Knock Out Festival 2013 à  Karlsruhe (14.12.2013)

Avec son affiche alléchante tous les ans, le Knock Out Festival s’inscrit comme l’un des évènements metal incontournables de fin d’année en Allemagne. Cette année, c’est une Europahalle très correctement remplie qui accueille six groupes internationaux. Gros bémol de l’organisation : la zone « VIP » à l’avant de la fosse contraignant les gens étant arrivés très tôt mais n’ayant pas d’entrée VIP à se retrouver finalement éloignés de 3 bons mètres de plus de la scène à cause de cette zone. D’autant plus que les gens occupants cet espace VIP semblent pour la plupart venus pour « faire acte de présence » et passent la plupart des concerts à discuter avec les collègues ou à pianoter sur leurs téléphones…

Kissin’ Dynamite

Mais cela n’entache en rien l’ambiance et l’enthousiasme des amateurs de musique déjà présents en grand nombre pour applaudir Kissin’ Dynamite. Le set de 30 minutes des allemands démarre avec « Sleaze Deluxe » qui voit déjà une majeure partie du public reprendre les paroles en chœur ! Aucun doute possible sur le style pratiqué, le look des musiciens ainsi que les titres des chansons (« Sex is War ») sont assez parlant : nous avons à faire un combo de sleaze metal ! Entre les poses de guitar-hero d’Ande Braun (guitare) ou les déplacements incessants du chanteur Johannes Braun qui court d’un bout à l’autre de la scène pendant tout le set, le spectacle est autant visuel qu’auditif ! Après un « Money, Sex & Power » final, Kissin’ Dynamite quitte la scène victorieux comme semble le montrer la réaction de la foule qui applaudit chaudement le jeune groupe !

Setlist de Kissin’ Dynamite :
• Sleaze Deluxe
• Sex is War
• Welcome to the Jungle
• I Will Be King
• Operation Supernova
• Money, Sex & Power

Pink Cream 69

Changement total d’ambiance avec Pink Cream 69. Le groupe a beau jouer chez lui, l’accueil chaleureux réservé à Kissin’ Dynamite est bien loin lorsque les cinq musiciens montent sur scène. Non pas que leur musique soit mauvaise mais après la débauche d’énergie et de bonne humeur de la formation précédente, le Hard Rock et l’attitude très (trop ?) sérieuse de Pink Cream 69 ne sont pas à la hauteur. Le set semble s’éterniser bien qu’il ne dure que 40 minutes. Un concert vite oublié.

Setlist de Pink Cream 69 :
• Keep Your Eye On the Twisted
• Hell’s Gone Crazy
• Special
• Lost In Illusions
• Talk to the Moon
• Do You Like It Like That
• Livin’ My Life for You
• Wasted Years
• Welcome the Night
• Shame

Lordi

Nouveau changement d’ambiance radical pour le prochain groupe. Bien que le morceau choisi pour entrer sur scène (« We’re Not Bad For The Kids » durant lequel la batterie de Mana est assourdissante et couvre presque tout le reste) n’entraine pas tellement de réactions enthousiastes de la part de la foule, dès « Get Heavy » cette dernière se réveille et commence à reprendre chaque refrain avec Mr. Lordi (chant). C’est d’ailleurs ce dernier, aidé par son guitariste Amen qui fait tout le show, les autres musiciens restant malheureusement trop statiques. Si déjà musicalement le groupe finlandais s’inspire beaucoup d’Alice Cooper, sur scène cette ressemblance ressurgit encore plus grâce à la mise en scène servant à illustrer les chansons comme pendant « Chainswaw Buffet » durant lequel Mr. Lordi donne des morceaux d’humain à manger  à une jeune fille avant de tenter de la tuer… Tout en subtilité, comme les paroles du groupe pouvant souvent faire office de scénario de film d’horreur ! Un show de Lordi ne serait évidemment pas complet sans l’interprétation obligatoire de son « Hard Rock Hallelujah » qui voit le chanteur arpenter la scène avec un micro/hache lumineux. Ce même chanteur qui arrive sur scène déguisé en Père Noël pour jeter des t-shirts dans le public durant « Blood Red Sandman ». Après avoir demandé au public de lever son majeur pendant « Sincerely With Love » (« dédié aux patrons, profs et aux petit(e)s ami(e)s« ), les monstres finlandais prennent congé avec « Would You Love a Monsterman? » et le sentiment tu travail très bien accompli !

Setlist de Lordi :
• We’re Not Bad For The Kids (We’re Worse)
• Get Heavy
• The Riff
• Who’s Your Daddy?
• Beast Loose in Paradise
• The Chainsaw Buffet
• It Snows in Hell
• Blood Red Sandman
• Devil Is a Loser
• Hard Rock Hallelujah
• Sincerely With Love
• Would You Love a Monsterman?

