Deftones au Zénith de Paris (06.09.2013)

Ils étaient nombreux, les frustrés, lorsqu’en Février dernier, le Trianon avait annoncé que les deux concerts de Deftones étaient complets. Toujours là pour gâter son public français, le combo de Sacramento a donc rempilé pour un Zénith le 6 septembre 2013. Accompagné d’excellents groupes, Deftones y a donné un concert puissant et maîtrisé.

Lonely The Brave

Le Zénith est loin d’être rempli lorsque Lonely The Brave commence son set. Ce "détail" n’a pas l’air de les déranger, puisqu’on peut voir les musiciens se donner à fond dès la première chanson. Jouant un rock alternatif burné, Lonely The Brave a la chance d’avoir un bon son, ce qui est bien rare pour un groupe d’ouverture au Zénith !

Lonely The Brave, Deftones, live report, 2013, Zénith de Paris,

On peut donc pleinement apprécier la musique jouée, qui, sans inventer l’eau chaude, est loin d’être désagréable à l’écoute. La touche vraiment unique du groupe réside dans la voix du chanteur. En effet, non seulement David Jakes chante bien et juste, mais a en plus un timbre de voix singulier, qui sied parfaitement aux compos de Lonely The Brave.

 

Lonely The Brave, live report, Paris, Zénith,

Très concentré, le groupe communique très peu avec le public. D’ailleurs, David Jakes ne chante pas directement face au public, mais sur le côté, ce qui est assez étrange à regarder en étant tant habitué à voir le chanteur en face et au milieu. Mais finalement, ce placement rend le groupe assez agréable à regarde.

Lonely The Brave, 2013, live report, Zénith de Paris,

Lonely The Brave bénéficie également de très belles lumières, sobres mais efficaces, ce qui ne fait que maintenir cette bonne impression sur le groupe. Le groupe aura donc donné un concert plaisant et très professionnel pour une première partie. Assez éloigné du registre de Deftones, ils auront tout de même remporté un bon succès auprès du public.

Three Trapped Tigers

 

Dès l’arrivée du groupe sur scène, on sent que l’on a affaire à une formation atypique. En effet, Three Trapped Tigers est composé d’un batteur et de deux claviéristes. On aurait pu légitimement penser que la musique jouée ne serait pas du métal. Très vite, Adam Betts, cogneur du groupe, va nous faire douter, tant son jeu est puissant et véloce. Le trio joue une sorte de rock expérimental plutôt bien agencé. Il y a du chant, mais pas de paroles, et lorsqu’un des claviéristes s’empare d’une guitare, c’est pour l’utiliser avec une Whammy et un accordage spécial, pour un rendu synthétique original et réussi.

 

Three Trapped Tigers, live report, 2013, Zenith, Paris, Deftones,

Le son et les lumières sont encore meilleurs qu’avec Lonely The Brave. Décidément, il semblerait que Deftones soit du genre bienveillant avec ses premières parties, ce qui est loin d’être une habitude dans le petit monde du rock, soyons honnêtes. En fait, très rapidement, ce trio anglais va nous rappeler un autre trio anglais de la même nationalité, ayant sévi dans les seventies avec un rock expérimental surpuissant. Ce groupe, ce n’est rien moins que le légendaire Emeson Lake & Palmer ! Et à l’écoute des compositions inventives et pêchues de Three Trapped Tigers, on ne peut s’empêcher d’y penser.

 

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Un ELP des temps modernes, voilà comment on pourrait grossièrement décrire ce groupe, et la comparaison est plutôt flatteuse. Le niveau des trois musiciens est bluffant, on a vraiment l’impression d’assister à un concert de tête d’affiche. Pas dupe, le public a bien saisi que Three Trapped Tigers avait quelque chose, et fait donc don de belles ovations au groupe entre chaque morceau.

 

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Seul point noir, on notera tout de même que les parties vocales ne sont pas toujours justes, sans être d’une élaboration flagrante. Avec un chouilla de travail supplémentaire, Three Trapped Tigers aura donc tout pour plaire. On leur souhaite bonne route en tournée avec the Dillinger Escape Plan !

Deftones

 

Le Zénith en petite configuration est plein comme un œuf pour accueillir les parrains du néo-métal. Après être arrivé sous les vivats, Deftones lance son set très énergiquement avec "Diamond Eyes". Ô Joie, le son est très bon là où nous nous trouvons. La guitare de Stephen Carpenter sonne terriblement bien, et a une définition excellente pour une huit cordes, ce qui est loin d’être toujours le cas avec ce genre d’instruments. Derrière les fûts, Abe Cunningham est toujours aussi efficace, avec son jeu tout en groove et en finesse.

 

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Finalement, le seul à être un peu à la ramasse musicalement parlant, c’est Chino. Il n’est visiblement pas en excellente forme vocale, et son chant n’est pas toujours juste. Mais qu’importe, c’est un frontman toujours aussi actif sur scène, et on voit bien qu’il se donne à fond pour enflammer le public. La setlist a tout pour plaire : entre grands classiques tirés de Around The Fur et White Pony, on trouve de très bons titres des deux très bons derniers opus du groupe. Rien n’est à jeter donc.

 

Deftones, live report, 2013, Zenith, Paris,

A  votre avis, comment le public peut-il réagir au fait d’entendre "Feiticeira", "Digital Bath", "Korea" et "Elite"? C’est bien simple, il hurle de contentement, et on le comprend. Deftones continue de tenir son audience en haleine avec une performance de haute volée : Chino saute partout, tout sourire dehors, et se révèle être un guitariste bien complémentaire avec Stephen lorsqu’il empoigne sa Gibson SG.

 

Deftones, live report, Paris, Zénith, 2013,

Après le classique  "Change (in the House of Flies)", c’est déjà l’heure du rappel. Au menu, "Romantic Dream" et les titres les plus dévastateurs d’Adrenaline. Toujours très efficace en live, ils terminent ce concert d’une bien belle manière. Deftones a donc prouvé une fois de plus à quel point il est en forme sur scène depuis quelques années. La question est : "Qu’est-ce que ça serait si Chino faisait plus attention à son chant ?" Espérons que nous aurons la réponse un jour.

Setlist :

Diamond Eyes
Rocket Skates
Be Quiet and Drive (Far Away)
My Own Summer (Shove It)
Lhabia
Rosemary
Feiticeira
Digital Bath
Knife Prty
Elite
Tempest
Swerve City
Poltergeist
Passenger
Regulate (Warren G cover)
The Boy's Republic
Change (In the House of Flies)

Encore:

Romantic Dreams
Bored
Engine No. 9 / Wicked
7 Words

Photos : © 2013 Fanny Storck
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

    



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