Nile au Divan du monde (17.09.2013)

Nile : et le Divan du Monde se fait sarcophage

La légende du death metal américain repart en tournée pour présenter son dernier album en date, At the Gates of Sethu après en avoir donné un premier aperçu en première partie de Kreator et Morbid Angel en 2012. Pour accompagner ces mordus d’Egypte antique, les québécois romains d’Ex Deo étaient présents, ainsi que les death/blackeux français de Svart Crown et le groupe de death technique belge Pestifer.

Pestifer
 

Cette soirée uniquement metal extrême est ouverte par nos voisins de Belgique Pestifer. Devant une audience minuscule, les cinq musiciens se démènent pour présenter leur musique bien faite mais difficile d’accès. Très technique, le death metal présenté par le groupe contient des mélodies extra-terrestres et des rythmiques assez difficiles à assimiler en une écoute.

Malgré les exigences que présentent leurs compos, les musiciens se montrent carrés et propres dans leur jeu. On note qu’Adrien Gustin et sa basse sans frettes sont bien mis en avant dans le mix comme dans les compos, ce qui donne une touche d’originalité à l’ensemble. Côté guitares, Antoine Paterka et Emerson Devresse s’en sortent comme des chefs en alternant riffs délirants et solos bien exécutés.

Pestifer

Si le public a un peu de mal à suivre et reste statique, l’accueil du groupe est tout de même bon et des applaudissements se font entendre à mesure que le set avance. Le chanteur Jérôme Bernard, francophone, n’hésite pas à prendre à parti la foule sans pour autant en faire trop.

Une découverte sympathique qui n’aura malheureusement pas fait l’unanimité auprès des présents.

Setlist :

Exild to the Abyss
Witness of the loss
Sleppless century
Tree of thorns
Contagious
Positronic symphony
Abominations

Svart Crown

C’est maintenant au tour des français de Svart Crown d’entrer en scène pour présenter leur death metal teinté d’influences black. Après une intro épique et quelques problèmes de guitare au début, les quatre musiciens s’en donnent à cœur joie pour déverser à la foule, déjà plus fournie, des riffs massifs sur des rythmiques propices au headbang, dont les membres ne se priveront pas.

Svart Crown

Le chanteur JB Lebail n’hésite pas à montrer son enthousiasme à être sur scène en première partie de Nile et n’est pas non plus avare en remerciements envers le public. Malgré l’implication du groupe dans son jeu de scène, les metalleux ne se réveilleront qu’au milieu du concert pour headbanguer et lever le poing. Le son quelque peu brouillon est peut-être une des causes du manque de réactivité du public, ce point s’améliore d’ailleurs à mesure que le set avance.

Apportant une touche black metal à cette soirée spéciale death, Svart Crown a su s’imposer et défendre la scène française au milieu de ce plateau international.

Svart Crown

Ex Deo

Changement d’ambiance avec les Québécois d’Ex Deo, qui font installer des fanions inspirés de l’armée de Rome dans l’antiquité avant de commencer leur show. Après avoir plongé le public dans l’ambiance avec une intro épique, le groupe arrive sur scène pour envoyer la purée, flanqué de tenues militaires romaine. Effet garanti pour le public.

Ex Deo

Prenant sans cesse à parti « les Gaulois », le centurion Maurizio Iacono se montre bien en voix ce soir, en growlant avec ardeur ses récits de batailles antiques. Côté musiciens, les guitaristes Stéphane Barbe et J-F Dagenais envoient leurs riffs massifs et épiques pendant que Dano Apekian (basse) et le batteur envoient des rythmiques mid-tempo soutenues.

Si le côté épique prévaut dans les compositions, on regrettera cependant la présence excessive d’interludes samplés qui cassent le rythme du concert. Une adaptation plus punchy des compos aurait été souhaitable et cohérente avec l’esprit death metal.

Ex Deo

Ces cassures de rythme sont peut-être la cause du peu de mouvements de foule lors de ce concert. Si le public est bien dedans et acclame le groupe comme il se doit, chacun reste à sa place et la folie n’est pas de mise. Quand bien même, Ex Deo a su délivrer ici une bien belle performance avec un death metal massif et une thématique antique en phase avec ce que propose le groupe en tête d’affiche.

Setlist :

Legio XIII
The Tiberius Cliff (Exile to Capri)
The Final War (Battle of Actium)
I, Caligvla
Pollice Verso (Damnatio ad Bestia)
Teutoburg (Ambush of Varus)
Romulus

NILE

Après ces mises en bouches bien réjouissantes, les égyptoloques américains de Nile entrent en scène. Dans un esprit old school, le groupe ne fait pas appel à des artifices décoratifs et se contente d’envoyer la purée sur un classique dès son arrivée : « Sacrifice Unto Sebek de l’album Annihilation Of The Wicked.

Nile

Curieusement, les Floridiens ne défendent pas tant que ça leur dernier album en date, At the Gates of Sethu, en ne jouant que trois titres à la suite en milieu de concert. Dans son set relativement équilibré, on note une présence légèrement plus forte de titres de la première moitié des années 2000, comme les classiques « Sarcophagus » ou « Black Seeds of Vengeance » qui vient clore un set haut en couleurs. Côté albums récents, Ithyphallic et Those Whom The Gods Detest totalisent trois chansons à eux deux, dont le tube « Kafir! » qui ne manque pas de faire réagir l’audience.

En effet, si le public semblait un peu timide lors des sets précédents, les mosheurs sont définitivement réveillés pour Nile et s’en donnent à cœur joie pour se bousculer dans un pit sans pitié. Pas d’organisation, de circle pit ou de wall of death, juste une bande de mordus de death metal qui s’entrechoquent et slamment à n’en plus finir.

Nile Karl Sanders

Devant une telle ferveur, les musiciens sont souriants et avenants, particulièrement le guitariste Karl Sanders, qui ne manque pas de remercier les présents de manière sincère et naturelle, alors que le chanteur principal, Dallas Toler-Wade, se montre plus distant et se contente d’annoncer les chansons. Cela n’empêche pas aux deux hurleurs de servir des growls puissant tout en enchaînant riffs sombres et solos apocalyptiques. Côté section rythmique, le bassiste Todd Ellis headbangue à cœur-joie tout en soutenant les rythmiques démentielles du batteur George Kollias.

Moins d’un an après sa dernière venue à Paris, Nile a su offrir aux spectateurs parisiens un set de type rouleau-compresseur qui en a satisfait plus d’un, en montrant que son death metal a encore de belles années devant lui.

Nile Dallas

Setlist :

Sacrifice Unto Sebek
Defiling the Gates of Ishtar
Kafir!
Hittite Dung Incantation
Enduring the Eternal Molestation of Flame
The Inevitable Degradation of Flesh
Supreme Humanism of Megalomania
The Blessed Dead
The Howling of the Jinn
Sarcophagus
Lashed to the Slave Stick
Unas Slayer of the Gods
Black Seeds of Vengeance

Photos par Byclown et Arnaud Dionisio

  



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