SEYMINHOL – Ov Asylum

    Ov Asylum, Le Troisième album des français de Seyminhol, sorti en mai 2009 chez Brennus marque un tournant considérable dans leur style musical.
En effet le groupe passe d’un power metal joyeux et insouciant à une musique beaucoup plus sombre, ambiante et réfléchie.(Imaginez-vous donc l’étonnement qui surgit lors de ma première écoute de l’album: On me présente Seymonhol comme un groupe jouant du power. En entendant ce qu’il en est véritablement, je suis agréablement surprise).

    
     Dés les premières notes, l’album me séduit:
Le titre éponyme aux sonorités Opethiennes offre une atmosphère à la fois sombre et envoutante, qui progressivement s’assombrit encore plus afin de nous faire entrer dans « The Old Man’s Tree » plus rythmé et énergique.
Ainsi, cet  étonnant récit musical nous fait passer d’atmosphère en atmosphère et nous entraine dans tous les états , allant de l’anéantissement  à la rage, en passant tout de même par un peu d’espoir (cependant un espoir assez relatif, puisque dans le refrain de « Pendulum Motion », qui est le morceau le plus optimiste de l’album, le protagoniste crie sa haine et sa douleur ; et ce passage n’est pas loin de prendre aux tripes l’auditeur).
    Tout au long de cet album se font ressentir de fortes influences de Opeth et de Adagio, ainsi qu’une pointe de prog. La musique du quartette parvient donc sans problèmes à me convaincre.

    Sachant que Ov Asylum est un « concept album », curieuse comme je suis, je me lance dans la lecture détaillée du concept, chose que je regrette aussitôt.
Derrière son aspect travaillé d’une réfléxion philosophico-religieuse le texte ne fait que présenter un amas de lieux communs et de clichés, et même si certains d’entre eux sont encore supportables , comme la métaphore de l’arbre (ceci dit, vieille comme le monde), d’autres réflexions frôlant la misogynie vont un peu loin à mon goût :  « la trahison de la mère (la mère nourricière, la mère nature, la terre mère) qui choisit l’adultère, la fuite, l’abandon; le trahison de l’épouse qui se souille d’où rupture, divorce, conflits » .
Ces citations nous mèneraient presque à croire que le concept a été écrit par un enfant  ayant très mal vécu le divorce de ses parents, et qui en veut encore à sa mère  malgré le fait qu’il ne soit plus un enfant… (d’où encore une citation du concept:  » fléau du siècle est le divorce » je trouve qu’on dramatise un peu trop la chose, il est tellement plus drôle de la prendre à la Beigbederienne:  » J’avais grandi dans une famille décomposée, avant de décomposer la mienne » , c’est peut-être ce qui aurait pu arriver à notre héros du concept? )
   
    On nous présente donc le parcours d’un jeune homme troublé par   » le changement brutal qu’il subit « , voulant attenter à ses jours pour abréger ses souffrances et qui, parvenant à son but manque son acte, après quoi il pense que c’est un signe divin.
Il se tourne alors vers un groupe religieux  « par amour de Dieu ». En réalité il ne s’agit pas d’une Eglise chrétienne, mais d’une « secte qui détourne la parole divine de son but ».
Finalement dans « Terrorizor » (qui ,au passage, est le morceau qui me plait le moins dans l’album) on découvre que le personnage se tourne définitivement vers le mal absolu et la folie.

    Le concept est donc assez banal et prétentieux, mais j’arrête là de m’étaler sur ce sujet davantage.
En fin de compte on peut se dire que de nombreux groupes verraient les notes des chroniques de leurs albums à la baisse si on faisait vraiment attention à la profondeur et au sens de leurs textes.
     Certes,la lecture du concept de Ov Asylum a  basculé ma vision du groupe, et m’a empêché d’écrire une chronique vraiment positive. Cependant musicalement j’aime toujours autant cet album (la preuve est qu’il est présent en permanence sur ma playlist ! 🙂   )

Ma note est  6,6/10  (si je prends en compte le concept)

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