Pestilence – Obsideo


Pestilence, un album qui sent mauvais? 

Après un Doctrine (2011) en demi teinte, Pestilence est de retour avec leur troisième album depuis leur reformation de 2008. Si la qualité des albums sortis depuis avait laissé un gout amer aux fans, quant à l’intérêt de cette reformation, qu’en est-il de cet Obsideo ? Redressera-t-il la barre par rapport à ces prédécesseurs ?

Tout d’abord, le line-up a encore changé depuis la réintégration de Jeroen Paul Thesseling (Obscura), bassiste ô combien talentueux mais sous exploité sur Doctrine. Ce dernier a encore quitté le navire Pestilence, tout comme Yuma Van Eekelen (batterie) parti rejoindre Tymon et Exivious. C’est donc Dave Haley (Psycroptic) qui s’occupe de marteler les fûts et Georg Maier qui tient la basse sur ce nouvel album des Néerlandais.

L’album s’ouvre sur des battements de cœur et des bip d’électrocardiographe, qui s’espacent jusqu’à simuler un arrêt cardiaque (cela présage-t-il la mort artistique du groupe ? Pour affirmer cela, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas tout de suite). « Obsideo » démarre, avec un riff syncopé sur lequel le chant de Mameli se fait très rythmique. Le chanteur (qui s’est très bien illustré sur le premier album d’Illuminati sorti cette année) reste dans le registre vocal qui est le sien, à savoir une voix hurlée rappelant Kelly Shaefer (Atheist), plus profonde par moment, mais peu modulée. Sur ce premier morceau, la batterie blaste à tout va, ne laissant aucun répit à l’auditeur (cela sera le cas également sur « Distress »).

Pestilence 2013

Chaque musicien s’illustre remarquablement bien sur cet album (à l’exception peut être de Georg Maier, peu mis en avant dans le mix), d’un point de vue technique. Mais au fur et à mesure de l’écoute, il en ressort une impression de monotonie au sein des compositions du quatuor. On est très loin des apports jazz rock qui parsemaient Testimony of the Ancient et qui avaient élevé le groupe à la hauteur d’Atheist ou Death. Ici, les morceaux se succèdent dans la brutalité, sans pause. La production est à l’image du fameux mur du son déploré par les puristes ces dernières années et n’aide pas à entrer dans les compositions, qui manquent cruellement de dynamique.

Les soli de Patrick Uterwijk sont malheureusement plats et peu inspirés (« Superconscious », « Necromorph »), malgré des qualités techniques indéniables, tout comme les riffs qui, s’ils s’avèrent être corrects ne sont pas dignes de ce que l’on est en droit d’attendre concernant Pestilence. Ecoutez donc les riff de « Necromorph » ou « Aura Negative » pour vous en convaincre. Un riff sur trois notes répété jusqu’à l’overdose, quand on connait la qualité des morceaux proposés par le groupe dans le passé, c’est une déception. Certains morceaux sont réellement similaires, dans leur riffs ou dans leur structure, ce qui renforce cette impression de monotonie au sein de l’album. Les 35mn d’Obsideo (pourtant une durée assez courte) passent d’une façon très lente.

Pestilence

Certains morceaux sont cependant un peu au dessus, comme « Soulrot » et son rythme plus lent, rompant un peu la monotonie de l’album, ou encore « Displaced » sur lequel de timides nappes de clavier viennent rajouter un peu de profondeur au morceau. Ces mêmes nappes de clavier reviendront sur « Transition », avec les même notes (tiens ? le groupe s’auto-plagie au sein même de l’album). Si certains titres devraient faire leur effet en live (« Distress », « Transition »), les fans devraient continuer de plébisciter les morceaux de la première époque du groupe, en toute logique.

Cet Obsideo n’est en soi pas forcément un mauvais album de death, mais si cela aurait pu suffire pour un jeune groupe débutant, il est à des années lumières de ce que l’on est en droit d’attendre de la part des légendes du Death Hollandais. Espérons que Patrick Mameli et ses acolytes sauront redresser la barre très rapidement, au risque de devoir faire regretter une bonne fois pour toute cette reformation de 2008 aux fans de Pestilence

Note : 5/10

 

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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