Breaking Benjamin (+ Chevelle & Return To Dust) au Bataclan (07/07/26)

La nouvelle est tombée un jour d'hiver, et la neige a fondu pour laisser place à la canicule où la cohue s'est formée subrepticement pour le premier concert du groupe de metal alternatif Breaking Benjamin en France. C'est ainsi que ce 7 juillet, le Bataclan affiche complet pour un line-up totalement américain, avec en premières parties leurs amis de longue date, Chevelle, mais aussi le quatuor Return To Dust. Ce soir, il n'y a pas que dehors qu'il faisait chaud !

Return To Dust

Formé en 2022 et originaire de Los Angeles, le groupe Return To Dust débarque sur scène avec un rock grunge qui nous renvoie à l'ère des années 90, voire plus tôt. Cheveux longs au vent, les musiciens assènent une musique vibrante et énergique, notamment avec leur titre "Black Road". Les solos de guitares happent aisément le public dans leur univers teinté de rock'n roll. "How are doing Paris? Are we okay?" lance le chanteur Matty Bielawski.

Le public, peu réactif physiquement, montre néanmoins toute son attention pour le groupe sur scène. Les titres s'enchaînent et, malheureusement, se ressemblent aussi. Une diversité musicale plus grande aurait encore été appréciée, même si on salue la prestation du groupe. La cover de "Hey Ya" d'Outkast fait du bien en ce sens, offrant les premiers singalongs de la soirée ainsi que les applaudissements de la salle. Le groupe plaît mais ne fait pas sensation non plus. C'est bien dommage !

Chevelle

Au tour de l'iconique groupe Chevelle de fouler la scène. Ayant marqué principalement les années 2000 avec leur post grunge, les musiciens ne sont que trois mais savent très bien pourquoi ils sont là. Très à l'aise sur scène, leur énergie est presque magnétique. Le style musical se révèle efficace et n'est pas sans rappeler celui de la tête d'affiche du soir sur certains titres comme "An Island". Le chanteur Pete Loeffler lance un "Bonjour Paris, good to see you!".

La présence scénique de Chevelle n'est autre que le reflet de la carrière grandissante du groupe. Loeffler lance "I hope you know this song" avant de jouer "Self Destructor" tiré du neuvième album Niratias. A nouveau, le public reste timide mais on remarque néanmoins des fans venus soutenir le trio états-unien, à coup de headbang et de cornes du diable, mais aussi de fervents applaudissements.

Le groupe n'est pas pas bavard mais sait emporter l'auditoire de peu de mots. "Anybody remember the year 2002 ? This is called "The Red"." La foule est extatique suite à cette annonce. La musique jongle entre le heavy et la voix claire, un mélange détonant et captivant. "Merci beaucoup, that's all the time we've got for you!" termine le groupe avant de quitter la scène. L'attente est à nouveau fébrile avant de retrouver les non-moins célèbres Breaking Benjamin. Les micros prennent place les uns à côté des autres, prêts à recevoir les tant attendus Américains pour la première fois sur le sol français.

Breaking Benjamin

Pas le temps de souffler, le groupe démarre d'entrée de jeu avec "I Will Not Bow'. Tout le Bataclan chante à l'unisson et scande les paroles avec engouement. "Paris, France, how are you guys doing out here?". Les Américains viennent ce soir pour la toute première fois en France, et, pour l'occasion, le chanteur, Benjamin Burnley, a emmené son fils, âgé de 12 ans, officiant ainsi au chant et à la guitare. Le groupe est ravi d'être là, à voir les mains en forme de cœur que le chanteur adresse au public.

Les titres s'enchaînent et on déplore un manque de présence scénique des Américains. Cantonnés derrière leur micro, l'immobilité des musiciens surprend, alors qu'ils proposent une setlist variée retraçant l'ensemble de leur discographie, entre post grunge, hard rock et metal alternatif, qui s'étale sur deux décennies. Burnley offre des moments tendres avec son fils de temps à autres, sur des duos de guitares mémorables. Pourtant, le manque de communication avec le public se ressent.

Le groupe nous happe surtout grâce à l'agilité vocale de Burnley, entre un chant clair envoutant et des screams impressionnants, comme sur "Red Cold River", sur lequel on ne peut que saluer la performance. Un court interlude presque religieux, puis le célèbre "Blow Me Away" se fait entendre et la foule se déchaîne. Les hits s'enchaînent, tels que "Follow" ou "Angels Fall" qui conquièrent aisément le public. La pression redescend d'un cran sur "You" qui enchante le Bataclan. Sur cette ballade à la limite du stoner, le chanteur en profite pour prendre son fils dans ses bras.

"Polyamorous", doté d'un côté plus pop et d'un style presqu'à la Limp Bizkit, fait sauter la fosse comme jamais, tandis que "Dear Agony" pose les bases et ouvre les cœurs. "Paris, are you guys having a good time out there?" demande le leader au public. Il présente le morceau "Something Wicked", récemment sorti (après huit ans sans nouvel album, et deux ans après le dernier morceau inédit) et nous raconte que son fils ici présent fait la partie chuchotée du titre, ce qui en impressionne certains dans la salle.

Mais il va sans dire que l'un des moments forts de la soirée arrive avec le morceau "Breath". La chanson, un des titres phares du groupe, secoue la salle du Bataclan, les téléphones se lèvent pour capturer le moment et le refrain résonne fortement entre les murs. "Dance With The Devil", initié à la guitare presque religieusement, rejoint cet esprit énergique et le premier crowdsurf se fait apercevoir. La salle, enjouée, se lance dans les fameux "Oh oh oh", des acclamation se font entendre, et les membres du groupe affichent des sourires radieux, comme surpris de cet accueil à la française..

Burnley profite de cette accalmie pour expliquer à quel point il est heureux de tourner aux côtés de Chevelle, groupe inspirant de sa jeunesse, pour qui il a énormément de respect. Il explique dans une autre mesure la raison pour laquelle c'est leur première date en France, avouant sa phobie de l'avion et son arrivée par bateau sur le continent européen.

Il est temps désormais de jouer le titre phare du groupe, celui qui l'a révélé au monde : "The Diary of Jane". Il va sans dire que tout le Bataclan attendait ce moment avec impatience. L'enthousiasme est présent, les cris des fans se font entendre et le refrain est repris avec force et amour.

Le concert se termine ainsi, et avec lui un sentiment doux amer : la satisfaction d'avoir enfin vu Breaking Benjamin jouer en France et d'avoir assisté à une performance de qualité, mais également une certaine déception de ne pas avoir vu beaucoup d'interactions avec les fans de la part du groupe américain.

Live Report & Photos: Emma Forni. Toute reproduction interdite. 



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