Hellfest 2025 – Dimanche 22 juin, partie 2 : Retour vers le futur

Clap de fin sur ce Hellfest 2025, deuxième partie. Après une première partie de journée marquée par de nombreuses performances sur la Warzone, il reste encore de nombreux concerts à voir.  Ce dimanche a d'ailleurs vu un contraste de générations. Tandis que certains vétérans — voire des groupes fraîchement reformés — prouvent qu’ils ont encore leur place (EODM, Refused, Kylesa, Linkin Park), une nouvelle génération s’impose peu à peu. Des groupes de metalcore comme Motionless in White, ou les stars montantes Knocked Loose, se retrouvent en effet en haut de l’affiche du festival. Cela dit, cette fin de dimanche a surtout été marquée par les concerts de Messa et de Health : deux noms à vraiment garder en tête. 

Nos concerts du dimanche 22 juin (deuxième partie): 

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Messa - Valley - 16h00

La messe est dite

Avec son nouvel album The Spin, qui fait partie des disques incontournables de l'année, le passage de MESSA à la Valley était clairement inscrit parmi les événements à ne pas manquer du dimanche. Le groupe italien, connu pour sa capacité unique à mixer doom, heavy, jazz, prog et bien d'autres genres musicaux, nous a littéralement bluffé.

Sara Bianchin ouvre le bal avec une voix qui ensorcelle dès les premières notes. Le regard un brin fuyant, presque évanescent, elle capte pourtant l’attention comme personne. Son timbre clair, puissant, se déploie sur les “fire” répétés du morceau “Fire on the Roof” avec une intensité presque incantatoire. Sa voix évoque par moments la sensibilité d’une Amy Winehouse ou l'énergie rock de Pat Benatar. Une voix sur laquelle se pose avec élégance les lignes de guitare massives délivrés par Alberto Piccolo, et dont les solos s'imposent rapidement comme l'un des sommets guitaristiques du festival.

Dès les premières notes, Alberto montre qu’il n’est pas là pour blaguer : son jeu jazzy et atmosphérique  sur une Fender Telecaster, au son clair et légèrement agrémenté de chorus, impressionne immédiatement le public par sa technicité subtile. Sur plusieurs morceaux, il se lance dans des solos inspirés par le jazz, d'une fluidité remarquable, donnant à l'ensemble une dimension quasi cinématographique. Dans le même genre lors de "Rubedo", extrait du précédent album Close, la Valley se retrouve soudainement balayée par un vent de désert, avec un riff typé oriental qui transporte instantanément le public.

Autre nouveauté du set, Mark Sade, le bassiste, prend désormais également en charge les parties au synthé, ajoutant des couches sonores inédites et profondes qui viennent enrichir encore davantage un univers déjà très dense. Un des morceaux s’achève même sur des cris mystérieux venus d'une piste audio, renforçant encore l’aspect majestueux et un peu surnaturel du show.

Un des grands moments du set survient sur “Reveal”, extrait du dernier album. Alberto dégaine un bottleneck, ce petit cylindre métallique glissé sur les doigts,  et embarque la Valley dans un riff au goût de poussière et de whiskey, typiquement blues. Mais le calme est de courte durée : le motif s’interrompt brutalement, et le groupe bascule sans prévenir dans un passage black’n’roll furieux, porté par une double pédale martelée sans retenue par Mistyr. Une transition brutale mais parfaitement exécutée, qui rappelle que Messa sait aussi être plus rugueux par moment.

Messa est assurément l'un des très belles découvertes pour une partie du public, et ce set restera parmi les meilleurs de sa jeune carrière. On sent une vraie progression pour ce groupe acclamé par la Valley cet après-midi et il le mérite vraiment. Peu de groupes maitrisent en effet l'art de rendre le metal contemplatif. C'est le cas pour Messa, et on ne saurait que trop vous le recommander.

Setlist

Void Meridian
At Races
Fire on the Roof
The Dress
Rubedo
Reveal

Eagles of Death Metal - MainStage 1 - 16h50

De l'amour pour la France

Il existe entre la France et les Eagles of Death Metal un lien particulier, forcément marqué par le souvenir indélébile du Bataclan en 2015. Et c’est clairement très ému que Jesse Hughes, leader charismatique du groupe, débarque sur scène ce dimanche. Il arbore une improbable tenue French Touch : bretelles Chanel (pour le clin d'œil couture), polo Lacoste et éternelles lunettes teintées.

