement étoffée (on a commencé à parler de « Heavy Metal » à peu près à leurs débuts, le terme, inventé par la presse, désignait alors aussi bien Priest qu’Alice Cooper ou Led Zep. Concrètement, eux et black sab étaient les seuls à faire du heavy). Mais quoi, l’occasion est trop belle de se faire une idée.

     Vu qu’il y a du monde à l’affiche, le concert commence pile poil à l’heure et du coup je me pointe après les premiers morceaux. TESTAMENT est déjà sur scène et délivre un set sympathique sans être transcendant. La faute à un Chuck Billy (chant) en voix mais visiblement fatigué et assez statique – ce qui ne pardonne pas sur une grande scène – et à un son trop fort et assez brouillon. Qu’importe, le bonhomme a du coffre, la setlist se laisse écouter fort agréablement, et Alex Skolnick (lead guitare) et les autres mettent du coeur à l’ouvrage. Le combo ne s’est pas déplacé pour rien, puisqu’ils ont leur propre backdrop géant et deux énormes logos flanquent la batterie quelque peu surélevée. Au moins, Priest ne s’est pas foutu de la gueule de ses petits copains (remarquez que le contraire eut été étonnant). Le final, sur « the formation of damnation », extrait du dernier méfait du gang, met tout le monde d’accord et permet à Paul Bostaph, s’il en était besoin, de rappeler à tous qu’il a toujours largement sa place au panthéon des terminator de la batterie. Un bon concert.

 
    Perso, je suis là pour MEGADETH. Leur dernier passage en tête d’affiche à l’élysée montmartre avait été un peu frustrant, la faute à un son tout simplement indigne d’une formation de cette envergure. Et puis l’occasion est trop belle de voir Mustaine dans une salle mieux adaptée à son statut, dans ce zénith que MEGADETH a longtemps rempli sur son seul nom. Et ce soir, ils n’ont pas l’intention de faire semblant. Juste un backdrop noir avec le logo du groupe, et après une chtite intro, enchaînement « sleepwalker/wake up dead ». Un wake up dead qui a bien dû réveiller les morts, gros metal mayhem à l’ancienne avec jeu de lumières à l’avenant ! Ce coup-ci, le son est bon (un peu trop fort quand même), on entend bien le chant et le deuxième gratteux. Pas de temps mort, « take no prisoners » fait l’effet d’une bombe, et « à tout le monde » met le feu. Première courte pause, et lorsque Mustaine revient sur scène, c’est l’ovation. Belle et spontanée. Enchanté, le chanteur en profite et lève les bras, poussant la foule (le zénith est plein comme un oeuf) à faire durer l’instant. Public qui ne se fait pas prier et acclame longuement le groupe, visiblement tout le monde apprécie le spectace et les retrouvailles avec le groupe en forme !

     Cet excellent accueil d’une salle bondée surmotive les troupes, James Lorenzo et Matthew Broderick se font une grande claque dans la main en se croisant, et ça repart de plus belle sur un « skin o’ my teeth » dévastateur. L’occasion de constater que si MEGADETH a arrêté de compter les changements de line-up depuis bien longtemps, celui-ci est solide : Lorenzo est un bon bassiste et un gars excellent à observer sur scène, avec une grande banane, heureux comme un gosse et qui s’éclate avec le public. Matt Broderick est un très bon gratteux, qui parvient à tirer son épingle du jeu en rajoutant des harmonies bienvenues ou change légèrement quelques rythmiques (un très bon « she wolf »). Son style plus moderne d’inspiration métal symphonique (adapté à la sauce megadeth of course) ne fera pas oublier Marty Friedman, mais les Marty Friedman ne poussent pas sur les arbres. Les titres s’enchaînent sans temps mort, du tout bon, et l’enchaînement fatal « symphony of destruction-sweating bullets-hangar 18-peace sells-holy wars » vaut un véritable triomphe au groupe qui ne l’a pas volé. MEGADETH vainqueur par KO, une grosse heure de set qui a logiquement tourné au best of. Entre gros métal  et tubes rock métallisés aux refrains imparables. On en aurait bien repris une tranche ou deux.

