Il fait plus chaud que la veille sur le tarmac de Montcul, et les festivaliers profitent des arroseurs pour se rafraîchir avant d’enchaîner une deuxième journée placée sous le signe de la bonne humeur… et de quelques grosses claques musicales. L’année dernière, Montcul était sous la pluie, cette fois, le soleil est bel et bien des nôtres. Les festivaliers s’arrachent les points d’ombre (à côté des régies, sous les ombrelles…).
Amon Sethis
Sacrés vainqueurs du tremplin Plane'R Fest 2025, les Lyonnais investissent la grande scène avec un spectacle mythologique hard‑rock / power metal. Le chanteur commence masqué, avant de révéler sa voix. Le casque s’illumine, les torches flambent, des porteurs de bâtons enflammés incarnent l’Égypte ancienne. Le set, tiré des quatre albums et deux EP, avec des morceaux comme « The Legacy From the Past », « Mask of Wrath » ou « The Blood Red Temple », en hommage à la reine Nitocris, opère une bascule entre performance visuelle et musicalité solide.
Future Palace
Les Allemands post‑hardcore arrivent à 17h30 en trio (chant, guitare, batterie) mais dévoilent une grosse présence scénique. « Malphas », « Uncontrolled », « Defeating Gravity », « Panic Paralysis », « Rays of Light », « The Echoes of Disparity » et « Decarabia » font mouche et le public du Plane'R Fest semble extrêmement conquis. La chanteuse Maria Lessing remercie le public en français, pose un discours sincère sur les difficultés d’être une femme en 2025 et dédie un titre à ses combats contre la dépression. Son scream est puissant, le son impeccable : belle claque émotionnelle à mi‑journée. Nous les avions déjà vus plusieurs fois, en 2023 à l’Olympia avec Electric Callboy, et il y a quelques semaines au Hellfest : Future Palace est un groupe à suivre.
Feuerschwanz
À 19h35, le groupe allemand reprend la scène après l’annonce de l’annulation d’Ultra Vomit ; fiers successeurs (ce sont un peu les Gloryhammer allemands), les Germaniques lancent une ambiance médiévale-épique. Avec une cornemuse, des costumes aguerris, deux épées en déco et des danseuses au bâton enflammé, ils entraînent le public dans un set festif et participatif. Ils scandent « Hey hey hey », mêlent tubes comme « SGFRD Dragonslayer », « Memento Mori », « Untot im Drachenboot », « Knightclub », « Kampfzwerg » . Pyro et bonne humeur : parfait antidote à la canicule (sauf pour les flammes).
Gloryhammer
Avant le set de Gloryhammer, un petit gobelin vient faire des acrobaties en tous genres sur scène, afin de faire patienter les fans, bien présents devant la scène. Il faut le dire, l’univers heroic fantasy de Gloryhammer ne laisse pas indifférent. Costumes flamboyants, capes, bandeaux, collants verts à la Peter Pan… on aperçoit même des pancartes avec des licornes au premier rang. La fosse est totalement conquise. De « Fly Away » à « Angus McFife », les fans hurlent chaque refrain, lèvent les poings et multiplient les slams.
La fantasy power metal envahit la foule dès « Delilah », « The Land of Unicorns », « He Has Returned », « Angus McFife », « Questlords of Inverness », tous les tubes du groupes sont joués. Les fans scandent et applaudissent, chantant les refrains joyeux. L'univers héroïque et surjoué apporte une touche épique. Musicalement, le groupe assure. Même si la prestance vocale de Sozos est telle qu’elle éclipse parfois ses comparses, Paul Templing à la guitare tire son épingle du jeu grâce à des solos bien exécutés et puissants. Il faut souligner la précision technique : tout est carré, millimétré, presque trop propre par moments, mais redoutablement efficace.
Perturbator
Après l’explosion de couleurs et de costumes des formations précédentes, la nuit noire tombe enfin sur le Plane’R Fest et cède la place à une toute autre atmosphère. Le public se masse devant la grande scène, déjà hypnotisé par la lumière rouge sang et les nappes de fumée épaisse. Il y a certes moins de monde devant la scène, mais Perturbator entre en scène sous un tonnerre d’applaudissements, porté par un visuel absolument saisissant.
Sur scène, James Kent et son batteur trônent sur deux estrades opposées, créant un effet de miroir spectaculaire. Entre eux, un espace vide devient écran de projection pour un ballet incessant de lumières stroboscopiques, de lasers et de formes géométriques mouvantes. Tout est pensé pour plonger la foule dans un univers cyberpunk, à la frontière entre dystopie et rêve numérique. Parmi les grands moments du set, difficile de ne pas citer « Venger » ou encore « Neo Tokyo », deux titres qui prennent une toute autre dimension en live.
Musicalement, Perturbator délivre un set d’une puissance inouïe. Les basses sont profondes, vibrantes, presque physiques. Elles font littéralement trembler le sol sous les pieds des festivaliers. Les morceaux oscillent entre passages synthwave ultra-mélodiques et séquences beaucoup plus sombres et martelées, flirtant parfois avec l’indus pur et dur. Le public, d’abord attentif et presque immobile, se laisse progressivement gagner par les beats obsédants, et la fosse se transforme en dancefloor géant.
Le show atteint son apogée sur « Tainted Empire », morceau final où l’intensité visuelle et sonore explose. Les jeux de lumières, déjà impressionnants tout au long du set, s’emballent dans une dernière salve hypnotique. Chacun des deux musiciens, figé sur sa plateforme, semble dominer la foule comme deux maîtres de cérémonie orchestrant un rituel futuriste.
Au-delà du live musical, c’est toute une expérience sensorielle que propose Perturbator. Entre la froideur mécanique des synthés et la chaleur des percussions, il y a un équilibre parfaitement maîtrisé, une tension presque palpable. Le public, encore sous le choc, applaudit longuement après le départ du groupe.
Une deuxième journée riche en diversité : pop‑punk, mythologie metal, hardcore comique, post‑hardcore engagé, festoiement médiéval, thrash latino, power‑metal épique et electro-dark. Chaque set a su captiver, divertir et marquer – avec humour, émerveillement et communion. Le Plane'R Fest prouve une fois de plus son ADN éclectique et convivial… avec une dose de folie Montcul à chaque scène.
Crédits photos : Florentine Pautet
Rédaction : JC Deck













































