Motocultor 2013 : jour 3 (18.08.2013)


Motocultor 2013 – Dimanche 18 Août
 

Les festivaliers se préparent désormais à assister à la dernière journée du Motocultor 2013. Loin d’être bougons ou fatigués, les metalleux sont prêts à donner tout ce qu’il leur reste pour la boucherie qui les attend ce dimanche, qui promet des moments mémorables…

Regarde les hommes tomber – Dave Mustage – 12h00

Alors que la veille, l’ouverture du festival était longue à se mettre en place et les spectateurs venaient au compte goutte, obligeant Collaps Machines à jouer quasiment devant autant de photographes que de festivaliers, ce dimanche commence fort.

En effet, la foule s’est déjà bien amassée devant Regarde les hommes tomber. Il faut dire que le groupe avait fait un peu de pub en collant des affiches un peu partout près du camping.
Remarquez, lorsqu’on vient de sortir son premier album quelques mois avant de jouer au Hellfest puis au Motocultor, le meilleur moyen de se faire connaître, c’est d’en parler.

Regarde les hommes tomber

Je vous encourage d’ailleurs à le faire, parce que c’était une bonne surprise.

Je préfère vous l’avouer tout de suite, quand je regarde un concert en festival avant 16h, j’ai beaucoup de mal à m’y intéresser réellement. Cela doit être mon organisme qui a besoin de beaucoup de temps pour sortir du mode veille dans lequel il se plonge la nuit en festival.

Bien qu’ayant écouté attentivement leur récent album et ayant plutôt apprécié, j’étais quelque peu sceptique de voir sa transposition sur scène.

Regarde les hommes tomber

Effectivement, le début du concert m’a quelque peu assommé et je me disais que décidément, c’est le genre de musique a écouter dans une cave sombre en soirée et pas en plein soleil à midi.

Je voyais bien que les musiciens faisaient de leur mieux pour livrer un show vivant, mais outre une certaine sympathie musicale, je sentais que ça allait être long.

Et c’est là, après le premier quart d’heure, qu’il s’est produit un phénomène qui ne me trompe pas : ma tête a commencé à bouger toute seule (malgré les douleurs laissés par Vader deux jours plus tôt !) Pire encore, je me sentais entrer dans une transe mystique.

Regarde les hommes tomber

Non, je n’ai pas abusé de substances illicites. La musique de Regarde les hommes tomber est tout simplement planante. Puissante et hypnotisante.

Dès lors, le concert allait crescendo. De plus, le public affluait toujours en plus grand nombre.
Une très bonne surprise donc, et je suis certain qu’on va encore entendre parler de ce groupe !

Thomas Orlanth

Bukowski – Supositor Stage – 12h45

Comme le dit si bien Julien (Dottel) juste avant d’entamer le set par « Pillbox », visiblement encore dans les vapeurs d’alcool de la veille, voir du matin très tôt : « en voiture Simone ! ». La nuit a dû être difficile car il poursuit « …pour ceux qui ont mal à la gueule comme moi, on va enchaîner avec une inédite que vous ne trouverez jamais !  : « My Name Is Kozanowski »

Julien Bukowski

Visiblement encore à 3 grammes en pilotage automatique, il headbangue comme un possédé ; son enthousiasme est contagieux et l’on sourit à chacune de ses interventions, le cubi de rosé à porté de main puisqu’il le place sur un ampli en montant sur scène : Rock ‘n Roll ! L’attitude est là mais pas la casquette puisqu’elle tombera rapidement sauf pour son frère Mathieu plus statique et concentré autour de son micro. Ce qui est marrant avec Bukowski, c’est de voir comment les deux frères sont en osmoses lorsqu’ils interviennent entre deux titres, échangeant des blagues et discutant avec le public, et ce, d’une façon si naturelle.

Ensuite Julien nous admire en disant « Ils sont beaux, ils se réveillent comme nous » avant de balancer « Hazardous Creatures » suivi d’un « Brothers Forever » poussiéreux qui fait tourner les festivaliers devant la scène.