Saltatio Mortis

Décidément cette soirée est placée sous le signe de l’éclectisme car c’est maintenant au tour des allemands de Saltatio Mortis de monter sur scène. Et leur arrivée ne passe pas inaperçue ! Non seulement ils ont sur scène pas moins de trois cornemuses et un véritable piano (et non pas un clavier) mais en plus leurs légions de fans sont présentes et chantent chaque chanson à la virgule près ! Une telle communion entre un groupe et ses adorateurs fait plaisir à voir ! La musique jouée par les 8 membres du groupe passe du Rock médiéval sautillant au Hard Rock énervé plusieurs fois durant les compositions,  le tout avec un plaisir et une joie d’être là très communicatives. Si la barrière de la langue n’empêche nullement l’appréciation des chansons (toutes chantées en allemand) il est cependant dommage de ne pas comprendre les histoires racontées par le batteur Lasterbalk der Lästerliche entre les morceaux. Le frontman incontestable du groupe reste sans doute possible Alea der Bescheidene, chanteur tous muscles dehors et intenable. Quand il ne fait pas la roue sur scène en chantant il plonge dans le public et fait le tour de la salle en crowdsurfing tout en continuant à chanter ! D’ailleurs dès le concert fini, le chanteur descendra dans le public pour signer des autographes et prendre des photos avec ses fans. Le genre de set qui met de très bonne humeur !

Setlist de Saltatio Mortis :
• Intro IXI
• Früher war alles besser
• Idol
• Prometheus
• Hochzeitstanz
• Krieg kennt keine Sieger
• Habgier und Tod
• Wachstum über alles
• Koma
• Sandmann
• Satans Fall
• Nur ein Traum
• Eulenspiegel
• Spielmannsschwur

Doro

Si le public était déjà venu en masse pour Saltatio Mortis, la salle se remplit encore plus pour accueillir Doro. Évidemment devant un public allemand, la Metal Queen obtient un accueil tonitruant et elle le lui rend bien en allant au plus près de la barrière dès le début du concert et en faisant chanter des fans à plusieurs reprises pendant le set. Une communion entre la chanteuse et son public qui atteint son paroxysme durant « Für Immer » et son refrain repris par toute l’assemblée !
Doro est actuellement en tournée pour fêter ses 30 ans de carrière (elle ne les fait vraiment pas !) mais pourtant c’est encore une fois ses années passées dans Warlock qui sont mises à l’honneur (6 des 14 morceaux joués ce soir étant des reprises de l’ancien groupe de la chanteuse). De plus cette reprise maladroite du « Breaking the Law » de Judas Priest aurait très bien pu être remplacée par n’importe quelle composition originale de Doro. Le public de fan ne s’en soucie guère et apprécie chaque seconde du set. Grâce aux hymnes tels que « I Rule the Ruins » ou « All We Are » on passe finalement un bon moment même si ce concert n’est clairement pas le meilleur de la soirée.

Setlist de Doro :
• Earthshaker Rock*
• I Rule the Ruins*
• Rock Till Death
• Burning the Witches*
• The Night of the Warlock
• Raise Your Fist in the Air
• Für Immer*
• Burn It Up
• Revenge
• Breaking the Law (Judas Priest)
• All We Are*
• Hellbound*
• Ich Will Alles
• Love Me in Black
(*=morceau de Warlock)

Sabaton

Pendant le changement de plateau, une partie du public s’en va tout simplement ! Surprenant quand on connaît la popularité de Sabaton en Allemagne. Ce n’est certes pas grand monde mais la différence d’affluence comparée au concert de Doro est assez flagrante pour être remarquée. Peut-être l’heure tardive a-t-elle eu raison des moins courageux (Sabaton joue normalement à 23h30 mais les minutes de retard se sont accumulées durant la soirée) ?

En tout cas ça n’empêche pas le public connaisseur d’ovationner le groupe suédois déjà bien avant son arrivée sur scène, les chants « Sabaton, Sabaton ! » commençant dès « The Final Countdown » qui ouvre traditionnellement chaque concert de Sabaton. Autre tradition du groupe, c’est « Ghost Division » qui ouvre les hostilités, directement suivi de « Panzerkampf », morceau plus rare qui est toujours plaisant à entendre en live ! Ce soir c’est la fête, Sabaton faisant le tout dernier concert de la tournée Swedish Empire qui a débuté en mai 2012 ! Après « White Death », le public commence a chanter les « wo-ho-ho » de « Swedish Pagans » qui semble pourtant ne pas être sur la setlist. « Pour une fois, vous ne voulez pas nous laissez choisir la setlist nous-mêmes ? » demande Joakim Brodén (chant), ce à quoi tout le public réplique un énorme « No ! » forçant ainsi le quintet à jouer la chanson.