L'entrée du groupe se fait sur une vibe très funky et presque disco avec « Sludge Sister », ce qui permet à Jesse d'afficher d’emblée son amour pour le public français. Toujours présente à la basse, Jennie Vee, fidèle à son éternel style cowgirl-rock, assure le groove avec une aisance notable. À ses côtés, la nouvelle batteuse Leah Bluestein, récemment intégrée au line-up (2023), montre immédiatement une frappe énergique et pleine de variations rythmiques très rock'n'roll.

Jesse n'attend pas longtemps avant d’aller se coller littéralement à son public, finissant la toute première chanson "I Only Want You" en allant se planter au beau milieu de la foule en lâchant un « Are you having a good time ? ». Le groupe enchaîne ses titres avec une énergie communicative : "Complexity" et "Cherry Cola" maintiennent un niveau élevé d'enthousiasme dans la fosse. Côté guitare, on apprécie les petits solos rock'n'roll bourrés d’accents eighties, avec des notes aiguës particulièrement bien placées. Hughes et ses musiciens n’hésitent pas à enrichir les morceaux de chœurs parfaitement exécutés, donnant une touche vintage  à l'ensemble.

Le set atteint un de ses pics avec l’entraînant « I Want You So Hard (Boy's Bad News) », mais les reprises en clôture de set laissent malheureusement un sentiment mitigé. La version de « Moonage Daydream » de Bowie passe moyennement, tandis que « Ace of Spades » de Motörhead se révèle quelque peu maladroite, pour ne pas dire bancale. On aurait espéré un final un peu plus marquant, même si l'intention festive reste clairement palpable.

Enfin, mention spéciale au discours amoureux (voire carrément suggestif) de Jesse envers son public : « Je vous aime », insiste-t-il entre chaque chanson, avec un sourire en coin et des sous-entendus à peine dissimulés. Il faut dire que le thème récurrent des Eagles of Death Metal reste l'amour — et plutôt physique, si possible. Mais rassurez-vous, Jesse le fait toujours avec classe (enfin presque).

En résumé, même si la setlist n’apportait pas beaucoup de surprise, ce concert des Eagles of Death Metal était avant tout une déclaration d’amour sincère et touchante à la France, doublée d’un moment sympa de rock’n’roll décomplexé. On espère juste que les Américains fassent un peu plus d'efforts sur la musique la prochaine fois.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Setlist

I Only Want You
I Love You All the Time
Complexity
Cherry Cola
I Want You So Hard (Boy's Bad News)
Moonage Daydream (David Bowie Cover)
Ace of Spades (Motörhead cover)

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Kylesa – Valley – 17h45

Une reformation stoner très attendue

C’est l’un des retours que nous attendions le plus lors de cette édition : Kylesa est bien de retour sur scène, neuf ans après sa mise en pause en 2016. Et si la formation sludge psyché de Savannah (Géorgie) ne tourne plus autant qu’avant, cette reformation exceptionnelle a des airs d’hommage autant que de retrouvailles. Mené par le duo culte Laura Pleasants et Phillip Cope, Kylesa déverse toujours ce mélange savoureux de rock crasseux, de riffs sludge poisseux, et de nappes psychédéliques qui donnent un son à la signature si particulière. Ce n’est jamais totalement metal, ni totalement stoner, ni même totalement sludge, mais un peu tout à la fois. Une musique sale, directe, mais accrocheuse, portée par des effets de delay, des filtres tordus et des envolées hypnotiques.

Côté chant, on ne va pas mentir : les performances vocales sont franchement en dents de scie. Les harmonies sont approximatives, parfois à la limite du faux, mais ce n’est clairement pas ce qu’on vient chercher ici. Kylesa, en live, c’est d’abord une question de textures et de vibe (un peu je m'en foutiste, il est vrai), plus que de justesse.

On pourra regretter l’absence des batteurs originels et surtout, le fait que le groupe ne soit venu qu’avec une seule batterie cette fois-ci. Ce détail a son importance : la formation à deux batteurs était l’une des signatures de Kylesa, ce qui renforçait son groove tribal et son mur sonore en concert (allez voir les solos de batterie sur album pour vous en rendre compte). Mais vu la complexité logistique que cela implique pour tourner, on comprend (à moitié).