Ensuite il lâche un « on transpire les toxines les gars », « c’est pour ma gueule » avec « Keep Your Head On » car les effets de l’Alka-Seltzer se font encore attendre.

Bukowski Fred

En arrivant sur le site j’avais aussi vu les camionnettes de la gendarmerie, bien placée près du rond-point et cela n’avait pas manqué au bassiste qui nous dit « ce titre est une spéciale dédicace à la gendarmerie qui s’est postée autour du Festival » avant de balancer « Car Crasher » bien provoquant.

Bref vous l’aurez compris, la musique, l’ambiance crée par le quatuor (ex-trio) nous aura permis de nous mettre rapidement dans l’ambiance du Motocultor ce dimanche.

Bukowski Mathieu

Setlist :

Pillbox
My Name Is Kozanowski
Hardtimes
The Midnight Son
Hazardous Creatures
Brothers Forever
Keep Your Head On
Mysanthropia
Car Crasher

Lionel / Born 666

Ataraxie – Dave Mustage – 13h30

Après Bukowski, le festival replonge dans la lourdeur et la lenteur.

L’ultra-lenteur même.

Depuis Cathedral et son « Forest of Equilibrium », je n’ai plus eu l’occasion de voir des morceaux si lents, véritables épitomés du doom metal.

Le nom du groupe a été très bien choisi, en effet l’ataraxie est l’absence de troubles, la tranquillité de l’âme, et pour être tranquille, c’est tranquille !

Ataraxie

Le public était plutôt disparate, il faut dire que digestion + doom = sieste. Et pour ceux qui viennent de d’arriver sur le site, c’est à peine l’heure de l’apéro, donc ce vide relatif est tout à fait excusable.

D’ailleurs, j’ai pu voir un festivalier s’allonger tranquillement en plein milieu, vers le trois ou quatrième rang et goûter sereinement à la joie de la musique.

Attention, je ne critique pas Ataraxie. Au contraire, j’ai trouvé le son énorme et j’ai même pu faire un pogo au ralenti, où j’ai réussi à me blesser au coude sur les pointes d’un voisin punk. Amusant d’ailleurs de constater que, moi qui ne me blesse jamais, même en plein milieu de la fosse devant du brutal death ou du black metal sanglant, je suis parvenu à saigner sur du doom. Moralité: méfie toi de l’eau qui dort !

Ataraxie

Effectivement, dès lors qu’on aime la majestueuse lenteur du death/doom, les normands d’Ataraxie nous servent un menu parfaitement équilibré, avec régulièrement des accélérations, au moins pendant l’intro, comme sur l’excellent « Face the Loss of your Sanity » par exemple.

Les hurlements déchirants alternant avec les growls d’outre-tombe de Jonathan Thery collent parfaitement à l’ambiance générale.

En conclusion, une bonne prestation si on aime cette approche musicale. Dans le cas contraire, il est vrai que c’était l’heure de la sieste.

Le groupe va sortir d’ici quelques jours un nouvel album « l’Être et la Nausée », et j’en connais qui vont écouter ça de plus près.

Ataraxie

Setlist:

L’Ataraxie
Walking through the Land of Falsity
Face the Loss of your Sanity
Slow Transcending Agony

Thomas Orlanth

Ufomammut – Supositor Stage – 15h55

Longue intro, les doigts d’Urlo se promènent jusqu’en bas des cordes de sa basse, lancinant, puissant, dégoulinant de feeling…

Ils savent qu’ils ont 10 minutes à cause de l’annulation de la prestation d’Eyehategod puisque ces derniers ont confondus Saint-Nolff et Clermont-Ferrand…

Ufomammut

Les italiens vont donc savourer chaque minute supplémentaire qu’ils leur sont alloués.
Micro vintage (comme celui de Bourdin sur RMC : bonjour les références !…), le son de la Rickenbacker transperce chaque cellule de nos corps pétrifiés par le Soleil devant la scène.
Avant de lancer un titre il est intéressant d’observer les musiciens, comment ils se regardent entre
eux avant d’envoyer le gros riff sludge bien gras à souhait.

