L'impressionnante enceinte de La Défense Arena accueille ce 19 juillet le premier des deux concerts d'Iron Maiden affichant complet. Avatar est chargé d’ouvrir pour les légendes britanniques du heavy metal à l'occasion de ces haltes parisiennes de ce Run For Your Lives World Tour 2025/2026.
Avatar
C’est dans une salle déjà bien pleine qu’Avatar offre un concert aussi intense que théâtral. Dès l’ouverture sur "Dance Devil Dance", titre éponyme du dernier album en date, le ton est donné : lumières rouges, riffs massifs et un Johannes Eckerström en maître de cérémonie macabre, mi-clown, mi-prêcheur avec son chapeau, sa canne et son sourire à la Joker sur le visage.
Le groupe enchaine les morceaux avec une précision chirurgicale, mêlant groove heavy, accents death et refrains fédérateurs ("The Dirt I’m Buried In", "Colossus", "Let it Burn"). Le public, conquis, chante, danse, bouge frénétiquement dans la fosse et hurle tout ce qu'il peut avec une belle ferveur.
Avec cette performance visuellement simple mais efficace, musicalement sans faute, Avatar continue de prouver qu’il est bien plus qu’un gimmick visuel : c’est une machine de scène redoutable, dont l'esthétique théâtrale et le charisme de son chanteur leader font beaucoup dans l'attrait du combo suédois affichant plus de 20 ans d'existence au compteur. Une belle entrée en matière avant d'accueillir les tant attendues vedettes du soir.
Iron Maiden
La Défense Arena est parée aux couleurs d’Iron Maiden et on ne s'y trompe pas au vu des innombrables T-shirts, vestes patchées et autres accessoires arborant le célèbre Eddie. Malgré le passage du temps, cinquante ans d'existence, on sent la ferveur du public intacte pour le groupe, et l'atmosphère du lieu en est chargée. Les 40 000 fans sont prêts à communier avec leurs idoles. Cette foule était déjà très impressionnante à voir à l’extérieur de l’enceinte dans cette longue file d'attente, mais l'est encore plus à l’intérieur. D'ailleurs la pression et la chaleur dans les premiers rangs font déjà vaciller certains spectateurs évacués avant même l'arrivée des musiciens.
Après une vidéo d'intro de qualité et une explosion, les premières notes de "Murder in the Rue Morgue" augurent du meilleur pour la suite du show. Comme ils l'ont fait lors de la magnifique tournée précédente, les Britanniques nous font, pour notre plus grand plaisir, découvrir (pour les plus jeunes) ou redécouvrir (pour les plus âgés), des titres qui n'avaient plus été joués en live depuis parfois 25 ans à l'instar de "Killers". Autres titres qui se sont fait rares depuis quelques années, voire même des décennies, le fameux "Murders in the Rue Morgue" qui a introduit le concert, l'épique et théâtrale "Phantom of the Opera", le sublime et trop rare "Seventh Son of a Seventh Son", le classique indémodable "Powerslave" et l'une des pièces les plus fameuses du répertoire de Maiden, "The Rime of the Ancient Mariner" et ses quatorze minutes de bonheur parfaitement exécutées par le sextet d'outre-Manche, et cela vaudra pour tous les titres joués.
Une mise en image sur l'écran géant central illustre chaque titre avec une animation souvent de très grande qualité. C'est d'ailleurs encore un autre point dont Iron Maiden n'a jamais été avare, c'est bien évidement le spectacle visuel, gros point fort des Anglais. Cette année est plus virtuelle que par le passé malgré quelques apparitions toujours remarqués d'un Eddie géant et de la pyrotechnie mais aussi avec de l'interaction entre Bruce Dickinson et son avatar numérique sur l'hymne "Hallowed Be Thy Name" à la mise en scène travaillée.
Le groupe, fidèle à sa réputation et malgré le passage du temps, se donne à fond et les titres sont impeccablement joués pour le plus grand bonheur de l'Arena qui chante ces classiques intemporels. A noter la performance de Simon Dawson remplaçant du batteur historique Nicko McBrain ayant pris sa retraite l'an passé, et qui fait parfaitement le job.
Seul point négatif et souvent inhérent à ce genre d'espace gigantesque, le son n'est pas à la fête si vous êtes placé au-delà du premier tiers de la salle. Le son semble comme décalé et avec parfois de l'écho très désagréable. Outre le son, à cette distance et malgré les écrans géants, on ne peut vraiment pas voir grand chose et cela doit être encore plus frustrant en haut et au fond de la salle, et c'est bien dommage. La salle affiche complet sur les deux soirs mais tout le monde n'est pas au mieux pour profiter pleinement du spectacle, d'autant que la scène est étrangement petite par rapport au volume de la salle. C'est le problème de ces lieux hors norme comme les stades.
Bien sur il ne faut pas bouder son plaisir, que ce soit sur la setlist fantastique allant des débuts à "Fear of the Dark", période bénie, jalonnée de classiques du heavy metal, d'un niveau que le groupe ne retrouvera plus vraiment par la suite ; ou encore la générosité d'un spectacle global et la performance de plus de deux heures de ces musiciens, à un âge ou d'autres ne sont plus aussi vaillants. Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur la bête Iron Maiden qui prouve une nouvelle fois son intemporalité. Ce 19 juillet 2025 restera dans les mémoires, comme souvent avec ce combo majeur de la scène musicale, tous styles confondus. "Up the Irons forever" !
Photos : Arnaud Dionisio. Toute reproduction interdite sans l'accord du photographe.











































































