Listening Session : Cynic – Kindly Bent to Free Us (Paris, 25.11.2013)


Le concert de Death DTA à Paris était également l’occasion pour Paul Masvidal et Sean Reinert de présenter à une dizaine de journalistes le nouvel album de Cynic, dont la sortie est prévue pour la Saint Valentin 2014. C’est un Paul Masvidal transformé en maître d’hôtel pour l’occasion qui nous accueille dans la salle.


Après nous avoir remercié chaleureusement pour notre présence, Paul nous installe devant la console de mixage. On nous sert un cocktail baptisé Cynic, qui a été préparé par Vicky, la charmante responsable du merchandising. On sait comment recevoir chez Season of Mist ! En guise d’introduction, Paul déclare :   "Nous sommes ravis de vous présenter ce qui est la cinquième sortie studio et aussi le troisième album de Cynic. Ce projet est le résultat d’années de labeur et d’affection. C’est vraiment l’album d’un trio, et notre plus progressif à ce jour, tout en restant axé sur le format « chanson ». Bonne écoute."
 

Avant l’article : nous tenons à rappeler à nos lecteurs que ces observations sont le résultat d’une unique écoute, à chaud, et forcément assez subjective. Nos notes sont réparties en huit parties, pour se calquer sur les chansons de l’album. Nous avons également ajouté les commentaires de Paul Masvidal, en italique dans le texte.

 

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1- True Hallucination Speak

L’album s’ouvre sur des bruitages inquiétants, et une ligne de guitare douce en crescendo. Et boum, distorsion, batterie et basse arrivent, on reconnaît instantanément la patte Cynic. La chanson est très mélodique, et on peut entendre ce qui semble être la meilleure production de Cynic à ce jour, avec un son très organique et travaillé.
 

"Inspirée dans les paroles par l’auteur inconditionnel de psychotropes Terence McKenna, cette chanson fait référence à une expérience que j’ai eu en absorbant la médication chamanique Ayahuasca. C’est un voyage dans la beauté et la terreur absolue, que tu peux vivre quand tu plonges vers l’inconnu et que tu te retrouves soudainement à avoir besoin d’aide.  Musicalement, c’est une  « grosse » chanson hymnique, avec un refrain massif et un couplet plus posé et groovy. Elle a été choisie comme chanson d’introduction du fait qu’elle semble être parfaite pour ouvrir l’espace et préparer le terrain à l’auditeur."
 

2- The Lion’s Roar 

Morceau qui s’ouvre sur un riff énergique de Paul Masvidal. On n’a jamais aussi bien entendu Sean Malone sur un album de Cynic, ce qui ravira les bassistes en herbe ! Que les fans se rassurent, Paul joue toujours vite, et la batterie claque bien. Les détracteurs de Carbon Based Anatomy vont pouvoir à nouveau écouter Cynic !
 

"Les paroles font référence à une relation intime qui fait partie de ma vie, et ma vision  spirituelle dans la navigation de celle-ci, inspirée par une réflexion de l’auteur Chogyam Trungpa. C’est une chanson entraînante, avec une tonalité rock prog’ axée sur le trio. Tout est dans la section rythmique.  Musicalement, elle est née grâce au riff d’introduction. Cette chanson révèle une direction complètement nouvelle pour Cynic. Notez l’authenticité assez sèche de la musique, et l’approche de production entendue s’applique à tout l’album."

3- Kindly bent to Free Us

Les amoureux de Focus devraient apprécier cette chanson, avec ses grosses rythmiques à la « The Eagle Nature ». Masvidal n’a pas menti, c’est à la fois très progressif et mélodique.

"Chanson inspirée d’un livre bouddhiste intitulé Kindly Bent to Ease Us, qui a ensuite pris son titre d’une citation de l’auteur satirique anglais Jonathan Swift. La chanson considère comment nos esprits pourraient être la source de ce qui nous libère, à la fin. C’est la chanson-titre de l’album du fait qu’elle rassemble tous les éléments pour lesquels Cynic est connu. Elle évoque nos racines, mais aussi repousse les frontières de la manière dont nous les approchons habituellement. Des sections claires et ouvertes aux rythmes staccato et complexes, cette chanson est un hybride de métal à la Cynic, de jazz, et tout ce qu’on peut trouver entre les deux styles pendant six minutes."

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4- Infinite Shapes 

Cette chanson a une sorte de ligne mélodique extra-terrestre. Est-ce du clavier ou de la voix ? Impossible à dire, et c’est là aussi un des charmes de Cynic. On note un beau solo éthéré, et quelques innovations sonores qui montrent que Cynic veut rester en avance. Du coin de l’oeil, on aperçoit Steve Di Giorgio faire du « air guitare basse » à l’écoute de l’album.

"Cette chanson a été inspirée par l’humour que j’ai développé en ayant régulièrement recours à la méditation. C’est un regard sur la variété infinie des pensées qui se dévoilent continuellement, et comment l’humour peut aider à approcher sainement ces flux de pensées. Les couplets sont, si j’ose dire, plutôt sexy et décontractés alors que les refrains sont plus imposants."
 