La batterie de Vita au logo du groupe renvoi par ses battements la poussière du devant de la scène qui vole tel une météorite tournant à l’infini autour de la Terre. On n’a jamais été aussi bien sur Terre que dans l’espace d’Ufomammut

Ufomammut

Progression lente, mais qui ne doit rien au hasard, le son de la voix murmurée d’Urlo interpelle tous nos sens. Il faut écouter les sons qu’il sort avec sa basse…gras, huileux ; la consistance en est épaisse faisant grincer son médiator sur les aspérités des grosses cordes de son instrument.
L’échange des plus chaleureux entre le public et des coups de batterie montre que les italiens
auront gagné en notoriété chez nous. Forza Ufomammut !!!

Lionel / Born 666

Lutece – Supositor Stage – 17h35

Après une longue période de doom, sludge et stoner depuis le début de ce dimanche cela fait du bien de se réveiller au son des parisiens de Lutece à grand coup de rangers avec l’enchaînement de « The Path of Glory » suivi de « A Moonless Night ».

Guitares 8 cordes et basse 6 cordes permettent de ressentir chaque finesse du Black Metal de très grande qualité proposé par Lutece.

Lutece

Hesgaroth en véritable meneur, échange beaucoup avec le public totalement en osmose avec la musique. Le groupe est tellement à l’aise sur scène qu’on se prête à penser qu’ils ont déjà 20 ans de carrière alors que leur premier album n’est sorti qu’en 2007.

Leur musique est complexe, entrecoupée de breaks envoutants. Le public accroche d’emblée.
« Where are you Mars… » du sublime …Our Ashes Blown Away (2013) nous anéantit, tout simplement. Du black metal de très grande qualité avec de légère intonation païenne et une voix puissante sortie des entrailles d’un chanteur charismatique ne laisse personne de marbre. Hesgaroth reste parfois accroché à son pied de micro sur lequel sont empilés des cranes
surement ressorti des catacombes de Paris…

Lutece

Comme le dit le chanteur « il y a une putain de tradition à Paris, on veut un wall of death qui s’ouvre jusqu’à la console » suivi d’une mélodie pagan à rendre malade un romain, suivi d’un impacte entre les deux groupes qui se rejoignent telle une bataille pendant l’assaut d’Alesia. Le
morceau portant le nom de ce dernier sera bien sûr joué.

On a même le droit à des inédites que l’on retrouvera sur leur prochain album avec « Living my Funeral » et « Melted Flesh »…

Si vous n’avez pas encore vu Lutece cette année, je me demande bien ce que vous faites chez vous. Renseignez-vous et précipitez-vous au concert pour tomber sous le charme d’un black metal des plus passionnant et intelligent que j’ai eu l’occasion d’écouter cette année. A n’en pas douter ma révélation, ou plutôt «mon gros coup de cœur du festival cette année.

Lutece 3

Lionel / Born 666

Mustasch – Dave Mustage – 18h20

Je ne sais pas pourquoi mais j’avais relativement accroché au Hellfest. Alors mes chers collègues me disent dans un relatif soulagement « mais vas-y mon gars ! ». Ce que je fais par un élan de solidarité et ce n’est pas notre cher redac’ chef qui nous dira que « les Suédois de Mustasch sont barbants ». Non, au contraire leur hard rock teinté de mélodies simplistes emballe le Motocultor. Une photographe chanceuse aura même le privilège d’être hissé sur les planches grâce à la force du poignet de Ralf Gyllenhammar afin qu’elle immortalise ce moment avec le soleil en contre jour…

Mustasch

C’est sympa, pas prise de tête, bien joué et tout et tout…
Au fait la tête du gars sur la batterie, ne serait-ce pas Patrick McGoohan, le fameux Numéro 6 de The Prisoner ?… « I am not a Number; I am a Free Man… » Bon j’étais trop loin de la scène en train d’admirer la couleur du soleil en train de réfléchir (pas moi) sur la scène…

Lionel / Born 666

Decrepit Birth – Supositor Stage – 19h15

Retour à l’extrême avec le death bien burné de Decrepit Birth, groupe américain bien décidé à faire mosher les festivaliers présents en cette fin d’après-midi. Ces derniers ne se font pas prier et pogottent avec joie dès que le groupe entame « The Infestation ».

