Soulfly – Savages

Savages : mieux, mais moyen
 

Après un basculement vers l’extrême catastrophique avec Enslaved, Soulfly ne pouvait que remonter le niveau. C’est le cas avec Savages, nouvelle offrande du projet de Max Cavalera. Si l’album n’atteint pas le niveau d’un Prophecy ou Dark Ages, l’album présente de meilleures idées et fait presque voyager à nouveau sur certains passages. Malheureusement, de nombreux défauts subsistent. Un disque qui dénote une amélioration sans pour autant faire crier au génie.

Depuis 10 ans, on remarque que Soulfly fait des albums de plus en plus agressifs. Si Max Cavalera avait commencé son projet là où s’était arrêté Roots de Sepultura (dernier album du groupe où il officie), chaque album depuis Prophecy fait un pas de plus vers l’extrême. La porte a été franchie avec Enslaved, que Max Cavalera décrit comme « le disque le plus extrême de Soulfly ». Avec Savages, l’intéressé a fait un pas en arrière en remettant dans sa recette « le groove qui participe à l’identité » du groupe.

Si Enslaved était aussi extrême que raté, on voit que Max Cavalera remonte aussi un peu le niveau concernant les compos. On a ainsi droit à des expérimentations de rock sudiste bien senties dans « Ayatollah of Rock ‘N’Rolla », où Neil Fallon (Clutch) fait des merveilles, des éléments ethniques qui se mêlent au thrash agressif de « Master of Savagery » et une magnifique partie acoustique sur « El Comegente », qui n’est pas sans rappeler « Kaiowas », morceau instrumental présent sur Chaos A.D. de Sepultura. De bonnes thrasheries sont à remarquer également, comme « Cannibal Holocaust ».

Cependant, quelques maladresses d’écriture subsistent. Au rang des déceptions, on retrouve le morceau final, « Soulfliktion », qui démarre sur les chapeaux de roues, mais qui est plombé par un final lourdingue et sans intérêt. A l’inverse, « Spiral », morceau plat et téléphoné, réveille l’auditeur avec un pont instrumental excellent qui n’a rien à voir avec le reste du morceau. Quelques compos mal dégrossies façon Enslaved sont malheureusement présentent sur le disque, comme « Bloodshed », mid-tempo d’ouverture fade et lénifiant, « Fallen », dont les rares bonnes idées sont noyées dans une mélasse de riffs amorphes, ou « K.C.S. », un morceau vide qui ne va nulle part.

Soulfly

Côté performance vocale, si le leader Max Cavalera a gardé son phrasé immédiatement reconnaissable, on regrettera la perte de rage et d’énergie dans son chant, dopé aux effets de studio. On peut reconnaitre une volonté destructrice dans certains passages (« Bloodshed », « Cannibal Holocaust »…) mais la voix peine sur la durée. Côté musiciens, Tony Campos fait le boulot à la basse et Zyon Cavalera, fils du leader, se débrouille plutôt à la batterie, sans pour autant faire tomber l’auditeur de son siège. Si Marc Rizzo, guitariste dans le groupe depuis 10 ans, arrive à offrir quelques pépites sur « Soulfliktion », on regrettera le manque de variété dans ses interventions, qui sont tout de même plus nombreuses et intéressantes que sur l’album précédent. On remarque que la prod de Terry Date, met tout l’orchestre à l’honneur, en donnant un aspect rouleau-compresseur maîtrisé.

La tribu Soulfly semble sortir quelque peu la tête de la fange avec un Savages qui rappelle par moments l’époque où le groupe faisait voyager. Si cet album est loin de l’exploit au regard de la carrière fructueuse de Max Cavalera, on sent une volonté d’avancer plutôt que de bourriner à tout va. Certaines compos efficaces et intéressantes risquent de faire leur petit effet sur scène. Reste à savoir si le groupe choisira les bonnes.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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