Orphaned Land au Divan du Monde (07.11.2013)

Le metal au service de la paix

Orphaned Land a opéré son retour dans les salles françaises après sa tournée couronnée de succès en 2011 et son passage au Motocultor en 2013. Avec un nouvel album sous le bras, les Israéliens sont revenus prêcher la paix avec un groupe palestinien, Khalas, et deux groupes français, The Mars Chronicles et Klone, pour renforcer son message d’union des peuples. La Grosse Radio vous offre un témoignage de cette union hors-normes qui a offert un concert exceptionnel et fait salle comble à Paris.

The Mars Chronicles

Premier groupe à jouer de la soirée, The Mars Chronicles évolue dans un genre de metal alternatif aux forts acents modernes. Tout de blanc vêtus, avec le visage poudré pour mieux faire ressortir leurs lentilles noires, les quatre musiciens français envoient une musique relativement posée, qui met plus en valeur les ambiances oniriques que les rythmiques énervées.

The Mars Chronicles

De fait, les musiciens comme le public ne se montrent pas très mobiles. Seul le chanteur et guitariste Devy Diadema se démène à grand renfort de headbangs et autre chorégraphie dont il a le secret pendant que Yann Morvant et Sébastien Ollive ressortent sagement leurs parties. Derrière sa batterie, Morgan Berthet, qui avait déjà tourné avec Orphaned Land en assurant la batterie pour Myrath, se montre toujours aussi appliqué.

Si la musique de The Mars Chronicles n’a pas provoqué de mouvements de foule, le public, ouvert d’esprit, n’a pas hésité à les acclamer et à redoubler d’entrain lorsque Chen Balbus, guitariste rythmique d’Orphaned Land, est venu se joindre à la troupe pour interpréter « Hell Is Born ». Un bien jeune groupe (formé en 2012) qui a su convaincre quelques personnes dans l’assistance.

The Mars Chronicles

Setlist :

Constant Show
Abyss
Transcending the Stone
Scars of Age
Hell is Born [avec Chen Balbus]

Khalas

Il est maintenant temps de faire monter le tempo et d’installer une ambiance plus festive au Divan du Monde avec l’arrivée de Khalas, groupe palestinien bien décidé à faire remuer la foule présente avec son « arabic rock n’roll », scandé par le chanteur Mahmoud Shalabi. Une remarque bien pertinente car la musique du groupe se rapproche bien plus du rock que du metal du reste des groupes qui jouent ce soir.

Khalas

Mais la musique orientale est vraiment l’élément le plus présent dans la tambouille présentée par Khalas. Entièrement chantés en arabe, les titres font voyager l’auditeur dans les confins de l’orient, dans une ambiance urbaine et chaleureuse, renforcée par les images qui sont projetées sur l’écran au fond de la scène. Simples et accrocheuses, les compos mettent en avant des mélodies orientales enivrantes servies par le feeling du guitariste Abed Hathout.

Dans la fosse comme sur scène, l’ambiance est festive au possible. Les musiciens dansent entre eux, ne perdent jamais leur banane pendant la demi-heure qui leur est impartie. Mahmoud Shalabi n’hésite pas non plus à harranguer la foule, qui acclame le groupe a tout rompre, notamment lors de la dernière chanson « Haz El Adala », sur laquelle est invitée Kobi Fahri, frontman d’Orphaned Land.

Khalas

Une découverte appréciable qui concrétise une union symbolique entre les Palestiniens de Khalas et les Israéliens d’Orphaned Land, qui peuvent continuer ainsi à diffuser leur message de paix.

Setlist :

Amoona
Ala Remshe
1001 nights

Mejwez
Bdek Za’afe
Haz El Adala [avec Kobi Farhi]

Klone

Retour au metal moderne français avec Klone et le retour de Morgan Berthet à la batterie, qui remplace Florent Marcadet sans que cela ait l’air de trop lui poser de problème. Le groupe comprend aussi ce soir pour la dernière fois de la tournée Julian Gretz (guitariste de Dwail) à la basse, qui laisse sa place à Jean-Etienne Maillard, bassiste permanent.

Klone

Ces remplacements n’empêchent pas aux musiciens d’assurer comme des petits chefs, en servant leur metal moderne élégant et soigné, parsemé d’éléments progressifs ça et là. Au-dessus de cette mêlée musicale bien orchestrée, le chanteur Yann Ligner complète les compos avec un chant clair trainant classieux et qui offre un pendant mélodique intéressant.