 
    21 heures passées, il est temps de voir la tête d’affiche. Après la claque que vient de nous envoyer Mustaine, la tâche n’a rien d’évidente. Mais bon, on parle de PRIEST quand même . Les techniciens s’affairent, avant qu’une longue intro démarre, somptueuse, avec un gros jeu de lumières, et la pression monte. JUDAS dispose d’un vrai décor de scène et a mis les moyens niveau lights. Ils démarrent logiquement sur « prophecy », le premier titre de Nostradamus, leur dernier album. Et là, le son est… à chier. Pourtant, on est assis juste au dessus de la régie, bien en face. Mais le volume est déraisonnablement fort, les guitares crachent et sont très brouillonnes, et la voix d’Halford est tout bonnement noyée dans ce maëlstrom sonore. Keuf, ça la fout mal ! Ca va doucement s’arranger, tout en restant trop fort et brouillon. En tant que néophyte, la setlist me laisse de marbre car le show est très mid-tempo, les connaissenurs apprécieront, et le son n’aide pas à reconnaître les morceaux. Autre problème, le jeu de scène complètement statique de Halford. Autant la paire Downing/Tipton est toujours bien présente, autant Ian Hill assure tranquille, autant Scott Travis assure le spectacle en s’éclatant avec ses baguettes (un putain de batteur l’air de rien ce scott), autant ce soir, Halford a l’air au bout du rouleau .

    
Physiquement, il ne bouge que très peu, la plupart du temps arc-bouté sur son micro la tête tournée vers le sol. Qu’il illustre les morceaux de Nostradamus en jouant le prophète très bien, mais le reste du temps sa prestation statique n’est pas des plus enthousiasmantes. Vocalement, il est très largement aidé par divers effets, des overdubs, des delays, des échos cache misère qui ne cachent pas grand chose. Sans compter que les cris suraigus sont désormais braillards et s’approchent plus d’un Dani Filth que de ce qu’on est en droit d’attendre de cette légende du heavy. Qu’il n’ait plus 20 ans et ne puisse plus gambader, passe encore, mais du coup, la mayonnaise ne prend pas vraiment et on voit le reste en noir : du heavy de papy. « Breaking the law » va remetttre de l’ambiance. Sinon le show est pas mal, l’espace sous la batterie sert aux entrées de rob, notamment sur un trône. Même l’excellente fin de show (the hellion/electric eye-rock hard, ride free-sinner-painkiller, quand même merde) ne parvient que partiellement à rattraper le coup, d’autant que rob massacre littéralement « painkiller », pourtant exécuté avec brio par ses partanires, comme le reste du set d’ailleurs, mais il est dégueulasse de voir un groupe dans de telles conditions sonores. Le son est toujours bouillaque, de sorte qu’on ne profite pas vraiment des solis de guitare de la paire Downing/Tipton, vous conviendrez que c’est chiant.

     Au début des rappels, Rob fait chanter le public, mais là aussi on le sent un peu à court d’imagination,  faisant répéter toujours les mêmes lignes mélodiques. Le public apprécie pourtant, très réceptif et participant volontiers, on sent un immense respect pour un groupe proche de son public. Les rappels sont excellents, « hell bent for leather » et surtout l’énorme « the great manalishi », dont l’impact est encore une fois amoindri par ce put+++ de son foireux. Un petit « you’ve got another thing coming qui fait un bien fou, et le show s’achève. Le groupe salue, le public commence à partir avant de revenir en courant quand le groupe envoie, à la quasi-surprise générale, un « living after midnight » salvateur qui fait chanter tout le monde. Allez champagne, PRIEST est bien une légende ! Mais au vu de l’état de forme de son chanteur, reste à savoir pour combien de temps. Le public a réservé un très bon accueil au groupe, plein de respect et d’amour, mais moins passionné que celui qu’avait reçu MEGADETH. Au final, ces retrouvailles auront eu d’étranges allures… d’adieu. The priest is back ? Aaaah, si seulement ripper owens n’était pas une endive sur scène…


 


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