Decrepit Birth

L’ambiance est au beau fixe sous le soleil de Saint-Nolff, avec un public qui headbangue et moshe au rythme des riffs bien sentis du groupe américain, qui n’oublie pas d’agrémenter ses compos brutales avec des solos mélodiques efficaces et accrocheurs. De quoi réjouir les amateurs de death destructeurs et les amis de la mélodie.

Ces derniers sont d’ailleurs servis avec le final dantesque qu’offre le groupe, à savoir une reprise du magnifique classique de Death, « Crystal Mountain », point culminant du concert, naturellement dédiée au défunt Chuck Schuldiner. Le reste du set est le même qui est joué depuis le début de la tournée, un peu raccourci car le nouveau batteur du groupe, Gabe Seeber, n’a pas eu le temps d’apprendre assez de chansons depuis son entrée dans le groupe le 20 juin dernier.

Decrepit Birth

Ce raccourcissement de set n’empêche pas aux musiciens de se donner à fond sur scène, avec des grands headbangueurs derrière leurs guitares. Bien en voix, le frontman Bill Robinson est plus guttural que jamais. Entre les chansons, il apostrophe le public avec des remarques quelque peu mystiques et ose même demander de l’herbe à qui veut bien les aider. La suite de l’histoire ne dit pas s’il a trouvé une âme charitable…

Setlist :

Of Genocide
The Infestation
A Gathering of Imaginations
The Resonance
Diminishing Between Worlds
Symbiosis
Crystal Mountain [reprise de Death]

Vyuuse

Moonspell Dave Mustage – 20h10

Voir Moonspell en journée, ça ne m’était jamais arrivé. Pourtant, cela fait un paquet de fois que j’assiste à un de leurs shows depuis ces six ou sept dernières années. Remercions la programmation du Motocultor, qui termine le festival avec une affiche alléchante : Moonspell, Dying Fetus, Exodus, Orange Goblin et Therion. Non seulement, il y en a pour tous les goûts, mais en plus cela explique l’heure de passage avancée des gothiques métalleux portugais.

Moonspell

Enfin, gothique, c’est un grand (gros?) mot.  Certes, la voix caverneuse de Fernando Ribeiro fait un peu penser à un Adrew Eldritch de Sisters of Mercy pour ne citer que cet exemple explicite; certes, certains morceaux sont fortement influencés par ce style pendant l’époque débutant à l’album Sin/Pecado.

Du coup, la musique de Moonspell rebute certains fans de la première époque Wolfheart (dont j’avoue faire partie), mais il faut reconnaître que le groupe joue systématiquement sur scène le trio « Vampiria »/ »Alma Matar »/ »Fullmoon Madness ». Et dès lors, le plaisir reste présent à chaque show.
Certes, la prestation livrée récemment le dernier soir du Hellfest, sous la tente noire, avec une véritable pleine lune au loin et une setlist fortement old school, restera dans ma mémoire comme leur meilleur concert de leur ère moderne. C’est donc avec ce souvenir persistant que j’écris cette chronique.

Moonspell

L’arrivée sur scène de Fernando avec un casque d’inspiration romaine débute le concert.
Après moins d’une dizaine de minutes, il finit par retirer son couvre-chef et peut donc enfin headbanguer joyeusement désormais. Ce dont il ne se prive pas et fait quelques belles grimaces, tire la langue et s’agite dans tous les sens. Certes, cela n’a rien avoir avec les chanteurs sautillants de certains groupes pratiquant un metal un peu plus violent, mais saluons l’effort !