Devant les cinq français, le public, déjà bien chauffé par les deux groupes précédents, ne dissimule pas son entrain et bouge sagement en acclamant le groupe comme il se doit. Dans un Divan du Monde bien rempli, l’ambiance est électrique sans être bordélique et accueille bien l’ensemble du set équilibré de Klone, composé en grande partie de chansons des deux derniers albums du groupe, The Dreamer’s Hideway et Black Days.

Klone

Dernière ligne droite avant la tête d’affiche de la soirée, Klone a su en 45 minutes finir de chauffer le public dans une ambiance raffinée mais sans jamais oublier de rythmer ses compos.

Setlist :

The Eye of Needle, Part 2
Give Up the Rest
All Seeing Eye
Immaculate Desire
Rocket Smoke
The Dreamer’s Hideaway
Army of Me [reprise de Björk]

ORPHANED LAND

C’est désormais au tour des Israéliens de faire leur grand retour à Paris pour promouvoir leur dernier bébé, All Is One, moins agressif que les albums précédents, mais toujours intense et sans oublier de mettre en avant l’aspect oriental de sa musique, partie intégrante de son identité. 

Kobi Farhi Orphaned Land

Ainsi, Orphaned Land commence et finit son set avec des chansons chantées en hébreu : « Through Fire And Water », du nouvel album et le classique « Norra el Norra ». All Is One est bien représenté dans la setlist, avec sept chansons extraites dispatchées tout le long du set, avec notamment « Our Own Messiah », jouée avec Devy Diadema de The Mars Chronicles et Children, interprétée avec Sébastien Ollive du même groupe et dédiée aux enfants qui subissent les affrontements en Syrie.

Yossi Sassi Orphaned Land

Toujours profondémment attaché à ses messages de paix, le frontman bien en voix Kobi Farhi multiplie les discours pacifiques entre les chansons, en mettant en avant le fait qu’Israéliens et Palestiniens arrivent à vivre ensemble dans un bus et réussissent ainsi là où leurs « gouvernements ont échoué ». Son message d’universalité entre les peuples est toujours présent, avec cette idée que les hommes sont tous frères et que la meilleure religion est la musique.

Ces messages pacifiques sont aussi et surtout contenus dans les chansons bien interprétées par chacun des musiciens, notamment la paire de guitaristes Yossi Sassi et Chen Balbus. Le premier, toujours au poste de leader, fait crier et pleurer avec maestria sa bouzoukitara, instrument qui réunit bouzouki (genre de luth typiquement oriental) et guitare électrique, et qui symbolise ainsi le trait d’union musical que représente son groupe. Le second, fraichement arrivé dans Orphaned Land après le départ de Matti Svatisky, se montre talentueux et exécute même quelques solos du maître. Côté rythmique, Uri Zelha, bassiste headbangueur à la barbe toujours aussi hirsute, et Matan Shmueli, batteur enjoué, se montrent toujours aussi carrés, mais savent aussi faire dans la fantaisie, comme le dernier, qui ponctuera le set d’un solo efficace.

Uri Zelha 2013

Côté public, l’ambiance est toujours à la fête. Le caractère chaleureux de la musique du groupe est parfaitement transmis à l’audience qui a remplit le Divan du Monde et qui se retrouve ainsi plongé dans une atmosphère festive et apaisée, en parfait accord avec le metal pacifiste présenté par Orphaned Land. On remarquera que le set, orienté vers les titres post-reformation du groupe est adapté au public, qui se montre moins réactif sur les chansons plus anciennes que sont « El Meod Na’Ala » et « The Beloved’s Cry ».

Avec une performance musicale à toute épreuve et des nouvelles compos qui passent avec brio l’épreuve du live, Orphaned Land montre qu’il mérite tout à fait son succès lors de cette tournée placée sous le signe de la paix, avec une volonté d’unir les peuples à travers la musique toujours intacte.

Chen Balbus Orphaned Land

Setlist :

Through Fire And Water
All Is One
Barakah
The Kiss of Babylon (The Sins)
The Simple Man
Brother
Birth of the Three (The Unification)
Olat Ha’tamid
Let the Truce Be Known
Sapari
Ocean Land (The Revelation)
Drum Solo
Our Own Messiah [avec Devy Diadema de The Mars Chronicles au chant]
Children [avec Sébastien Ollive de The Mars Chronicles à la guitare]
El Meod Na’Ala
In Thy Never Ending Way

Rappel :

The Beloved’s Cry [Kobi and Yossi seuls sur scène]
Norra el Norra (Entering the Ark) / Ornaments of Gold

Photos : © 2013 Olivier GESTIN / INTO The PiT Photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
Egalement un grand merci au webzine rock your life pour les photos.



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