Ce soir, au Nouveau Casino, le noir est de rigueur et le silence presque religieux à l’entrée en scène d'A.A Williams. Pas de nouvel album à défendre, mais une salle comble et suspendue aux premières notes d’un set aussi habité qu’atmosphérique. Entre nouveaux singles dévoilés quelques jours plus tôt et titres de Forever Blue, l’artiste anglaise a une nouvelle fois ensorcelé Paris, portée par une intensité fragile et une sincérité désarmante.
Spotlights
Fondé en 2013, le trio américain Spotlights, pas encore très connu en France, se distingue par un son très lourd et ambiant tiré tout droit du doomgaze et du sludge metal. Les membres du groupe Mario (chant, guitare), Sarah (basse, chant et guitare) et Chris (batterie) accompagneront A.A Williams durant toute sa tournée européenne, de quoi leur permettre de conquérir un plus large public sur notre continent.
Les membres du combo arrivent discrètement mais sûrement sur la scène du Nouveau Casino pour délivrer un set devant une salle plutôt bien remplie pour une première partie. Le seul bémol, c’est le son plutôt mauvais gâchant en partie le set des Américains. Le chant est à peine audible et les quelques solos de guitare se perdent un peu dans ce mix assez saturé… Pour le coup le son du concert ne rend pas honneur à ces solos qui sont largement plus appréciables à écouter en version studio.
Chris le chanteur explique qu’ils ont joué l’intégralité de leur premier album Tidals sorti en 2016 et plaisante en disant que si nous ne l’avons pas encore écouté c’est un bon début pour découvrir le groupe. En plus de ces 6 morceaux, le groupe réserve quelques-unes de ses chansons plus récentes au public, issues de Alchemy for the Dead (2023). On souhaite à Spotlights, qui devrait tourner de nouveau en France l’an prochain, un meilleur son durant leur concert.
A.A Williams
Comme à chacun de ses concerts, A.A Williams arrive toute vêtue de noir sur scène, verre à la main. L’artiste anglaise a beau ne pas présenter de nouvel album à l'occasion de cette tournée, la salle du Nouveau Casino est pourtant bien remplie et ce depuis le groupe Spotlights. D’emblée, le son est tout de suite bien meilleur, pour notre plus grand plaisir, la musique d’A.A Williams se voulant très atmosphérique et planante. Qui dit atmosphérique ne veut pas pour autant dire calme puisque la musicienne en viendra même à jeter son médiator par terre.
Pas d’album récent pour l’artiste mais deux nouveaux singles récemment dévoilés : « Just a Shadow », qu’elle joue dès l’ouverture du set, et « Wolves » qui arrive peu après. Pour ce dernier titre sorti très exactement le 4 février, soit 4 jours avant le concert, A.A Williams demande d’un ton très timide au public d’être « gentil » avec elle et ses musiciens. Pourtant ce single est joué sans faute, on en vient même à se demander s’il est réellement nouveau.
Malgré sept ans de présence dans le milieu, l’artiste continue à être très exigeante envers elle-même et à bien vouloir faire les choses. Cela se ressent à travers les quelques paroles qu’elle glisse au public, ou lors d'un petit souci techniquedû à une prise débranchée, détail qui semble angoisser la frontwoman et un de ses musiciens. Pourtant ce court incident est bien loin de gêner le set qui reprend rapidement avec l’interprétation de « Glimmer » tiré de son premier album.
Fidèle à son aura ténébreuse et à sa présence magnétique, A.A. Williams ensorcèle son public du premier au dernier instant. Chaque morceau semble suspendre le temps, enveloppant la salle d’une intensité à la fois fragile et puissante. Entre deux titres, elle confie à plusieurs reprises combien jouer à Paris compte pour elle, combien l’accueil du public français la touche et la rend sincèrement heureuse. L’émotion dans sa voix ne trahit rien d’autre qu’une gratitude profonde, presque pudique, qui renforce encore l’impact de ses compositions mélancoliques.
La setlist se poursuit avec plusieurs titres de son premier album, Forever Blue, dont « Dirt » et « Melt », portés par des montées en tension maîtrisées et une atmosphère toujours plus immersive. Puis vient « Evaporate », point d’orgue du concert : le clavier y enlace délicatement la guitare tandis que sa voix, tour à tour éthérée et habitée, plane au-dessus du public. Une conclusion tout en intensité qui confirme, une fois encore, la capacité d’A.A. Williams à jeter un sort à son auditoire et à laisser derrière elle une salle conquise, déjà impatiente de découvrir la suite de son parcours.
Setlist :
Golden
Just a Shadow
Splinter
Love and Pain
Wolves
Glimmer
Dirt
Pristine
As the Moon Rests
For Nothing
Melt
Evaporate
Photos : Sana Bsh
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