The Vision Bleak – Witching Hour

Cinquième album studio du combo allemand horrifique, entre metal gothique, indus et épique, ce The Witching Hour paru le 27 septembre chez Prophecy Records est attendu au tournant par les fans du duo formé de Allen B. Konstanz (chant, batterie) et Ulf Theodor Schwadorf (guitares, basse, choeurs).

Un an après la sortie du premier Ewigheim, et alors que le retour de Empyrium se fait de plus en plus concret (le DVD Live récemment paru devrait laisser place bientôt à un nouvel album studio), The Vision Bleak ne se met pas en pause, bien au contraire, nous proposant un disque quasi conceptuel consacré à des histoires de sorcières. On délaisse ici un peu les oeuvres de Lovecraft pour naviguer entre légendes et contes historiques ou traditionnels mettant en scène ces créatures. Mis rassurez-vous, l’ambiance torturée et noire qui sied au groupe reste de mise, nul ne sera déboussolé par le contenu de cette nouvelle livraison.

The Vision Bleak 2013

Dès l’entame du CD, nous sommes mis devant le fait accompli. The Vision Bleak décide d’habiller cet album d’une certaine lourdeur très metallisée, si l’introductif « Witching Hour » annonce une certaine inquiétude avec ses cordes frottées sur fond de glas et de vent qui se lève (un sample très Empyriumien d’ailleurs) avant qu’une flûte mystique ne s’en mêle, c’est en pleine face que nous ramassons le premier morceau. « A Witch Is Born » s’avère ainsi sans concession, quasi industriel et martial à la Rammstein (façon « Benzin » sur l’album Rosenrot) et sans grande variation. Le côté répétitif de l’album semble ainsi voulu et se retrouvera sur d’autres formes tout au long de la galette, que ce soit de façon hypnotique et fanômatique avec ce « Cannibal Witch » (consacré à Baba Yaga, une sorcière russe mangeuse d’enfants) qui gagne au fil des écoutes malgré son aspect binaire, ou alors en mode rapide propice au headbang via ce « Hexenmeister » des plus speed au refrain balancé façon formule magique et réhaussé de choeurs sombres. Ce morceau semble d’ailleurs être tiré du roman Faust de Goethe, tout comme la petite perle de l’opus, « The Blocksberg Rite », là où sur une montagne très brumeuseles sorcières se réunissaient lors de la Nuit de Walpurgis. Le côté rituel est ici magnifié par ce son de flûte très ennivrant et un chant de Konstanz des plus variés, le refrain parait simple mais il s’inscrit parfaiment dans la tonalité du morceau afin d’en faire un tube quelque peu inattendu.

Si The Vision Bleak s’en sort globalement, rajoutant à cela le très bon single « The Wood Hag » qui a par ailleurs servi de base à un vidéo clip très réussi, nous pointons cependant quelques frustrations de ci de là, ou quelques longueurs. C’est ainsi que l’album a quelque peu de mal à se conclure, bien que les deux derniers morceaux offrent globalement des moments forts intéressants. « Pesta Approaches » s’empare de l’auditeur avec une intro à la fois sombre et explosive qui s’intensifie vite au niveau du tempo et des orchestrations, tant est si bien qu’on se croirait revenu un temps à l’époque de Carpathia. Mais quelque chose cloche dans les couplets, bien que les échos ou chant murmuré s’avèrent bien pensé, la faute à un ralentissement qui ne prend pas aux tripes comme il le devrait. Quant à la conclusion « The Valkirie », elle a tout pour être merveilleuse, le chef d’oeuvre de l’album, à l’image d’un « The Charm Is Done »… mais non, les longueurs sont ici légions et contrastent totalement avec ce refrain éthéré magnifique et profondément épique que l’on croirait presque issu d’une composition d’Empyrium et que l’on se passerait volontiers en boucle.

« Out of the darkness, into the light… », l’album se conclut ainsi sur une note plus lumineuse après avoir été globalement plutôt sombre et assez agressif. Avec cet opus au son bien équilibré et plus axé guitares, The Vision Bleak efface le tantinet décevant Set Sail to Mystery et revient non loin de certains sommets. S’il n’atteint pas la grâce de Carpathia ou la variété de The Deathship Has a New Captain (on peut notamment regretter les absences de titres « accrocheurs » à la Pain comme un « The Lone Night Rider » qui rendit à l’époque le groupe assez populaire), il s’inscrit dans la continuation d’un The Wolves Go Hunt Their Prey et promet certainement de très bons moments en live. Cela tombe bien, puisque nous les retrouveront le 5 octobre prochain en compagnie de Saturnus et Dordeduh. Comme quoi, c’est pas sorcier !

Note : 7.5/10
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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