Les morceaux s’enchaînent, le public semble apprécier cette prestation propre bien que convenue. Je profite du milieu de show pour sortir de la foule pour me restaurer un peu, avaler quelques bonnes frites (même pas trop grasses !) et un bon sandwich à la viande. Oui, je sais, c’est hérétique de manger tranquillement pendant un concert que l’on regarde, mais, tout bien réfléchi, mieux vaut se restaurer maintenant que tout à l’heure, pendant le show de Dying Fetus ou Exodus, non ?

Moonspell

Je dois aussi vous expliquer que le terrain se prête bien pour assister à un concert en mode tranquille pépère : il y a une pente douce vers la scène, ce qui fait qu’on peut s’assoir assez loin et tout de même bien voir ce qui se passe. J’ajoute aussi que quand je disais « prestation propre et convenue », cela signifie dans un langage moins soutenu « un peu chiant ». Que voulez-vous, l’ambiance très dâaarkk et néanmoins colorée de rouge de Moonspell rend tout de même mieux en pleine nuit qu’à l’heure de l’apéro !

Alors que le soleil commence à disparaître tout doucement du ciel, le morceau obligatoire de clôture, « Fullmoon Madness », résonne sur St-Nolff et agite une dernière fois le public. Comme bien d’autres, je m’égosille (rassurez-vous, cela fait plusieurs chansons que j’ai terminé mes frites, m’évitant ainsi le risque d’asphyxie) et perd le peu de voix qu’il me reste en hurlant le caverneux « fullllmooooonnnnn maaadnesss » à tue-tête.

Moonspell

Voilà, c’est fini. Comme à chaque fois, je me retrouve avec cette impression persistante que Moonspell, c’est quand même très bien et que c’est une des meilleures chansons du monde que je viens d’écouter.

Je me dirige d’un pas décidé vers la scène voisine pour voir Dying Fetus qui feront sous peu le concert le plus slammant du festival.

C’est quand même chouette qu’il y ait plein de styles de metal et qu’on peut tout voir au même endroit.

Moonspell

Thomas Orlanth


Dying Fetus – Supositor Stage – 21h05

Après le metal gothique et policé de Moonspell, place aux brutes épaisses de Dying Fetus qui, à trois musiciens, vont retourner le festival. Le groupe de John Gallagher, qui affirme ne pas parler « de dragons et de conneries comme ça » car ils gardent « les pieds sur terre » va en effet donner une leçon de brutal death au Motocultor, sans artifice et en toute sincérité.

Dying Fetus

Les deux hurleurs John Gallagher et Sean Beasley se renvoient la balle vocalement, l’un profond, l’autre plus éraillé, tout en servant leurs compos dévastatrices, riches en rythmiques apocalyptiques, en riffs destructeurs et en changements de tempos bien placés. S’ils restent statiques, leur maîtrise instrumentale est totale et chacun est bien carré.

Dying Fetus Sean

En revanche, dans le public, on assiste à un des moshpits les plus brutaux du festival, avec un circle pit qui commence dès le début du concert et qui ne désemplira pas à mesure que le show avance, sauf pour laisser place à un wall of death pendant que le groupe interprète « Homicidal Retribution ». Ambiance Motocultor oblige, le pit est aussi agressif que foldingue. On assiste donc à des lancers de papier toilette, des slams de poupée gonglable et aussi à un mosher qui se brosse les dents au milieu du pit. Tout va pour le mieux dans le monde des metalleux.

Dernier groupe de death metal à jouer à l’édition 2013 du Motocultor, Dying Fetus a su enfoncer le clou et séduire le public avec sa musique seulement, dans un show épuré, mais carré.

