Avec Wilderness of Mirrors, Myrath poursuit la mue amorcée avec Karma (2024) : un virage de plus en plus assumé vers un metal oriental aux accents cinématographiques, où chaque morceau semble pensé comme une scène entière.
Dès l’ouverture avec « The Funeral », le ton est donné. Le groupe joue sur plusieurs ambiances, naviguant entre tension dramatique et envolées plus lumineuses. Une entrée en matière presque narrative, comme un générique qui installe un univers riche et dense. Quant au deuxième titre, « Until the End », il frappe fort dès ses premières secondes : la derbouka (percussion membranophone) claque et impose immédiatement cette signature orientale qui fait toute l’identité du groupe. Le featuring avec Elize Ryd (chanteuse d'Amararanthe) apporte une dimension supplémentaire, mêlant puissance et contraste vocal avec efficacité. Un duo qui fonctionne naturellement, sans jamais paraître forcé.
Mais le véritable cœur de l’album, c’est sans aucun doute le morceau « Les enfants du Soleil ». Long de six minutes, c'est une véritable pièce maîtresse. L’introduction, portée par un chœur d’enfants, est tout simplement magnifique. Les voix viennent sublimer celle du chanteur Zaher Zorgati, créant une émotion immédiate. Puis tout explose : instrumentation riche, passages instrumentaux variés, solo de guitare étendu (Malek Ben Arbia), touches de piano (Kevin Codfert)... Le morceau condense absolument tout l’univers de Myrath et cela même en mieux ! A la fin du titre, lorsque les enfants reviennent, la boucle est bouclée avec une grâce rare. Cette chanson est un coup de cœur évident.

Credit Perrine Perez Fuentes
« Still the Dawn Will Come » surprend avec une entrée plus directe, presque explosive, avant de retomber dans une ambiance plus posée. Ce jeu de contrastes est omniprésent sur l’album et témoigne d’une vraie maîtrise du rythme et de la narration. Autre moment fort avec « The Clown » où le morceau se distingue par un passage en arabe particulièrement marquant et une atmosphère très cinématographique. Les arrangements évoquent presque une bande originale, renforcée par un solo de guitare efficace. Là encore, difficile de ne pas le classer parmi les coups de cœur.
Du côté de « Echoes of the Fallen », c’est le solo qui retient l’attention : précis, mélodique, parfaitement intégré. Quant à « Through the Seasons », il débute sur une touche très orientale, probablement portée par une flûte, avant de revenir vers un metal plus classique du groupe, agrémenté de quelques touches de voix criée en arrière-plan, discrètes mais bienvenues.
Globalement, Wilderness of Mirrors s’inscrit dans la continuité directe de Karma, mais en poussant encore plus loin les curseurs : plus de cinéma, plus de contrastes, plus d’émotions. Myrath ne se contente plus de mélanger metal et influences orientales. Le groupe raconte des histoires, construit des atmosphères et livre ici un album cohérent, riche et habité. Un disque qui confirme que le groupe tunisien a trouvé sa voie... et qu’il n’a pas fini d’explorer toutes ses nuances. Pour rappel, le groupe sera en tournée prochainement et passera notamment en France sur plusieurs dates.
Tracklist :
1. The Funeral
2. Until the End featuring Elize Ryd
3. Breaking Near the Roar
4. Les enfants Du Soleil
5. Still the Dawn Will Come
6. The Clown
7. Soul of My Soul
8. Edge of the Night
9. Echoes of the Fallen
10. Through the Seasons

Musisiciens :
- Malek Ben Arbia - guitare électrique
- Anis Jouini - basse
- Zaher Zorgati - chant
- Morgan Berthet - batterie
- Kevin Codfert - claviers
Sortie de Wilderness Of Mirror le 27 mars chez Verycords.










