Hellfest 2026 – Papa Roach : une leçon de nu metal et de partage sur la Mainstage 1

Papa Roach – Jeudi 18 juin – Mainstage 1 – 21h15

Habitué du Hellfest, Papa Roach retrouve une nouvelle fois Clisson avec une mission de taille : chauffer la mainstage avant l'arrivée d’Alice Cooper et de Bring Me The Horizon. D’ailleurs, pour l'occasion du set de BMTH, la scène a été légèrement avancée jusque dans la fosse, un dispositif que Papa Roach va exploiter pleinement en multipliant les allers-retours au plus près du public.

Le quatuor californien ouvre les hostilités avec le récent "Even If It Kills Me", accompagné d'une belle débauche de flammes qui donnent immédiatement le ton. « Hellfest 2026, te sens-tu vivant ? » lance Jacoby Shaddix avant d'enchaîner avec un son impeccable. Derrière le batteur Tony Palermo, les écrans alternent entre effets rouges et verts volontairement décalés, créant une esthétique presque anaglyphe. Une partie de l'écran droit semble toutefois montrer quelques signes de faiblesse dès le début du concert avant de finir par être complètement éteinte plus tard dans le set, sans que cela ne perturbe réellement la prestation.

La machine Papa Roach est parfaitement huilée. "Blood Brothers", classique du groupe sortie en 2000, déclenche immédiatement les premiers pogos, sous les riffs de Jerry Horton (guitare) et Tobin Esperance (basse) tandis que "Dead Cell" et "...To Be Loved", agrémenté d'un clin d'œil aux Ramones avec un extrait de "Blitzkrieg Bop", entretiennent une énergie constante. Fidèle à sa réputation, Jacoby multiplie les interactions avec le public. Il réclame un "old school circle pit", confie adorer voir les fans crowdsurfer et descend régulièrement jusqu'aux barrières pour chanter au plus près de la fosse. Le chanteur montre également qu'il garde un œil attentif sur son public. Avant "Kill the Noise", il demande aux premiers rangs de reculer de quelques pas afin de soulager la pression sur les barrières. Une initiative saluée par les festivaliers avant de lancer un gigantesque wall of death.

Toujours aussi redoutable en live, "Getting Away With Murder" rappelle pourquoi elle reste l'un des moments forts de chaque concert de Papa Roach. Puis le groupe surprend avec "See U in Hell", introduit par une animation aux accents manga en noir et blanc et diffusée sur les écrans. Pour interpréter le morceau, Jacoby invite sur scène son fils aîné, Jagger Shaddix, qui assure les parties de chant avec une aisance impressionnante et un look évoquant par moments le rappeur Eminem.

Les racines californiennes du groupe sont ensuite mises à l'honneur avec une reprise de "California Love" de 2Pac, rapidement transformée en version metal. Le morceau devient l'occasion de présenter chacun des musiciens tout en faisant participer un public déjà totalement acquis à la cause des Américains. Jacoby en profite pour rappeler que le groupe joue pour la quatrième fois au Hellfest et affirme qu'il s'agit de leur meilleur passage sur le festival. "Liar" remet en lumière les influences hip-hop qui ont toujours nourri Papa Roach. Le chanteur organise un traditionnel sit down avant de faire bondir simultanément des milliers de festivaliers dans un jump collectif qui secoue toute la mainstage.

L'ambiance devient encore plus familiale avec "Braindead". En effet, cette fois, c'est Brixton Shaddix, le plus jeune fils de Jacoby, qui rejoint son père sur scène. Le jeune chanteur impressionne jusqu'à pousser quelques screams, pendant que les flammes embrasent une nouvelle fois la scène. Sa présence est excellente et rajoute un vrai plus à ce morceau. Ému, Jacoby lui adresse quelques mots : « C'est une bénédiction de vous avoir, toi et ton frère, sur cette tournée. Tout est une histoire de famille. » L'un des plus beaux moments du concert. Entre deux morceaux, le frontman annonce également le retour du groupe en France en fin d'année, avec des concerts prévus le 1er décembre à l'Adidas Arena de Paris et le 6 décembre à la LDLC Arena de Lyon. Il prend aussi le temps de chauffer le public pour Alice Cooper puis pour Bring Me The Horizon, sans oublier de demander une dernière fois : « Mais avant ça... vous voulez encore du Papa Roach ? ».

Alors que l'écran droit finit définitivement hors service, l'ambiance, elle, ne faiblit jamais. Un fan lance même une guitare sur scène pour tenter de la faire signer. Jacoby contemple ensuite l'immense foule massée jusqu'au fond du site avant de rappeler que tout cela n'était qu'un rêve lorsqu'ils répétaient à 16 ans dans leur ville de Californie. Il se souvient également que Korn fut le premier groupe à emmener Papa Roach en tournée, un hommage rapidement illustré par quelques riffs de "Blind". D'ailleurs, la fin du concert est une véritable déclaration d'amour au nu metal. Le groupe enchaîne un medley réunissant "Blind", "My Own Summer (Shove It)", "Break Stuff" et "Chop Suey!", avant de conclure avec l'inévitable "Last Resort". Comme si cela ne suffisait pas, le morceau accueille un court passage de "We Will Rock You", ultime prétexte pour faire chanter un Hellfest tout entier.

Vingt-cinq ans après ses débuts, Papa Roach prouve qu'il reste l'un des groupes les plus généreux de la scène nu metal. Une prestation énergique, fédératrice et profondément humaine, qui aura parfaitement préparé le terrain avant l'arrivée d’Alice Cooper et de Bring Me The Horizon.

Crédits Photos : Théo Durand Photography. Toute reproduction interdite. 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...