Nanowar of Steel – The Genghis Khan EP to End All Genghis Khan EPs

On vous avait déjà parlé il y a quelques semaines de l'actualité chargée de nos trublions italiens du metal avec leur tournée et leur nouvel EP. Et voilà que The Genghis Khan EP to End All Genghis Khan EPs sort ce 7 janvier. Que penser de cet opus qui nous propose quatre morceaux dont deux connus ?

Toujours dans le domaine parodique, le titre fait bien sûr référence à Sabaton mais également à la fascination que les metalleux ont pour Genghis KhanNanowar Of Steel a donc décidé de rendre hommage à ce personnage historique avec un premier titre qui rappelle forcément The Hu et Uuhai (ces derniers les accompagneront d'ailleurs lors de leur prochaine tournée). Les éléments mongols sont présents mais pas autant qu'on pourrait penser. Le style est plus du power classique à la Rhapsody (of Fire) le tout agrémenté par les growls de Enrico Di Lorenzo de Hideous Divinity en guest. Sans révolutionner le genre, mais ça on le savait déjà, le morceau passe tranquillement. Le gros problème reste le mixage des voix, problème assez récurrent chez Nanowar of Steel et qui nuit souvent à la compréhension des paroles et donc l'accès à la parodie. Avec les paroles sous le nez, on comprend bien que les Italiens ont fait quelques écarts quant à l'Histoire et n'ont pas eu le professionnalisme de Sabaton. Mais le but du groupe n'est-il pas de se moquer de tout ce côté sérieux du metal ?

Le groupe donne un coup de pied dans la fourmilière avec "Feet and Greet", un hommage aux pieds mais aussi à l'absurdité du système des meet and greet. C'est peut-être le morceau le plus intéressant, sorte de Rammstein avec son côté indus, ses mots scandés en allemand mais aussi une atmosphère très italo disco : on pourrait parler de Rammsteiffel 65. Avec l'intervention, chanteur saturé de Mikael Sehlin du groupe Amaranthe, le morceau devient un peu plus death et moins cliché power metal. Que dire des paroles et ses références nombreuses au fromage, aux chaussures, à des jeux de mots très très pourris mais tellement délicieux (Piedowar, Cradle of Feet). Bref, Nanowar Of Steel continue dans la même veine que d'habitude et grand bien lui fasse !

Les deux derniers morceaux explorent la facette geek du groupe avec un hommage au programme spatial italien "IRIDE" et au langage informatique "Kotlin". On connaissait son amour pour la programmation avec "HelloWorld.java", on reste dans le même thème. "IRIDE" est une vraie ode kubrickienne qui rappelle un peu les paroles du groupe Ayreon. Quand à "Kotlin", imaginez simplement Rhapsody chanter l'épopée, non pas de l'épée d'émeraude, mais de l'informatique. Finalement, le côté éducatif de Sabaton ressort énormément dans ce morceau qui reprend le même style que "HelloWorld.java", c'est à dire insérer des lignes de code dans les paroles. Pour la petite histoire, le titre avait été dévoilé en live lors d'une convention de développeurs au Portugal.

Au-delà des thèmes développés, Nanowar of Steel arrive quand même à nous faire voyager musicalement en quatre titres. Entre le côté folk du titre éponyme, les relents technos, le power plus néo-classique de Stratovarius ou le lyrisme de Rhapsody, on a de quoi se sustenter avec cet EP. Surtout que quelques soli de guitare sont bien servis notamment sur "IRIDE". Est-ce que cet album représente un bon en avant pour le groupe ? Bien sûr que non, on doute que le but de cette sortie est de mettre sur disque quelques morceaux déjà connus et surtout de lancer une tournée qui s'annonce intéressante.

Il y a déjà trois ans, les Italiens nous avaient bien fait marrer avec Dislike to False Metal et il faut dire qu'on était un peu en manque, malgré un double album live assorti d'un EP de bons fin 2024. Ce petit shoot de parodie fait du bien et nous montre que le groupe est toujours aussi facétieux pour parodier le metal avec bon goût et humour. Cet EP est à écouter sans prise de tête en compagnie du reste de la discographie et avec les paroles sous les yeux (et un traducteur pour les réticents à la langue de Shakespeare) pour bien comprendre les sous-entendus et les références multiples. Attention par contre : à force de parodier un style qui se répète, Nanowar of Steel va devoir se renouveler pour éviter un certain ennui à la longue. Pourquoi ne pas intensifier l'exploration d'autres styles puisque le groupe a le talent pour assimiler les clichés du power metal, et, il l'a déjà montré, d'autres genres très différents ?

L'EP The Genghis Khan EP to End All Genghis Khan EPs sort le 7 janvier sur le label Napalm Records et est disponible ici.

Tracklist

  1. Genghis Khan (The Genghis Khan Song to End All Genghis Khan Songs) 
  2. Feet & Greet
  3. IRIDE
  4. Kotlin

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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