5- Moon Heart Sun Head

Sur cette chanson, on peut entendre Sean Malone s’illustrer au Chapman stick, et Sean Reinert nous rappeler qu’il sait faire des blast-beats. Le fait que cet album soit joué par un trio permet de mettre en valeur les parties de chacun, qui sont très bien travaillées.
 

"Celle-ci touche le concept de Gaia et la manière dont nous sommes inséparables de la Terre. « Moon Heart Sun Head » est la chanson prog’ épique de l’album, avec les dynamiques les plus prononcées, des sections instrumentales imposantes et un arrangement qui, trompeusement, ne s’éloigne jamais de quelques motifs simples. Ecoutez attentivement les parties de Chapman stick de Sean Malone, et le solo de guitare multi-facettes. L’extrait qu’on peut entendre dans le pont est le philosophe de l’Est et auteur Alan Watts."
 

6- Gitanjali

On peut encore noter une section rythmique massive sur cette chanson, toujours avec la voix délicate de Paul au chant. Les voix synthétiques entendues sur Traced in iar font incontestablement leur retour.

"Cette chanson parle de Gitanjali Ghein, une jeune fille de seize ans originaire d’Inde, qui a écrit secrètement un recueil de poèmes alors qu’elle était en train de mourir du cancer. Ces poèmes ont été découverts par sa mère après son décès, et la famille les a publié. Cette fille a reçu son nom du livre de poèmes de Rabindranath Tagore, intitulé Gitanjali, qui lui a valu de gagner un prix Nobel de littérature.  Cynic se montre vraiment lourd sur cette chanson, avec un refrain étrange et plein d’explorations de changements de dynamique."
 

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7- Holy Fallout 

Révèle un énorme travail harmonique, avec une certaine dose d’agressivité. Il semblerait cependant que Cynic ait définitivement abandonné les growls et ses racines death métal.

"Ce rock lunatique a été inspiré par le fait de se laisser tomber en morceaux, et ne pas avoir besoin ou ne pas vouloir se reconstruire, ce que j’appelle « apprendre à vivre de manière apaisée » C’est une chanson prog’ dans le style classique de Cynic avec des couplets ouverts, un refrain conduit par les riffs, avec un climax à la fin. Encore une fois, les parties de Sean Malone au Chapman stick ont leur importance."

8- Endlessely Bountiful

Cet album se termine sur une chanson plutôt calme et simple. A la manière de Cynic en somme : sincère et humaine.  (oui je sais, je me mets à écrire comme Paul)

"Une méditation d’au revoir avec un mantra simple en construction, qui cherche à répondre aux questions concernant ce que nous sommes vraiment. La surprise arrive à la fin, quand nous révélons un pur moment de trio dans la tradition du jazz. C’est un clin d’œil intime à nos racines académiques qui offre un moment d’introspection pour débarquer de ce voyage tranquillement.

Ceci étant dit, nous vous encourageons à vous plonger dans cet ensemble musical avec des oreilles ouvertes et un esprit curieux. Comme l’ensemble de la musique de Cynic, cet album demande de la subjectivité, et récompense une écoute attentive et répétée.  Nous sommes ravis d'enfin pouvoir le partager avec vous et le monde.

Paix, amour et salutations,"

Paul Masvidal


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Et voilà ! Chronique à venir dans nos colonnes autour du 14 février 2014. Dans le cadre de cette session d’écoute, nous avons eu le privilège de nous entretenir avec Paul Masvidal pour une interview, à paraître très bientôt !

Anecdotes et confidences

Avant l’écoute, nous avons pu échanger avec divers musiciens présents dans la salle. Nous avons obtenu quelques informations sur leurs projets.

Steffen Kummerer (Obscura) : l’écriture du nouvel album de Thulcandra est terminée. Ils sont actuellement en cours de recherche d’un nouveau batteur car Seraph ne va pas avoir le temps nécessaire pour se consacrer au groupe. Sortie à prévoir pour 2014.

Christian Muenzner (Obscura) :  il est en train de finaliser l’écriture de son deuxième album solo, qui devrait sortir aux alentours du printemps 2014. L’album aura Hannes Grossmann à la batterie. Christian a aussi commencé à écrire de la musique pour son troisième album !

Hannes Grossmann (Obscura) : sa campagne de crowdfunding pour financer son album solo s’est très bien passée. Il est actuellement en train de travailler sur l’artwork avec Orion Landau, qui avait déjà fait l’artwork d’Omnivium. Sortie normalement dans les prochaines semaines. Hannes a aussi annoncé qu’un nouvel album de Blotted Science verrait le jour en 2014. Il a déclaré que l’album serait sans doute moins fou que leur précédent EP, et qu’il se rapprocherait plus de l’orientation musicale du premier album.

Article par Tfaaon

Photos n°1 et n°2 :  © 2013 Olivier GESTIN / INTO The Pit Photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

Les autres photos sont libres de droits.
 



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