Voyager – I Am the reVolution

Les australiens de Voyager, oeuvrant dans un metal progressif très inspiré, nous reviennent cette année avec leur 3ème album studio. « I am the reVolution », tel est son nom, sortira officiellement ce vendredi 25 septembre 2009 chez Dockyard 1 Records. Que nous ont donc réservés la bande à Daniel Estrin, le maître à penser chanteur-claviériste du groupe ?

Ce « I am the reVolution » s’avère être album qui se dévore d’une traite, sans sourciller, tant les morceaux forment un certain bloc, inter-agissant les uns aux autres dans une continuité à la fois relaxante et excitante. Plein de mélodies, quelques expérimentations tantôt prévisibles tantôt inattendues, un chant toujours aussi habité et changeant, des arrangements entre electro, pop, ambiant, indus et parfois limite techno… Le tout pour un metal progressif moderne et « new age », parfois difficile d’accès et baignant dans diverses influences pouvant satisfaire un bon nombre de metalleux tout en les désarçonnant. Il y a beaucoup de choses à dire sur cet album, peu évident à décrire en quelques lignes… Je m’en vais donc risquer un rapide track by track tout en essayant de retomber sur mes pieds, chose très difficile avec un opus aussi varié :

1) On démarre par « Land of the Lies », très catchy, parsemé de voix extrêmes un poil « coreuses », un titre qui sonne parfois très Soilwork (une des nombreuses influences du groupe) mais qui garde son identité propre – avec ce solo clavier rappelant les glorieuses heures de « Element V » (le premier album de Voyager).

2) « Common Ground » et son introduction très synthétique, ses mélodies bien huilées et son solo tout en envolée… Un deuxième tube enchaîné, nous voici bien partis !

3) Le morceau « Lost » et son côté electro-progressif accrocheur un peu plombé dans sa stucture mais toujours teinté de ce charme atmosphérique qui fait le talent et l’identité propre de Voyager

4) « The Devil in Me », aux superbes accroches vocales, chanson toute en délicatesse qui nous laisse planer au milieu de quelques accélérations bien placées… Un véritable single en puissance !

5) « Close Your Eyes » et sa touche limite electro-pop qui confère un charme inattendu à un morceau qui ne devrait pas me plaire à la base. Et pourtant… Refrain qui saisit par une efficacité simple, chanson qui coule fluidement dans nos oreilles.

6) « Total Existence Failure », plus directe, toute en riffs saccadés et donc résolument metal… mais le clavier electro-synth-pop de Daniel Estrin est toujours là, comme pour apaiser ce côté agressif qui monte tout au long de la chanson.

7) Speedons un peu avec l’introduction de « Straight to the Other Side », car le rythme s’accélère et les voix death reviennent jusqu’au refrain qui reste en tête dès la première écoute. Daniel Estrin s’amuse ici de sa voix caverneuse pour une narration sur fond de clavier-accordéon tango… Etonnant non ?

8) « In My Arms », la ballade de l’album, aux touches cosmique, aux influences flamenco, une réussite ultra émotionelle qui n’est pas sans nous rappeler les grandes heures d’Anathema (surtout au niveau du final toute en délicatesse). Un véritable coup de coeur…

9) Dur d’enchaîner, « Times Like These » assure pourtant bien ce rôle. Un morceau complexe, très progressif, qui fait réfléchir… et nécessite ainsi plusieurs écoutes ! Révélant ici le côté technique de Voyager, notamment sur quelques passages que Pain of Salvation n’aurait pas reniés…

10) « On the Run from the World », ou l’art délicat de nous apaiser après un titre précédent assez « extrême » dans sa composition ? Oui et non. Disons que la complexité s’atténue (un peu), mais on entre à nouveau dans un registre plus direct/agressif – Daniel Estrin revenant en dualité voix extrême/voix claire jusqu’à un refrain une nouvelle fois hyper accrocheur. Mais le tout reste diablement progressif et electro/ambiant…

11) « Without a Sign »… un interlude de moins de deux minutes placé en avant-dernière position d’un album, voilà qui ajoute donc à l’originalité du groupe. Tout en chant ambiant/electro/aerien sur fond de synthé indus/cold wave/new age… non, aucune guitare ici, juste une évasion… un prélude à la fin du voyage…

12) « I am the reVolution »… Intro magnifique, riffs très efficaces, dualité des voix, mélodies complexes mais imparables, cette conclusion d’album s’avère on ne peut plus réussie. Sans oublier ce solo absolument dantesque… et cette émotion latente qui prend aux tripes.

Au final, où donner de la tête ? Oui, ce « I am the reVolution » a tout pour troubler l’auditeur. Mais on ne peut rester insensible devant le style aussi varié d’un groupe qui n’hésite pas à piocher ici ou là ses influences afin de se créer une identité propre, quelque peu hybride, mais somme toute d’une cohérence implacable.

Voyager

N’ayez cependant pas peur de l’electro, de la musique ambiante ou atmosphérique, du chant extrême, des tonalités parfois dignes de A-ha, en bref ne vous attendez en aucun cas à un album « simple ». Mais faites-moi confiance, vous pouvez vous laisser transporter par cette petite révolution musicale qui figurera très certainement parmi les meilleures sorties de l’année 2009…

Ma note : 9/10

(Il est à noter qu’une interview de Daniel Estrin devrait suivre d’ici ce week-end, une exclusivité pour « La Grosse Radio Metal » !)

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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