Ihsahn – Das Seelenbrechen


A peine plus d’un an après Eremita, le pèlerin du black métal est de retour avec un nouvel album, intitulé Das Seelenbrechen. ( « la rupture de l’âme » en français) Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce cinquième effort solo risque de faire parler de lui. Cette fois, Ihsahn délaisse le métal progressif teinté de black qu’il avait développé jusqu’à présent pour se concentrer vers quelque chose qu’il voulait faire depuis longtemps : un travail de composition basé sur l’improvisation. Aidé seulement de Tobias Ornes Andersen (batteur de Leprous), Ihsahn nous livre un album expérimental à l’approche assez minimaliste.

Ainsi, on peut dire au revoir aux chevauchées épiques qu’on trouvait sur les précédents albums, Das Seelenbrechen est nettement plus posé. « Hiber », la chanson introductive, réalise une transition en douceur entre l’univers d’un Eremita ou After et le nouvel opus. C’est « Regen » qui nous plonge le vif du sujet, avec un magnifique crescendo commençant avec une sobre ligne de piano pour finir avec des chœurs et cuivres dantesques, instaurant un climat qui fera verser une petite larme (voire deux) aux inconditionnels d’Emperor période Anthems to The Welkin at Dusk.

 

Avec Das Seelenbrechen, le but assumé d’Ihsahn était de faire un album plus spontané et authentique, en laissant l’inspiration se manifester avec le moins de contraintes possibles. Il en ressort des compositions moins complexes et fouillées que par le passé, mais pas moins intéressantes pour autant. Ainsi, sur « Pulse », Ihsahn va se laisser tenter par des expérimentations électroniques, pour un très beau résultat qui se démarque bien de l’ensemble de son œuvre, allant lorgner vers les travaux d’Ulver.

 

Ihsahn, das Seelenbrechen, chronique, 2013,

On a du mal à être aussi enthousiaste lorsque le maestro nous livre ses compositions presque intégralement basées sur l’improvisation, avec une ambiance à la « The Grave », sans le sex-appeal du saxophone de Jorgen Munkeby. L’auditeur se fera donc son propre avis sur les sept longues minutes d’improvisation de « See », rappelant l’approche d’un Led Zeppelin II sur « Moby Dick » et la partie psychédélique de « Whole Lotta Love », en moins accrocheur. Il en va de même pour « Tacit 2 », enregistré en une seule prise, et qui fera sans doute plus hausser des sourcils qu’autre chose. On pourrait aussi être dubitatif à l’écoute de la première partie de « M », mais Ihsahn nous rappelle vite qui il est avec une rupture de rythme sublime, et un solo éthéré à la Opeth.

 

Ihsahn, Das Seelenbrechen, 2013, chronique,

L’ami Ihsahn aurait pu remplacer « See » et « Tacit 2 » par les deux chansons instrumentales et électroniques qu’on trouve sur l’édition spéciale de l’album, plutôt que d’infliger à l’auditeur ce qui devrait (probablement) rester dans le studio. Improviser, ça ne s’improvise pas : c’est là tout le paradoxe ! Mais ne boudons pas notre plaisir, tout le monde peut se réjouir qu’Ihsahn soit déjà de retour, avec un album qui, selon les propos du maître, n’est qu’une parenthèse salvatrice et pas un nouveau cap d’orientation musicale. Force est de constater de plus que Das Seelenbrechen comporte son lot de pépites, et que le norvégien est loin d’avoir dit son dernier mot dans le monde du métal.

Note : 7,5/10, arrondie au dessus si on prend en compte l’intention artistique osée.

Chronique par Tfaaon

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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