Korn – The Paradigm Shift

Après avoir été au creux de la vague pendant quelques années, Korn se remettait sur de bons rails avec un Korn III : Remember Who You Are, consacrant un retour aux sources assumé par le groupe, et souhaité par une partie des fans depuis des années. Puis enfin, le groupe a recommencé à surprendre son auditoire, à prendre des risques avec l’aplomb et l’originalité qui sont à l’origine du succès international de Korn : faire un album de métal-dubstep avec les plus grands noms du genre.

Trahison mercantile pour certains, beau coup de poker pour d’autres, le moins qu’on puisse dire est que The Path of Totality aura énormément fait parler de lui, et permis à Korn de revenir sur le devant de la scène, devant un public plus large que la seule sphère métal. Le retour de Head cette année est perçu par beaucoup comme la consécration du retour en force du combo de Bakersfield, à grands coups de concerts dantesques autour du globe. Korn sera donc de retour dans les bacs le 8 octobre avec The Paradigm Shift, sur lequel Head a pu composer, comme au bon vieux temps.

 

Korn, The Paradigm Shift, chronique, 2013,

A l’écoute de cet album, on constate qu’effectivement, Korn a changé de paradigme par rapport à The Path of Totality, ce qui devrait rassurer certains. Mais, on a beau insister, enchaîner les écoutes, on n’arrive pas à être totalement convaincu. L’album pourrait en fait être coupé en deux. Une partie des titres ressemble fortement au Korn traditionnel que le groupe délivre depuis presque vingt ans, mais avec une spontanéité, une fraîcheur qui n’est plus là. Non pas que des titres comme « Prey for Me » ou « Victimized » soient mauvais, mais la mayonnaise ne prend pas vraiment. Est-ce parce Fieldy a perdu sa sonorité claquante qui donnait ce cachet si particulier à Korn ? Est-ce parce que décidément, Ray Luzier est bien loin d’avoir le toucher et le groove de David Silveria ? Ou peut être est-ce simplement le manque de punch (d’inspiration ?) de certaines chansons comme le single « Never Never » ou « Punishment Time ».

 

L’autre partie de l’album est vraisemblablement plus expérimentale, dans laquelle on entend le groupe prendre plus de risques, effort louable ! D’autant plus que le résultat est très convaincant sur « Paranoid and Aroused » ou « Spike in My Veins », qui font parties des quelques pépites de ce cru 2013. On note par ailleurs que le rôle de Zac Baird, claviériste live du groupe, a de fortes de chances de devenir de plus en plus important, si on prend en compte le nombre d’effets sonores et autres nappes synthétiques qu’on peut entendre sur The Paradigm Shift.

Korn, The Paradigm Shift, chronique, 2013,

 

En conclusion, ce changement de paradigme n’est hélas pas le grand album que tout fan de Korn pouvait légitimement attendre du retour de Head dans le groupe.  Korn, sur cet album, a le cul entre deux chaises, hésitant entre miser à fond sur la carte de l’expérimentation, ou jouer la sécurité avec des compos qui peuvent rappeler le Korn d’antan.  The Paradigm Shift n’est pas un mauvais album, mais il fait en un sens pâle figure face au choix osé et réussi que le groupe avait opéré avec The Path of Totality. Toujours est-il que le groupe est en très grande forme sur scène, et qu’on vous conseille de ne pas louper la tournée européenne du groupe l’année prochaine !

ma note : 6,5/10

Chronique par Tfaaon
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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