Cela dit, le set nous a surtout rappelé à quel point les disques tiennent toujours aussi bien la route, notamment les deux petites merveilles que sont Static Tensions (2009) et Spiral Shadow (2010), et qui comptent parmi les sommets du genre. Mention spéciale à la chanson "Only One", dont les motifs en tapping rendent le morceau littéralement hypnotique, entre transe psychédélique et rock cosmique.

Moment cocasse mais assez révélateur : en plein set, une tête d’ampli rend l’âme. S’ensuit une tentative un peu forcée de meubler la panne par une suite de remerciements au festival et au public, avec une certaine maladresse presque touchante. Laura et Phillip improvisent, tentent de braver le moment avec des sourires gênés, mais ça rame un peu. Pas grave : le public est indulgent, et le groupe reprend dès que possible, avec une nouvelle explosion de fuzz, jusqu'aux deux morceaux finaux et cultes que sont "Running Red" et "Scapegoat".

Finalement, malgré quelques imperfections techniques et vocales, cette reformation de Kylesa a offert un joli moment de nostalgie sludge. C’était bien crade, psyché, parfois bordélique, mais surtout sincère. Et surtout, ça nous a donné envie de replonger dans la discographie dès la sortie de la Valley. Welcome back, ou plutôt hellcome back !

Setlist :

Tired Climb
Don't Look Back
Cheating Synergy
Nature's Predators
Said and Done
Unknown Awareness
Unspoken
Hollow Severer
Where the Horizon Unfolds
Running Red
Scapegoat

Refused – MainStage 1 – 18h40

Le concert d'adieu

Concert d’adieu pour les légendaires Refused, fondés en 1991, et ça se sent : dès l’ouverture sur "The Shape of Punk to Come", un frisson parcourt la foule. Et puis surtout, Dennis Lyxzén, fidèle à lui-même, débarque en chemise rose, toujours aussi élégant, toujours aussi engagé. Le chanteur suédois incarne à lui seul toute une génération de punks révolutionnaires : straight edge, militant pour la cause animale, anti-capitaliste, et défenseur fervent de la cause palestinienne.

Refused enchaîne alors les classiques avec une énergie palpable : "Rather Be Dead", "Liberation Frequency", "Elektra"… ça sent la rage et l'urgence, mais paradoxalement, dans le public, l’énergie ne suit pas totalement. Le pit est timide, sauf peut-être tout devant où les plus acharnés se donnent à fond. Le contraste est saisissant pour un groupe aussi incendiaire. Et honnêtement, même si une MainStage se justifie amplement par le statut du groupe, on ne peut s’empêcher de se dire qu’un passage sous la Warzone ou en salle aurait offert une bien meilleure communion.

Côté son, le mix laisse à désirer. La basse, beaucoup trop forte, couvre parfois les guitares, rendant certains passages brouillons, et probablement liée à des soucis techniques côté six cordes. Dommage, surtout quand on sait à quel point le son des Suédois est censé être tranchant.

Malgré cela, Dennis ne lâche rien. Ses cris sont toujours aussi rageurs, son charisme intact. Il saute, harangue, danse, gesticule, évoque Trump à demi-mot lors d’un speech sur la liberté d’expression, et surtout, il prend position sans filtre pour la Palestine. Un drapeau palestinien est brandi sur scène, et toute la MainStage est invitée à scander "Free Palestine". Une séquence forte, marquante, qui rappelle que la musique peut, et doit, aussi être politique. Plusieurs drapeaux brandis dans le public pendant le week-end l’ont confirmé : le message a résonné.

Le set s’enchaîne vite, sans temps mort, jusqu’à l’hymne inévitable "New Noise", repris en chœur, poing levé, dans une ambiance presque cérémonielle. Juste avant, le groupe avait lâché un court riff clin d’œil à Running Blood. Et pendant le final, les dates de la formation du groupe s’affichent en lettres blanches sur fond noir : 1991 – 2025. Une bien belle carrière, à laquelle on ne peut que répondre ces mots : "Merci Messieurs".

Seul petit regret pour les fans du jeu vidéo Cyberpunk 2077 : aucune reprise de Samurai, le groupe fictif incarné dans le jeu par les membres de Refused eux-mêmes, avec Dennis Lyxzén dans le rôle de Johnny Silverhand, interprété dans le jeu par Keanu Reeves. Des morceaux comme “Chippin’ In” ou “Never Fade Away” auraient eu toute leur place dans ce concert d’adieu, d’autant plus qu’ils auraient parfaitement introduit le set cyberpunk-indus de HEALTH programmé juste après. Un clin d’œil manqué hélas.