Sabaton et l’Allemagne c’est une relation à part principalement basée sur… la bière ! Les chants « noch ein bier » remplaçant souvent les « Sabaton » chantés dans les autres pays ce qui est amusant 5 minutes mais qui l’est beaucoup moins après 30 comme le précise dès le début Joakim qui propose de boire une bière directement après « Panzerkampf » à condition que les allemands arrêtent de le demander. Cette demande n’est pas respectée par la foule qui continue a demander au chanteur de boire entre chaque chanson. Finalement la solution sera de renommer « Got Mit Uns » en « Noch Ein Bier », dans l’hilarité générale.

En parlant de bière, le groupe en a visiblement un peu profité avant de monter sur scène comme le prouve Thobbe Englund (guitare) avant « Cliffs of Gallipoli » en demandant, un peu gêné, s’il peut quitter la scène pour aller aux toilettes… Il s’en va en laissant sa guitare au chanteur qui s’amuse alors quelques secondes en reprenant les riffs de « Smoke on the Water » et de « Seek & Destroy » alors que Chris Rörland (guitare) se couvre les oreilles. À son retour, Thobbe nous annonce fièrement qu’il n’a pas eu besoin d’aller jusqu’aux toilettes et qu’il a trouvé une bouteille vide sur son chemin…

Si Joakim attire la plupart des regards, il ne faut pas oublié non plus les deux guitaristes et Pär Sundström (basse) qui jouent tous très bien, et qui se montrent, comme d’habitude très mobile, courant d’un bout à l’autre de la scène, headbanguant et souriant aux premiers rangs (à ce propos, énorme coup de gueule aux « VIP » des trois premières rangées qui ne prennent même pas la peine de se baisser pour ramasser les mediator que Chris leur lance…). Pourtant aujourd’hui il y a une cinquième personne sur scène qui attire, elle aussi, un grand nombre de regards et surtout d’oreilles. En effet, Hannes Van Dahl, ancien batteur d’Evergrey, a fait son arrivée dans le groupe au poste de batteur permanent il y a quelques semaines et pour beaucoup de gens aujourd’hui c’est la première fois qu’ils voient le nouveau cogneur en action. Ce mot n’est pas un euphémisme tant Hannes frappe fort sur ses fûts, tout en déployant un jeu spectaculaire (sans pour autant en faire des tonnes inutilement). Il semble déjà très bien intégré au groupe, rigolant souvent avec Chris et Thobbe entre les morceaux. C’est d’ailleurs Hannes qui, plus tôt dans le show, a dit à Joakim qu’ils pouvaient jouer « Swedish Pagans » même si elle n’est pas sur la setlist. Un batteur déjà sûre de lui grâce  à ses expériences précédentes et surtout un batteur rapide. Comme le précise d’ailleurs le chanteur : « Depuis que Hannes est dans le groupe, nous pouvons de nouveau jouer des chansons que nous n’avions plus eu l’occasion de jouer depuis que Daniel Mullback a quitté le groupe« . C’est le cas de « Screaming Eagles » qui suit directement pour illustrer cette déclaration.

Après « 40:1 », Sabaton quitte la scène à peine quelques secondes avant que l’intro de « The Art of War » ne débute marquant le commencement d’un rappel hyper classique, quelque peu chamboulé avant « Metal Crüe » lorsque Hannes quitte sa batterie le temps de siroter une bière avec Chris et Thobbe, déclarant simplement à un Joakim étonné : « Je vais au bar » !
Un très bon concert de fin de tournée, par un groupe en grande forme qui nous a servi ce soir une setlist très proche d’un véritable best of même si encore une fois l’album The Art of War a représenté la plus grosse partie du set. Rendez-vous est pris en mai prochain pour les premiers concerts en soutien du nouvel album !

C’est ainsi que ce termine ce Knock Out Festival globalement très bon ! Des groupes au top, un son presque parfait (de léger problèmes en début de soirée très vite réglés), une ambiance agréable,… Très peu de points négatifs au final ! L’organisation à l’Allemande a encore une fois fait ses preuves !

Setlist de Sabaton :
• The Final Countdown (Europe) (Intro sur bande)
• The March To War (Intro sur bande)
• Ghost Division
• Panzerkampf
• White Death
• Swedish Pagans (demandé par le public en chantant l’intro)
• Uprising
• Gott Mit Uns (renomé “Noch Ein Bier”)
• Cliffs of Gallipoli
• Attero Dominatus
• Poltava (version suédoise)
• Carolus Rex (version anglaise)
• Screaming Eagles
• 40:1
Encore:
• The Art of War
• Primo Victoria
• Metal Crüe
• Dead Soldier’s Waltz (Outro sur bande)
• Masters of the World (Outro sur bande)

 



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