SlaveOne – The Seraphic Conspiracy

Le deuxième album de SlaveOne, Omega Disciples, sorti quelques semaines avant la pandémie de Covid-19, pourrait correspondre à la bande-son idéale de cette période particulièrement angoissante : riffs oppressants, dissonance, mutations dans le son de la formation de death metal, le résumé idéal du début d’année 2020. Six ans plus tard, The Seraphic Conspiracy poursuit sur cette lancée et surpasse son prédécesseur. Introduit par un artwork de toute beauté (ce qui est à saluer à l’ère de l’IA), les quarante minutes de l’opus vont vous entraîner dans un tourbillon de noirceur aux atmosphères suffocantes, dont il sera difficile de ressortir.

Dès les premières notes de « A Sigil Traced with Coal », on retrouve ce qui nous avait tant marqués sur Omega Disciples, à savoir ce savant mélange de riffs post-death metal à la Gorguts période Obscura, de chant écorché comme un pont entre death et black metal et des compositions complexes sans être alambiquées. La production et le mixage de Frédéric Gervais rendent parfaitement hommage aux compositions et si ce n’est pas V qui assure les parties de batterie pour cause de ré-enregistrement (les explications se trouvent ici), Robin Stone (le batteur de session) se fond à merveille dans l’univers du groupe.

SlaveOne joue à fond sur les dynamiques, à l’image d’un « Daeva-Avestan Vortex » ou de « Ash-Covered Guru », qui alternent les phrasés mélodiques, les accélérations rythmiques et les passages plus lents et angoissants. I, le vocaliste, propose un chant tantôt guttural typé death metal, tantôt teinté de black metal à la Deathspell Omega. Le combo du Loiret met un point d’honneur à soigner son art noir et incantatoire, traitant de l’asservissement de l’être humain et les parties instrumentales comme les lignes de chant atteignent parfaitement ce but. Seule respiration potentielle dans ce tourbillon d’opacité, le morceau-titre instrumental sert de repère dans les méandres torturés du groupe.

Mais le point d’orgue de l’album se trouve dans la longue pièce « The Adversarial Path », divisée en trois parties, qui résume The Seraphic Conspiracy à elle seule. Un démarrage relativement lent (« Part 1 : Profane ») laisse la place à une partie 2 « Penitent », labyrinthique, avant une grosse cassure de rythme. Sur la partie finale « Theistic », plus dynamique encore, les déclamations en français de Frederic Gervais, tel un rituel obscur, renforcent l’impression de domination et ne laissent que peu de place à l’auditeur pour reprendre son souffle.

SlaveOne avait déjà osé l’exercice du chant en français sur son précédent opus, et réitère l’exercice pour un résultat plus que réussi sur « Après Nous le Néant », qui vient conclure parfaitement un album d’une qualité exemplaire, sur lequel chaque détail a été peaufiné avec soin. S’il semblait difficile de faire mieux qu’Omega Disciples, SlaveOne a ciselé son art noir et incantatoire à la perfection. A nous, Disciples, d’entrer dans le cercle.

 

 

Note : 8,5/10

Tracklist :

A Sigil Traced With Coal
Daeva-Avestan Vortex
Sulphur
The Seraphic Conspiracy
Ash-Covered Guru
The Adversarial Path Pt 1 : Profane
The Adversarial Path Pt 2 : Penitent
The Adversarial Path Pt 3 : Theistic
Après Nous le Néant

Album disponible depuis le 21 février 2026 chez Crypt of Dr. Gore
Photographie promotionnelle : DR SlaveOne

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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