Ce set du Hellfest ne sera d'ailleurs pas le tout dernier, puisque Refused donnera une ultime date en France à l’Élysée Montmartre cet automne. Pour les fans, ce sera l’occasion de dire au revoir une bonne fois pour toutes. En attendant, même si ce concert n’était pas parfait, il restera comme un au revoir réussi, engagé, et bien rock 'n' roll comme il le fallait. Pour ceux qui veulent revivre la performance, le live de Refused est à retrouver sur le live d'ARTE concert à partir d'1h30 ici.

Setlist :

The Shape of Punk to Come
The Refused Party Program
Rather Be Dead
Coup d'état
Malfire
Liberation Frequency
Summerholidays vs. Punkroutine
The Deadly Rhythm
REV001
Pump the Brakes
Worms of the Senses/Faculties of the Skull
Elektra
New Noise

Crédit photo : Sara @GroovyMochi

Motionless In White - MainStage 2 - 17h45

Le nouveau metalcore gothique à la Marilyn Manson ?

Après deux jours de canicule infernale, le dimanche offre bien un peu de répit aux festivaliers du Hellfest 2025. Mais pas question pour Motionless In White de tempérer l’atmosphère : à peine monté sur scène, le groupe transforme la MainStage 1 en brasier gothique-metal avec une scénographie millimétrée, du feu, du noir et un style à part. Look post-apocalyptique, maquillage spectral, accompagné d'une pyrotechnie ambitieuse : le show est visuellement un des plus marquants du week-end.

Avec ses lunettes noires oversized,  Chris Motionless a tout d’un maître de cérémonie dans un bal gothique futuriste. Dans la même veine, ses musiciens arborent des maquillages morbides dignes d’un freak show sous influence Tim Burton. L’un des guitaristes semble sorti d’un clip de Rob Zombie, tandis que le bassiste évoque une poupée démoniaque tout droit sortie d’un film d'horreur.

Pas de doute : on est dans une esthétique "Marilyn Manson meets metalcore US", mais revisitée façon Cyberpunk 2077. Des flammes surgissent à chaque drop, les écrans géants alternent glitchs et imageries funèbres, et le micro est même orné de roses noires et d'épines. Oui, c’est goth, mais ça fonctionne.

MIW pioche dans ses répertoires les plus récents avec une setlist dominée par les albums Disguise, Scoring the End of the World et Graveyard Shift, représenté ici par quatre morceaux. "Slaughterhouse" reste l’un des titres les plus brutaux, un morceau explosif porté par des hurlements vicieux et une rythmique écrasante. Très idéal pour réveiller les plus fatigués du week-end. Quant à "Eternally Yours", c’est le grand final attendu, repris en chœur par le public. Ce titre est devenu l'hymne de clôture, véritable instant de communion pour les fans qui scandent la phrase culte :"We are Motionless In White, and we are Eternally Yours."

MIW, nous a ainsi délivré un show spectaculaire, ultra-calibré,  et visuellement impressionnant, qui tire le meilleur de son univers dark. On a là la preuve que les groupes de metalcore US comme Motionless In White ou Falling In Reverse (plus tard dans la soirée) sont aujourd’hui parmi les plus ambitieux en matière de production scénique. Du show, du style, et une vraie maîtrise. Mais d'un autre côté, la musique est quand même un peu générique et manque clairement de créativité. De nombreux festivaliers auront par ailleurs bien plus parlé du show en lui même que de la musique ou des morceaux à la sortie du concert. MIW est l'exemple typique du genre de prestation qui va faire les têtes d'affiche de ce genre de festival. Mais il est aussi vrai que la transition entre les têtes d’affiche historiques plus hard-rock /heavy et cette nouvelle génération risque d’être tout sauf évidente.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Setlist :

Meltdown
Sign of Life
Thoughts & Prayers
Necessary Evil
Slaughterhouse
Voices
Disguise
Scoring the End of the World
Soft
Eternally Yours

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Health - Valley - 19h45

Du cyberpunk electro-metal et des câlins

La thématique Cyberpunk continue de planer sur la Valley avec le passage très attendu de HEALTH, véritables héros du neo-industriel et adorés par Trent Reznor lui-même. Le groupe avait même joué un morceau sur scène avec Nine Inch Nailsen tête d'affiche en 2022.