Dying Fetus

Vyuuse

ExodusDave Mustage – 22h

Place maintenant aux thrashers de la Bay Area d’Exodus, qui viennent donner au Motocultor le dernier concert de leur tournée estivale. Toujours en l’absence de Gary Holt, intérimaire chez Slayer, le groupe a cette fois-ci engagé Kragen Lum, guitariste de Heathen, qui fait ainsi la paire avec Lee Altus, aussi présent dans les deux groupes.

Exodus Rob Dukes

Le guitariste remplaçant, surnommé « la machine » par le frontman Rob Dukes, se montre très propre dans son exécution des solos et sera bien plus audible que son acolyte guitariste. En dehors de cela, malgré quelques soucis et imprécisions sonore en début de concert, le groupe montre qu’il est carré et dedans, avec un Tom Hunting toujours aussi à l’aise à la batterie.

Egal à lui-même, le frontman Rob Dukes fait toujours figure de pile électrique enragée et ne manque pas de parcourir la scène de long en large pour haranguer les fans bien déjà excités. On a ainsi droit à l’habituel wall of death final pendant « Strike Of The Beast » et la demande du circle pit géant pendant « The Toxic Waltz ». Très communicatif, le chanteur n’oublie pas ses compagnons d’armes tombés et dédie le classique « Bonded By Blood » à Jeff Hanneman et à Paul Baloff.

Exodus

Le public est à la hauteur de ce qu’on peut attendre des fans d’Exodus : surexcité. Pas de quartier, le moshpit est intense et sans merci, les pogoteurs savent que c’est le dernier de la soirée et s’en donne à cœur joie pour en faire le maximum. Les slammeurs ne sont pas en reste et innovent même, en slammant avec un matelas ou complètement nus… Être vigile en concert est un métier qui comporte des risques !

En bon point final de cette tournée, Exodus met l’accent sur les titres récents en début de concert, avec notamment « The Ballad of Leonard and Charles » et « Blacklist », pour finir sur une orgie de classiques issus des albums Bonded By Blood et Fabulous Disaster. Il y en a pour tous les goûts et les fans n’hésitent pas à montrer leur satisfaction, comme le reste du groupe, qui aura thrashé outre mesure en ce dimanche 18 août.

Exodus Tom Hunting

Setlist :

The Ballad of Leonard and Charles
Piranha
Children of a Worthless God
Blacklist
A Lesson in Violence
Bonded by Blood
The Toxic Waltz
Strike of the Beast

Vyuuse

Orange Goblin – Supositor Stage – 23h00
 

« France, You Fucking Rule ! » dixit Ben Ward

C’est tout l’enthousiasme procurée par la dernière date de la tournée européenne marathon des anglais ; ça slame dans tous les sens, les festivaliers ont encore des ressources pour tout donné sur le dernier concert de la Supositor Stage. Circle pit puissant, alors que la nuit devient fraîche. Orange Goblin donne tout et ce ne sont pas des musiciens fatigués de plusieurs mois de concerts qui vont baisser les bras. Non, au contraire, ils ont la pêche et font dans le sauvage.

Orange Goblin

Ben Ward en impose sur scène, souriant, le mastodonte aime discuter, faire d’un concert en festival quelque chose d’intime. Son charisme est contagieux et les slameurs s’en donnent à cœur joie. Le stoner très rock/buesy des anglais possède un gros son qui transperce la nuit bretonne. Ben prend le pied de micro et le tend vers le public pour le faire chanter. Le courant passe, l’ambiance est celle d’un club tellement le contact entre les anglais et les festivaliers est des plus naturel et sincère.

Le son gras, dégoulinant de feeling, regorgeant de puissance comme sur « Coup de Grâce », « The Fog » ou « Cities of Frost » (dédié à Lemmy) nous porte à bout de bras afin de clôturer les concerts du Supositor Stage

Lionel / Born 666

TherionDave Mustage – 00h00

Le Motocultor 2013 est maintenant prêt à s’achever sur une note symphonique, avec la venue du groupe suédois Therion, installé depuis 25 ans. L’évènement est d’autant plus important que le groupe a prévu de se faire rare en concert le temps d’achever son opéra metal. Si le groupe a prévu d’en présenter quelques extraits dans sa prochaine date française, qui aura lieu en décembre prochain au Trabendo, il n’en est pas question ce soir-là.

