Illuminati – The Core

Illuminati…si ce nom n’évoque rien d’autre pour vous que les théories du complot et les romans ésoterico-policiers de Dan Brown, c’est normal. Il s’agit d’un groupe de techno-death roumain, encore inconnu dans nos contrées mais dont le premier album vient de voir le jour.

Avec des invités de prestiges tels que Dan Mongrain (Voivoid, Martyr), Tymon Kruidenier (Ex-Cynic, Exivious), Mike Browning (Nocturnus), Patrick Mameli (Pestilence) Kelly Shaefer et Tony Choy (Atheist) ou encore Luc Lemay (Gorguts, Negativa), nous ne pouvions pas passer à côté de cet album. Et si la liste des guests donne l’eau à la bouche pour les amateurs de death technique, le contenu n’en est pas moins alléchant.

L’album s’ouvre sur « Please Lose », sur lequel le growl profond de Patrick Mameli (Pestilence) fait des merveilles, le néerlandais complétant très bien le chant d’Andrei Popa.

Construit autours de six titres, pour autant d’interludes, l’album se veut un hommage à la scène death des années 90. Si les influences sont évidentes, le trio propose une musique malgré tout personnelle et de qualité. Qualité tout d’abord d’un point de vue de la production, claire et précise (impressionnant pour un premier album autoproduit), permettant de distinguer chaque instrument de manière remarquable (écoutez donc la basse de Tony Choy sur  « Sea of Consciousness », qui groove comme sur Unquestionable Presence des américains d’Atheist). Les musiciens sont écœurants de maîtrise (les plans d’Andrei Popa  – chant, guitare – et de Petre Iftimie – guitare lead – subliment les compositions du trio). Matei Tibacu se permet même le luxe d’assurer avec brio la batterie et la basse, proposant une section rythmique maîtrisée.

Si les morceaux du groupe sont complexes en terme de structure, ils n’hésitent pas à faire la part belle à des passages plus aérés et jazzy (« Please Lose », « Gulliver’s Extraordiary Journey ») sur lesquels la basse et la batterie ont tout le loisir de s’exprimer.

Les invités s’approprient chacun des titres, si bien que par moment, on a l’impression d’entendre un inédit d’Atheist (« Sea of Consciousness »), de Martyr (« Gulliver’s Extraordinary Journey ») ou encore de Gorguts (« Domino Spine »). Kelly Shaefer nous gratifie de son timbre si particulier, à moitié hurlé sur « Sea of Consciousness » pour ce qui est certainement le titre le plus réussi de l’album.

Les interludes apportent un peu de calme après les avalanches de riffs et de plans impressionnants des titres principaux. Ils sont généralement constitués d’improvisations jazz sur lesquelles les musiciens dialoguent (en roumain) comme s’ils étaient en salle de répétition, ce qui permet à l’auditeur de se sentir dans un cadre plus intime, généralement peu mis en avant par les artistes.

Cerise sur le gâteau, le groupe propose une reprise à la fin de l’album, et pas des moindres puisqu’il s’agit du « Unquestionable Presence » d’Atheist. Si le morceaux est parfaitement exécuté, il manque peut être la patte d’Illuminati, si particulière.

Cet album, bien que proposant une musique ancrée dans les années 90, sait mettre en avant les qualités techniques des musiciens tout en montrant une réelle personnalité de la part des roumains. Si la liste des invités est un atout considérable pour Illuminati, le groupe ne se contente pas de copier et propose un death frais à l’heure où ce style a tendance à s’enfermer dans le « toujours plus fort et violent ». Avec The Core, Illuminati frappe un grand coup et se pose en sérieux challenger pour l’album death de l’année. Un groupe à suivre de très près.

Note : 9/10

 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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