Et quoi de mieux pour lancer les hostilités qu’une OST d’animé japonaise ? Johnny Famiglietti fait son apparition tel un personnage tout droit sorti d’un JRPG (jeu vidéo de rôle) dystopique, oreilles de lapin vissées sur la tête. Un accessoire qu’il lance vite dans le public, et ce sera bien le seul geste léger qu’on lui connaîtra pendant le concert, l’homme n’ayant définitivement pas le sourire facile.

C’est « PAIN » qui donne le coup d’envoi et l’ambiance électro goth-indus s’empare immédiatement de l’espace. Si on a parfois l’impression d’assister à un DJ set futuriste, détrompez-vous : ici, ce sont bien les instruments qui mènent la danse, même si la guitare de Jake Duzsik paraît parfois noyée sous tellement d’effets qu’on croirait entendre des synthés digitaux. Chaque morceau est construit autour d’une base sonore électronique qui pose une ambiance hypnotique avant que les instruments viennent y injecter leur énergie brute.

« MAJOR CRIMES », titre emblématique de la bande-son du jeu Cyberpunk 2077 signé CD Projekt Red, fait mouche en live et transporte instantanément la foule à Night City. L’efficacité du set est indéniable : les titres s'enchaînent sans temps mort, propulsant le public dans un tunnel sonore où l’indus se mêle au metal le plus groovy.

Parmi les moments forts, impossible de passer à côté de « DEMIGODS », extrait du dernier album Rat Wars, où les riffs métal fusionnent parfaitement avec les couches électroniques atmosphériques. Même recette gagnante avec la plus ancienne « STONEFIST », tandis que « UNLOVED » ensorcelle la Valley avec une ligne de basse signée Johnny, absolument hypnotique.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

La voix androgyne de Jake Duzsik ajoute à l’atmosphère unique du show. Lui-même s’en amuse d’ailleurs avec humour : « Ce n’est pas parce que je n’ai pas une voix grave comme les autres metalleux qu’on n’est pas ravis de jouer ici ! » Le chanteur utilise aussi un micro spécial, capable de créer des effets d’écho surprenants, qu’il place régulièrement devant la grosse caisse de Benjamin Jared Miller pour intensifier l’impact sonore (et ça marche très bien). Mention spéciale également à la superbe reprise de Deftones « Be Quiet and Drive (Far Away) », revisité façon ambiant, qui offre une pause bienvenue avant de repartir de plus belle.

Le set s’achève en beauté avec le puissant « DSM‐V », mais c’est finalement Johnny qui conclut de façon totalement imprévisible : porté par la foule jusqu’au bout de la Valley, il redescend même quelques minutes plus tard pour enlacer littéralement chaque festivalier croisé sur sa route, (votre serviteur compris). Clairement l'un des moments les plus chaleureux et improbables du Hellfest cette année. La transition vers les prochains concert risque d'être compliquée après une telle démonstration, mais au moins une chose est sûre : HEALTH a définitivement placé la barre très, très haut.

Setlist 

A Cruel Angel's Thesis (Audio)
PAIN
IDENTITY
GOD BOTHERER
CRACK METAL
HATEFUL
ZOOTHORNS
PSYCHONAUT
STONEFIST
NEW COKE
FUTURE OF HELL
DEMIGODS
MAJOR CRIMES
UNLOVED
Be Quiet and Drive (Far Away) (Deftones cover)
ORDINARY LOSS
ASHAMED
TEARS
WE ARE WATER
FEEL NOTHING
DSM‐V

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Knocked Loose - 23h00

La vraie tête d'affiche du dimanche ?

Alors que beaucoup préfèrent assister à Linkin Park pour clôturer cette édition du Hellfest 2025, les fans de hardcore et de metalcore ont trouvé une alternative brutale avec Knocked Loose sur la Warzone. Et ils ont peut être bien eu raison de ne pas tenter d'aller voir la bande à Shinoda. L'espace y est étonnamment respirable, permettant aux plus courageux de se lancer sans retenue dans les circle pits, moshpits et autres joyeusetés hardcore.