Therion Joana

En effet, set réduit oblige, Therion se concentre sur ses classiques et offre ainsi une setlist best-of. Le concert commence donc avec deux tubes incontestables : « Rise Of Sodom And Gomorrah », sur laquelle Joana Najla vient faire quelques déhanchés orientaux, et l’accrocheur Son Of The Sun. Au rang des classiques, on retrouve évidemment Abraxas et « Ginnungagap », indispensables en concert, mais le groupe place aussi quelques morceaux moins évidents, comme la partie 3 de « Kali Yuga », présente sur Sitra Ahra, ou le plus rare mais bien senti « Call Of Dagon ». Le groupe n’oublie pas non plus ses délicieuses reprises françaises et gratifie le public de la désormais célèbre reprise de France Gall : « Poupée de cire, poupée de son ».

Therion Chrostopher Johnsson

Si cette reprise est reçue poliment, le public est bien dedans, malgré un petit temps pour se réveiller, de même qu’il faudra un petit au son pour être  bien réglé. Mais les applaudissements sont nombreux, on notera d’ailleurs un miraculé (?) qui fait claquer ses béquilles dans  les airs (!). Le guitariste Christian Vidal fait aussi office de star et recevra plusieurs soutien-gorges de la part de ses admiratrices. Parallèlement, la chanteuse Linéa Vikström reçoit un caleçon. Classe. Si les circle pits ne se prètent pas vraiment à la musique de Therion, le public a trouvé la parade pendant « Call Of Dagon » : la chenille ! La chanteuse Lori Lewis fait d’ailleurs remarquer que c’est la toute première dans l’histoire de Therion. Les miracles sont décidément nombreux ce soir.

Therion Lori Lewis

Sur scène, le groupe reste, comme à son habitude, carré et concentré, malgré les pitreries attendrissantes du public. Ainsi, Christian Vidal, bien intégré au groupe, est toujours à l’aise dans ses solos, parfois harmonisés par le maestro Christopher Johnsson, toujours aussi bon en rythmique. Côté voix, le groupe évolue toujours avec trois chanteurs : le père Thomas Vikström, toujours aussi versatile et en voix (le scream pendant « Abraxas » le montre bien), la fille Linéa au chant clair qui adapte bien les chansons à sa sauce et la resplendissante Lori qui se montre toujours talentueuse dans son interprétation.

En plus d’être carrés et talentueux, les musiciens affichent une complicité sympathique pendant le show, avec des petites blagues entre eux et un jeu de scène simple et juste. Côté communication, les chanteurs se renvoient la balle pour remercier et chauffer l’audience. Comme à son habitude, Christopher prend le micro à la fin du show et conseille, amusé, aux français décadent de ne pas attraper la syphilis après le concert… La poésie est décidément à tous les étages ce soir.

Therion Christian Vidal

Si le choix d’un groupe de metal symphonique peut paraître étonnant pour conclure un festival à la forte identité extrême, l’essai est réussi et le public est conquis, comme le groupe, visiblement heureux d’être présent.

Setlist :

The Rise of Sodom and Gomorrah
Son of the Sun
Kali Yuga, Part 3: Autumn of the Aeons
Vanaheim
Lemuria
Abraxas
Ginnungagap
Poupée de Cire, Poupée de Son [reprise de France Gall]
Wine of Aluqah
Call of Dagon
Cults of the Shadow

Rappel :

To Mega Therion

Il est désormais temps pour les festivaliers de regagner leur camping avant le départ du site, avec le souvenir d’une édition réussie et l’espoir d’avoir de belles surprises en 2014.

Vyuuse
 

Photos :

© 2013 Thomas Orlanth  – site internet: www.thomasorlanth.com
© 2013 Nidhal Marzouk  / Yog Photography site internet : http://www.yog-photography.com/
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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