Otargos – Apex Terror

Le Black Métal français connait peu à peu un retour aux sources des plus savoureux ! Quelques mois après la sortie du nouveau Seth, marquant leur grand retour parmi nous, voici le 5ème album studio de nos chers français Otargos ! Trois ans après No God, No Satan, les bordelais viennent poser une pierre de plus sur leur pyramide avec Apex Terror ! Et ce chez Listenable Records !

Pas facile de rentrer dans le bain de suite, c’est tout le charme du black brutal. Il ne faut rien lâcher et savourer toute note car la récompense est souvent une belle claque musicale ! Comme à son habitude Otargos évolue dans une atmosphère des plus sombre et torturée, un aspect que Apex Terror montre mieux qu’avant par une qualité de son supérieure à leurs anciens travaux.
Un son légèrement saturé permettant d’assumer un style où tout n’est pas rose et où l’envie de tout envoyer valser est indéniable !

Avec ce nouvel album, les membres n’ont pas ménagé leur esprit créatif, loin de là. Toujours aussi brutal mais un poil plus mélodique afin d’affiner cette brutalité et de la rendre carrément plus savoureuse. Une application certaine permet d’être transporter par des passages magiques, tellement atmosphériques… par moment on se croirait dans l’univers de Shining… c’est énorme, tant de rage autant crachée par la voix Ulrich « Dagoth » Wegrich que par les guitares. « Fleshless Deathless » traduit très bien ce sentiment par une impression de lointaine mélancolie et tristesse à travers un riff tellement lourd de sens… En fait c’est juste poignant, voilà le mot. Mais surtout, cet aspect est présent sur tout l’album.

Le boulot est remarquable, les riffs fracassent, il y’a peu de déchets (enfin, pas flagrant en tout cas…). Entre un coté Anorexia Nervosa et par la même occasion un petit peu de Gojira, mais tout cela à la sauce Otargos ! Ecoutez donc « Fallout » et bon voyage !

Otargos

Bref autant dire que le métal extrême français confirme sa très bonne forme et continue sa route désormais plus dégagée !

Et puis parfois (pour ne pas dire souvent), la simplicité est l’efficacité même ! Effectivement les riffs black sont tellement savoureux et pourtant assez classiques en soi. Et oui mais c’est bon quoi ! Les petites notes ténébreuses planantes et froides… et bien ça fait un malheur ! Les mauvaises langues diront peut-être que c’est trop classique ou pas assez révolutionnaire… euh et bien effectivement c’est bien black, mais l’ambiance crée par l’ensemble est excellent, intéressant et donc c’est réussi !

La batterie est dévastatrice, pas de répit, ça vient vous transpercer l’oreille avec une douceur dérangeante. Ces notes harmonisées et torturées on les retrouve avec bonheur tout au long d’Apex Terror. Une progression indéniable pour Otargos avec ce nouvel opus. En plus d’être précis, ils oscillent entre triolets et lourdeur pure et dure. Des mélodies sortant de terre vous emmènent dans une terreur jouissive. Et oui on n’y échappe pas mais… Dissection est dans le cœur à jamais et ce n’est pas « drone » qui va me contredire ! Comme un clin d’œil, Jon Nödveidt aurait très bien pu faire un duo plus qu’exceptionnelle sur cet énorme morceau. En refermant le livre Apex Terror sur « Versus », une page des plus puissante et agressive tant au niveau des paroles que d’un entrain déterminé et terre à terre, Otargos envoie un message fort.

Leur plume s’est améliorée. Une mutation qui a du bon et permet d’effacer l’attente interminable d’un renouveau dans le black français. Avec Seth, ils forment une paire indéniable.

L’artwork est d’une beauté attirante, la couleur est séduisante et l’aspect nourrit la curiosité. Pas de doute, ce nouveau Otargos est une tuerie et une confirmation.

Gros coup de cœur pour « Drone » ! Une chanson carrément glaciale qui a du cœur… Un régal !

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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