Cryptic Shift est un groupe britannique de thrash technique actif depuis 2011. Ce n’est pourtant qu’en 2020 que son premier album, Visitations From Enceladus paraît et bénéficie d’un succès d’estime dans le milieu underground. Il y a pourtant fort à parier qu’avec Overspace and Supertime, son nouvel opus, le quatuor va largement faire parler de lui et obtenir une reconnaissance méritée.
En effet, ce deuxième album a été composé sur une période étendue (près de six ans) mais à l’écoute de ces cinq pistes pour 78 minutes (!) on comprend aisément pourquoi. Dans une logique presque over the top qui rappelle la démarche des Américains de Blood Incantation (pas dans le même style cependant), les Anglais proposent des compositions fleuves, d’une durée comprise entre 10 et 30 minutes, brassant large et évoquant aussi bien Vektor et Voivod, qu’Atheist, Pestilence ou encore Nocturnus.
Pourtant, malgré la longueur des titres (en particulier de « Stratocumulus Evergaol ») les musiciens proposent un chapitrage et un découpage bien pensé des morceaux, alternant les ambiances et proposant de jolies respirations bienvenues. La démarche progressive de Cryptic Shift n’est toutefois pas uniquement liée à la durée des compositions. L’album raconte une histoire unique, dans une ambiance S.-F., bien mise en valeur par l’artwork, qui fait écho aux écrits de l’âge d’or de cette littérature (tour à tour les œuvres de Jack Vance, ou plus généralement des pulp magazines).
Alors certes, certains auditeurs frôleront certainement l’overdose à l’écoute d’un album si dense, et aux compositions si longues, où l’ambition démesurée est affichée dès le titre de l’oeuvre. Mais une fois celle-ci bien apprivoisée, ce ne sera que régal : on y retrouve pêle-mêle des riffs thrashisants up-tempo (et souvent dissonants) évoquant les meilleurs moments de Terminal Redux (dernier album de Vektor qui mine de rien remonte à...dix ans !) ou la folie de Voivod sur Killing Technology ; le chant de Xander Bradley qui rappelle celui d’un Kelly Shaeffer (Atheist) au top de sa forme ; des ambiances plus prog et posées (sur le morceau titre, on y retrouve même des parties jouées au thérémine par Mike Browning, batteur de Nocturnus) ; et surtout des passages jazzy dignes d’un Tony Choy (Atheist, Pestilence) à travers la basse fretless sautillante de John Riley (« Hyperspace Topography » à 4:07). Si la recette n’est pas nouvelle (Cryptosis l’a récemment remise au goût du jour), l’audace de sortir un tel album en 2026 et cette démarche totalement anti-conformiste nous plaisent particulièrement et risquent de rapidement faire parler de Cryptic Shift.
Une fois n’est pas coutume, pour un album aussi long et complexe, nous proposons une chronique courte, qui pourrait se résumer en ces mots : foncez, écoutez, adhérez, vous nous remercierez plus tard !
Tracklist
1. Cryogenically Frozen (09:24)
2. Stratocumulus Evergaol (29:26)
3. Hyperspace Topography (09:40)
4. Hexagonal Eyes (Diverity Trepaphymphasyzm) (10:05)
5. Overspace & Supertime (20:22)
Album disponible depuis le 28 février 2026 chez Metalblade records





