Exivious – Liminal

Après un album de (très) haute volée réussissant de manière audacieuse à mélanger métal, jazz et fusion, les savants fous d’Exivious sont de retour pour un deuxième album intitulé Liminal, qui sortira le huit novembre sur le label Season of Mist. Et tout porte à croire que le label marseillais a flairé le bon filon en les signant. En effet, Liminal est une nouvelle confirmation du talent de ce combo hollandais, qui arrive à garder sa signature musicale tout en proposant un album qui démontre une volonté d’évolution.

Les personnes qui avaient eu mal à la tête en écoutant le premier album d’Exivious seront heureuses d’apprendre que Liminal est nettement moins complexe et dérangeant, que ça soit dans la structure des chansons, le rythme ou même l’harmonie. Des chansons comme  « Alphaform » ou « Movement » témoignent clairement de cette volonté de simplification, avec des mélodies soignées et un ton allant lorgner vers le post-rock.
 

Les compositions casse-têtes n’ont pas disparu pour autant, et on pourrait dire « heureusement », car c’est un élément essentiel de la personnalité musicale d’Exivious. Des harmoniques torturées de « Triguna » aux rythmiques alambiquées de « Immanent », vous aurez droit à votre lot d’expérimentations musicales réussies et inventives. Les amoureux de Cynic période Traced in Air auront même droit à un petit cadeau appelé « One’s Glow », qui aurait presque pu figurer sur l’album en question.
 

Exivious, Liminal, chronique, 2013,


Instrumentalement, sans surprises, le quatuor est au top. Aux fûts, Yuma van Eekelen arrive à faire oublier la présence de Stef Broks (Textures) sur le premier album, et assure une performance classe, puissante et maîtrisée. Chaque instrumentiste peut être entendu avec distinction, et mis en valeur par un mixage chaleureux et musical : aucune faute de goût n’est à relever.
 


L’écoute du chef d’œuvre « Deeply Woven » pourrait en fait bien résumer ce que représente Liminal : une musique élaborée et intelligente, mais toujours pensée dans la perspective d’une écoute agréable, avec une énergie débordante et un groove implacable. Exivious se paye aussi le luxe d’inviter le saxophoniste Jonas Knutsson à jouer un superbe solo sur cette chanson. Ce dernier  s’était illustré sur Sol Niger Within, le référentiel album solo de Fredrik Thordendal (Meshuggah), et n’a visiblement rien perdu de sa verve, venant ainsi ajouter à l’album une épice supplémentaire de choix.

Exivious a donc passé avec succès l’étape du deuxième album. Liminal est une pure réussite, qui arrive à maintenir l’intérêt de l’auditeur de la première à la dernière seconde. C’est probablement un des meilleurs albums de rock/métal instrumental de l’année avec The Migration de Scale The Summit. Qui sait, il amènera peut être des amateurs de métal vers le jazz, et des férus de jazz vers le métal ? Chapeau bas !
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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