Sur scène, la déco est minimaliste au possible : simplement cette grande croix issue du dernier album You Won't Go Before You're Supposed To (2024). Pas besoin de plus, tant l'intensité sonore suffit à capter l'attention. Dès les premiers accords de « Blinding Faith », le groupe envoie une déflagration sonore d'une violence rare. Il faut dire que le son est tellement puissant que, comme le souligne un spectateur en ligne, « la batterie avait clairement besoin d'une cigarette après le concert ». Les fameuses « snare bombs » (des coups de caisses claires explosifs) résonnent comme des coups de canon et font vibrer littéralement toute la Warzone.

Si la voix du chanteur Bryan Garris peut être aussi clivante qu'une pizza ananas (certains le comparent affectueusement à un Mickey Mouse énervé ou encore à un Bob l’Éponge version hardcore), elle reste néanmoins l'un des éléments distinctifs et ultra-efficaces du groupe. Son charisme sur scène est indéniable, tout comme celui du guitariste Isaac Hale dont les interventions vocales viennent renforcer cette ambiance nihiliste. D'ailleurs,  Isaac exprime parfaitement l'état d'esprit du groupe en lançant sèchement au public : « PUT YOUR GODDAMN PHONES AWAY ! », une tirade applaudie à l’unanimité. Et on ne peut qu'applaudir nous aussi cette incitation à ranger les téléphones tant on aimerait aussi avoir eu la même réaction de la part du groupe qui joue sur la MainStage en même temps.

Mention spéciale également au crowd-surfing d'un festivalier en fauteuil roulant, assurément le moment le plus hardcore du set, et qu'on a même réussi à vous capter en photo. Une belle illustration de l'esprit inclusif du hardcore, acclamée par tous les festivaliers.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Parmi les moments forts du set, le titre « Sit & Mourn » fait l'unanimité grâce à son outro où Bryan prend lui-même la guitare, un instant désormais incontournable pour les fans. Autre grand moment, l'enchaînement brutal « Billy No Mates » suivi immédiatement par « Counting Worms » qui provoque une folie collective. Et comment ne pas mentionner « Suffocate », même si, petite déception, Poppy, pourtant présente au festival, n’est pas venue interpréter sa partie sur scène… dommage, mais est-ce si étonnant compte tenu de son côté diva ? Le concert atteint son apogée avec « Everything is Quiet Now ». Le groupe prend alors une pause soudaine qui marque par le silence impressionnant dans le public, avant de repartir dans un final explosif.

Si Knocked Loose ne plaira pas à tout le monde, notamment à cause de sa brutalité assumée et de la voix atypique de Bryan, il n'en reste pas moins que le groupe s'impose clairement comme l'une des figures majeures de cette nouvelle génération metalcore / hardcore venue d'outre-Atlantique. À l’image de leurs collègues britanniques Guilt Trip, vus plus tôt dans la journée, l'avenir des Américains semble définitivement assuré, et il ne fait aucun doute qu’ils continueront de faire parler d'eux pendant longtemps.

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Setlist 

Blinding Faith
Don't Reach for Me
Mistakes Like Fractures
Belleville
Deadringer
Piece by Piece
Where Light Divides the Holler
God Knows
Moss Covers All + Take Me Home
Sit & Mourn <3
Suffocate
Billy no Mates
Counting Worms
Deep in the Willow
Everything is Quiet Now

Linkin Park - 23h00

Un bouquet final, mais pas sans fausses notes ?

Tête d'affiche majeure de cette édition, le retour de Linkin Park au Hellfest a-t-il été à la hauteur des attentes ?

👉Lire le live report détaillé 👈

Crédit photo : Sara@GroovyMochi

Après le set de Linkin Park, cette édition 2025 s'est terminée sur un feu d'artifice, que les organisateurs n'ont cette fois pas oublié. On retiendra surtout cet intense dimanche dans son ensemble qui a permis de clôturer en beauté ce Hellfest 2025. La programmation excellente, bien que plus grand public sur les grosses scènes est quoiqu'on en dise toujours à la hauteur de l'événement. Preuve que n'importe où vous vous trouvez sur le festival, il y a toujours moyen de faire de très belles découvertes. Nous espérons en tous cas que ces quatre jours de festivals racontés dans nos reports vous auront aussi permis d'en faire. Merci le Hellfest, et à l'année prochaine ?

Photos :

Sara Jisr/@GroovyMochi 

Toute reproduction interdite sans l'autorisation des photographes.



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...