Tribulation – The Formulas of Death

La parfaite formule du Death ?

La Suède nous a habitué depuis de nombreuses années à de nombreux groupes de qualité en matière de death metal, proposant souvent une empreinte si particulière, mélancolique et poétique. Tribulation est un jeune groupe issu de cette scène (The Formulas of Death est son deuxième opus), oscillant entre death metal, progressif et une légère touche de black. Le groupe propose onze titres sur cet album pour une heure et quart de musique. Autant dire que nos suédois aiment les longs titres.

Dès le premier titre de l’album, l’instrumental « Vagina Dentata »,  on sent que l’on va être happé dans un univers particulier, débutant avec une douceur et une mélancolie presque malsaine avant que ne déboulent des riffs évoquant les premières heures de Black Sabbath. Après cette introduction réussie, l’album démarre réellement avec le violent « Wanderer in the Outer Darkness ». Sur ce titre, nous pouvons enfin apprécier la voix de Johannes Andersson (Basse, Chant), oscillant entre growl et hurlements. La production rappelle par moment les premiers Opeth (particulièrement My Arms, your Hearse) avec cette froideur propre aux groupes Suédois. Cette violence maîtrisée se retrouve notamment sur « Spell » ou sur « Through the Velvet Black » et son blast de batterie. C’est particulièrement sur ce dernier titre que l’influence Black metal se fait plus sentir (on pense en particulier à Love Lies Bleeding ou Emperor). Les guitares de Jonathan Hultén et Adam Zaars sont uniquement là pour poser une ambiance, et les soli se font mélodiques, comme de longues complaintes.

Des titres plus intimistes sont disséminés tout au long de l’album tel « Night », et son thème au piano de toute beauté. Les passages progressifs sont légion dans ce disque et revendiquent l’héritage de Landberk ou Nordagust, mettant l’accent sur les ambiances et évoquant les paysages de ces contrées nordiques. Le groupe ne tombe pas dans le piège de l’alternance chant clair/chant death trop utilisé ces derniers temps, préférant laisser les instruments parler sur les passages plus calmes. La voix death est disséminée avec parcimonie tout au long de ce Formulas of Death, n’apparaissant que lorsque cela est nécessaire (« Suspiria » et ses 10 minutes au compteur hypnotisant littéralement l’auditeur). La longueur des titres permet vraiment à l’ambiance de s’installer, prenant l’auditeur à la gorge et le faisant entrer presque instinctivement dans l’univers de Tribulation (« When the Sky is Black with the Devils »). Et si cela est réussi sur album, nul doute que c’est en live que la magie risque d’opérer réellement.

Mais le point fort de l’album est sans aucun doute le dernier titre, « Apparition », très progressif, qui du long de ses 13 minutes conclue l’album en proposant une synthèse de tout ce que nous avons entendu jusqu’alors. Son final instrumental d’environ 6 minutes reflète une dernière fois la beauté noire de cet opus.

L’album est assez (voir très) long, ce qui aurait pu constituer le point noir du disque, or il n’en est rien, l’écoute restant agréable du début jusqu’à la fin. La seule insatisfaction viendrait surement de la production, qui sonne un peu datée  et froide (malgré la référence évoquée plus haut), ainsi que par la présence de « Randa », un titre un peu en dessous du reste de l’album. Mais ne nous y trompons pas, cet album reste une belle réussite et l’on parie que le groupe fera prochainement parler de lui. Avec son mélange Death/Black/Prog, échappant à toute étiquette, Tribulation aurait-il trouvé la bonne formule du Death ?

Note : 8,5/10
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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