En 2019, Towering proposait son premier album, Obscuring Manifestation, un condensé de blackened death où l’agressivité du death metal côtoyait la grandiloquence et la spiritualité du black. Il aura fallu sept ans au quatuor parisien pour revenir, mais Towering affiche ici une forme olympique et a quelque peu fait évoluer son art dans des contrées plus torturées et noires.
C’est en effet la première impression que nous offre le combo, à commencer par la pochette de l’album où une silhouette humaine est prise dans un ouragan de noirceur. Cette œuvre picturale ne pouvait pas mieux annoncer la couleur de ces six titres. En effet, les compositions sont longues (un peu plus que sur le premier album, ici comprises entre six et neuf minutes), progressives, dissonantes et proposent un voyage dans les tourments de l’âme humaine à travers un rituel musical qui lorgne vers du Dodecahedron ou du Ulcerate, tout en restant plus lisible que ces références. La démarche fait d’ailleurs songer à Ulsect ou aux collègue de label de Supreme Void, dont le premier album est sorti l’an passé.

En effet, les riffs sont construits autours d’ambiances et de dissonances typiques du post death metal, mais là où de nombreux groupes du style peuvent parfois perdre l’auditeur dans les dédales qu’ils empruntent, Towering tend la main à qui veut la saisir pour nous emmener au bout de son voyage. Il en résulte d’ailleurs une œuvre d’un grande cohésion, très homogène et organique, qui résulte peut être de la stabilité du line up depuis toutes ces années (seul le bassiste a changé depuis le premier album). Car même si tous les titres ont été écrits par T.J.S, l’ensemble du groupe est au diapason. A ce sujet, le mixage (réalisé par Eloi Nicod de The Scalar Process et Dawohl) trouve le juste équilibre entre lisibilité des instruments et ambiances nébuleuses : on entend un ensemble massif sans se focaliser sur un instrument en particulier puisque les quatre musiciens forment un tout cohérent et uniforme.
Ainsi, il est particulièrement difficile d’isoler un titre en particulier ou de mettre en avant un morceau tant l’ensemble s’enchaîne parfaitement pour donner l’impression d’une seule et même grande œuvre, à écouter d’une traite dans un état second, presque méditatif. Le chant du leader se fait presque incantatoire, amène à la limite de l’asphyxie, avant que les longues plages instrumentales ne nous laissent de nouveau respirer.
Avec The Oblation of Man, son deuxième album, Towering propose une œuvre toujours dense, mais beaucoup plus travaillée que sur Obscuring Manifestation. Le groupe se détache de ses influences premières, parfois très nettes sur le précédent opus (Arkhon Infaustus, Necrowretch, Svart Crown, avec une touche de Gorguts et d’Emperor) pour proposer aujourd’hui un disque viscéral et beaucoup plus personnel.
Tracklist :
Ascetisicm (7:27)
To Die Once and Emerge (6:04)
Shattering Individuality (8:13)
The Devouring Presence (7:32)
Herald of the Black Sun (8:18)
Embrace Atonement (8:51)
Sortie prévue le 3 avril chez Dolorem Records
Photographie promotionnelle : DR / Dolorem




