Rush – Clockwork Angels Tour (Live)

« Rush can’t stop thinking big »

Pour un français, chaque album live de la formation canadienne se déguste avec un léger gout d’amertume. En effet, Rush continue de tourner un peu partout dans le monde depuis son grand retour au début des années 2000 (avec la sortie de Vapor Trails), mais évite soigneusement la France à chaque tournée depuis maintenant 1992. Cette tournée Clockwork Angels ne fait pas exception à la règle et nous avons eu la possibilité d’assister au concert londonien donné en mai dernier par la formation (et chroniqué en ces pages), afin de comprendre le phénomène Rush en live.

Le témoignage audio et vidéo de cette tournée vient de sortir, à temps pour les fêtes de fin d’année et retranscrit de façon admirable l’ambiance des concerts du groupe. Cette chronique ne se basera néanmoins que sur le support audio, riche puisque le groupe en sort une version triple cd. C’est dans les habitudes du combo de gâter ses fans avec des lives d’une durée impressionnante (2h30 au minimum), depuis Rush in Rio (2003) ou le récent Time Machine (2011).

Ce live fait la part belle aux chansons issues de la période 80’s de Rush et on apprécie tout d’abord de voir une setlist qui est très différente du Time Machine cité plus haut, alternant entre classiques (« Subdivions » en ouverture, « Analog Kid », « Red Sector A » ou encore les tubes « Spirit of Radio » et « Tom Sawyer ») et morceaux plus rares (« The Big Money », « Force Ten », « Body Electric »). Le second cd est quant à lui composé de la quasi-intégralité du dernier album en date, Clockwork Angels, sans aucun doute le meilleur album studio depuis bien longtemps. Mais la plus-value de ce live, outre l’interprétation parfaite du combo, vient de la présence d’un ensemble à cordes sur les titres de Clockwork Angels, ainsi que sur « Dreamline », « Red Sector A » ou l’instrumental « YYZ ». Cet ensemble à cordes donne réellement de la profondeur aux compositions du trio et magnifie des chansons déjà extrêmement abouties. Comme le groupe le dit lui même dans les paroles de « Caravan », « Rush can’t stop thinking big ».

Le dernier album joué intégralement (à l’exception de « BU2B », présent sur Time Machine et « BU2B2 » plus anecdotique) prend une dimension épique au cours de cette réinterprétation (écoutez donc l’apport des cordes sur « Caravan » ou « Clockwork Angels ») et on apprécie cet effort étant donné  la sortie récente de cet opus. Les effets pyrotechniques et feux d’artifice s’entendent même en bruit de fond, ce qui permet d’imaginer à ceux qui n’ont pas vu le groupe sur scène l’étendue de leur show. Une seule ombre au tableau, le chant un peu limite de Geddy Lee sur « The Garden », morceau magnifique, mais ici chanté à la limite de la justesse sur certains passages.

Le groupe se donne sur ce live, enregistré au début de la tournée Nord Américaine (à Phoenix, Dallas et San Antonio). La basse de Geddy Lee se fait groovy et rythmiquement impeccable, tandis que Alex Lifeson nous sort des soli de toute beauté (son solo en intro de « Halo effect » est d’une finesse rare, loin de toute tentative de shred). Le maître de cérémonie Geddy alterne brillamment basse et claviers (« Subdivisions », « Red Sector A », « Analog Kid »).Neil Peart n’est bien évidemment pas en reste et a droit à trois soli de batterie (un durant « Where’s my thing », un autre pendant « Headlong Flight » et son propre moment de gloire intitulé « The Percussor »). Or, si la qualité technique du batteur n’est plus à prouver, on regrette que ces nombreux passages coupent un peu le rythme du live. S’il prennent toute leur dimension en concert, sur cd c’est un peu différent. Hormis « The Percussor », qui allie musicalité (oui, oui, un solo de batterie peut être mélodique) et technique, les autres tombent un peu comme un cheveu dans la soupe.

Mais ne boudons pas notre plaisir, Rush sait mettre ses fans dans sa poche avec des classiques tels que « YYZ », « The Spirit of Radio », ou l’excellent « Tom Sawyer » joué en rappel, qui déchaîne le public, très bien mixé par ailleurs (on est loin du public sud américain du live Rush in Rio qui était beaucoup trop fort dans le mix). La première partie de « 2112 » est également jouée en rappel, comme sur l’ensemble de la tournée, et même si Geddy Lee peine un peu pour atteindre les notes les plus aigües, ce morceau reste un incontournable de la discographie du groupe.

Rush propose même des bonus à la fin du troisième cd, notamment « Limelight » joué lors d’un soundcheck (et sur lequel Geddy ne chante pas toutes les paroles), ou encore des morceaux joués certains soirs mais non retenus dans le concert final. Le groupe offre ainsi la possibilité d’entendre l’intégralité des chansons interprétées lors de la tournée. Et si l’on peut regretter l’absence de « La Villa Strangiatto » ou de « Working Man », ainsi que d’autres titres de la période 70’s du groupe, les canadiens ont su piocher intelligemment dans l’ensemble de leur discographie pour proposer à ses fans un live qui ne ressemble en rien à ceux sortis ces dernières années.

Etant donné la qualité de ce triple CD et des interprétations live du groupe en général (pour qui l’aspect visuel reste essentiel), nous conseillerons néanmoins aux fans de se procurer également la version vidéo. Ce live s’adresse d’ailleurs aussi bien aux fans qu’aux néophytes qui souhaiteraient découvrir cette légende du progressif. Rush nous gâte avec un très bon live qui pourrait faire des heureux au pied du sapin.

Note : 9/10

Photographies : Watchmaker
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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