Kublai Khan TX – Samedi 20 juin – Warzone – 20h35
Avec Kublai Khan TX, inutile d'espérer souffler quelques minutes. Les Texans débarquent sur la warzone avec une seule ambition : transformer la fosse en un véritable champ de bataille. Devant une foule particulièrement dense, le groupe livre l'un des concerts les plus violents du week-end, où slams, moshs et headbangs s'enchaînent sans le moindre temps mort. Une prestation taillée pour les amateurs de two steps et de hardcore pur et dur.
Dès les premières notes, l'ambiance est donnée. Les slams deviennent immédiatement incessants. À peine un festivalier est-il porté au-dessus de la foule qu'un autre le suit déjà. Les agents de sécurité n'ont pas une seconde de répit tant les corps affluent vers les barrières. Face à cette marée humaine, le frontman Matt Honeycutt prend le micro : « vous êtes déjà allés au Texas ? En tout cas, nous, on vous en ramène un peu ici. On a fait toute la route depuis le Texas rien que pour vous. » Une déclaration qui résume parfaitement l'esprit du groupe : direct, sincère et sans détour. Quelques instants plus tard, il remercie chaleureusement les festivaliers. « Si on est ici aujourd'hui, c'est grâce à vous et au fait que vous avez acheté vos billets. Alors merci. »
Mais les discours restent brefs. Très vite, Matt demande au public une seule chose avant d'annoncer "Cannibal" : « Tout ce que j'attends de vous, c'est de secouer votre tête. » Une consigne immédiatement appliquée par une Warzone qui se transforme en immense océan de nuques en mouvement.
Musicalement, Kublai Khan ne laisse jamais retomber la pression. Les lignes de basse d'Eric English prennent une place particulièrement importante dans le mix et accentuent encore davantage cette sensation de lourdeur permanente. Lorsque résonnent les premières notes de "Self-Destruct", la fosse semble littéralement perdre le peu de raison qu'il lui restait. Les moshs gagnent encore en intensité, tandis que "Swan Song" poursuit ce véritable déferlement d'énergie.
Le groupe profite également de son passage pour interpréter son dernier single, "The Mountain of Corsicana", paru en septembre 2025. Intégré naturellement à la setlist, le morceau trouve parfaitement sa place parmi les classiques du groupe.
Impossible également de ne pas évoquer "Boomslang" ou l'implacable "The Hammer". Deux morceaux qui poussent encore d'un cran la violence de la fosse. Si vous aviez choisi de rester au milieu du pit, il y a fort à parier que vous en soyez ressorti avec quelques bleus en souvenir. Mieux valait être prévenu. La veille, Malevolence avait déjà offert un bel aperçu de ce que pouvait être un concert hardcore à la Warzone. Kublai Khan, lui, pousse le curseur encore plus loin. Ici, tout est pensé pour provoquer le chaos : les breakdowns, les tempos écrasants et l'attitude du groupe transforment chaque morceau en prétexte à une nouvelle bagarre bon enfant.
Le choix de terminer sur "Theory of Mind" s'avère aussi logique que frustrant. Logique, tant le morceau constitue une conclusion idéale. Frustrant, parce qu'il donne surtout envie que le concert continue encore quelques minutes tant l'intensité n'a jamais faibli. La setlist est particulièrement bien construite et ne laisse pratiquement aucun temps faible. On pourra simplement regretter l'absence de "The Truest Love", qui aurait sans doute trouvé parfaitement sa place au milieu de cette avalanche de riffs. Cela n'empêche pas Kublai Khan TX de signer l'un des concerts les plus physiques et les plus brutaux de cette édition du Hellfest, un set qui laissera probablement quelques courbatures et d'excellents souvenirs à ceux qui auront osé s'aventurer au cœur de la fosse.
Crédit photo : Théo Durand photography. Toute reproduction interdite.














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