Ruyter Suys (guitare) et Blaine Cartwright (guitare, chant) de Nashville Pussy


Alors que je rentre dans la loge, Ruyter est en train d’envoyer des mails via son iPhone pendant que Blaine est accroché à son iPad. Les nouvelles technologies permettent de rester en contact. Accueil chaleureux, alors que l’interview devait être réalisée seulement avec Ruyter, Blaine intéressé, vient se joindre à nous en s’asseyant sur l’accoudoir du canapé pendant que Ruyter s’allumera cigarette sur cigarette. Longue interview, ambiance décontractée, les musiciens sont détendus, en forme, ici au Forum de Vauréal date de la première date européenne.

Lionel / Born 666 : Alors c’est le début de la tournée ?

Ruyter Suys : Oui aujourd’hui c’est le Jour J !

Lionel : Comment ça va ?

Ruyter : Ça ne peut qu’aller, on vient de prendre le café et le nouvel album Up The Dosage doit être dans les bacs depuis à peu près une semaine. Et en plus on a que des critiques positives.

Lionel : J’ai d’ailleurs mis un 9/10 pour Up The Dosage.

Ruyter : Quoi !!! Tu n’as pas mis un 10/10 ?

9,9/10 : je n’accepterai pas une note en dessous (rire). Tu dois refaire la chronique et tu trouveras l’album encore meilleur que la dernière fois que tu l’as écouté. Et à ce moment tu lui mettras un 10/9 ! (rire)

 

Nashville Pussy

Lionel : Bon Blaine a déclaré que ce dernier album c’était le Back In Black de Nashville Pussy. Moi, je m’attendais plutôt à votre Highway To Hell

Ruyter (elle interpelle Blaine qui se trouve à côté pour venir se joindre à nous) : Blaine ! Écoute ça !

Blaine Cartwright : ah bon. Vraiment ? Non je reste sur Back in Black. Non, je dis ça car il change complètement de ce que l’on avait fait auparavant. Il est plus puissant et me fait penser à Back in Black qui avait fait passer un cap à AC/DC. Et les gens vont devenir dingues avec.

Ruyter : Tout le monde aime le bon Rock n’ roll que l’on peut entendre dans les clubs bien sûr mais celui-ci sonne plus gros, plus important. Pour moi avec Up the Dosage on a atteint un autre niveau.
 

Nashville Pussy

Lionel : Je trouve que sur cet album, on ressent encore plus l’esprit des Etats-Unis. Nous sommes plongés dans les grands espaces de votre pays.

Blaine : Non pourtant on a rien changé (rire). On a fait un bon mixage avec le producteur et c’était aussi la première fois. C’est vrai que pour une fois on a passé plus du temps sur le mixage de l’album avec différentes personnes et je pense qu’on a été chanceux.

Ruyter : C’est vrai qu’on attendait depuis un certain temps de faire un tel album. C’était une accumulation de chose, et lorsque l’on s’est retrouvé tous dans une pièce, tout est arrivé très vite. C’était un déchainement ! C’était très facile.

Lionel : C’était avant votre tournée avec ZZ Top ?

Ruyter : Non, on l’a fait en Mars.

Blaine : Oui entre Février et Avril.

Ruyter : On l’a écrit et enregistré en un clin d’œil avec seulement 10 jours de préproduction et d’écriture, et à peu près deux semaines pour le studio. On a travaillé très rapidement.

Lionel : C’était tellement facile que vous n’avez pas fait de cover…

Ruyter : Non, il n’y en a pas mais en fait le titre sur lequel je chante « Taking It easy » en est une. C’est un délire emprunté à un dessin animé Metalocalypse dans lequel il y a un groupe de Metal Dethklok. Et le bassiste essaye de convaincre les autres membres d’inclure sa chanson dans l’album. Alors il enregistre « Taking It easy » et le groupe dit « Non !! ». Alors (rire), j’ai fait la même chose.

Lionel : A propos de votre pochette, fait-elle référence à un combo australien connu ? (rire)

Ruyter : Non ! C’est purement Rock n’ Roll ! Tu sais pour moi ça me rappelle quand j’avais 6 ans. J’allais donc à l’école le jour d’Halloween et j’avais dessiné l’éclaire que l’on retrouve sur le visage de David Bowie sur Ziggy Stardust. Et après à l’âge de 9 ans j’en étais dingue. Bon bien sûr ensuite il y a eu l’éclair dans le logo d’AC/DC, mais il y en a beaucoup dans le Rock n’ Roll. (Rire)

Lionel : Vous allez interpréter de nombreux titres d’Up the Dosage ?

Ruyter : Pour le moment on va en faire 3. Et au fur et à mesure on va en apprendre d’autres et comme on a 11 dates en France donc sur la fin on fera bien 5 ou 6 titres de l’album. Enfin je l’espère (rire).

Lionel : Vous avez donc perdu beaucoup d’argent sur la tournée avec ZZ Top ?

Ruyter : Non, on en a trop dépensé (rire). On l’a dépensé dans le bus. On voulait vivre à la ZZ Top.

Blaine : Si on avait dépensé tout notre argent on n’aurait pas pu rentrer à la maison (rire)

Ruyter : On avait un magnifique tourbus, et on pouvait se réveiller tous les matins à côté de ZZ Top et dormir à côté d’eux la nuit.

Lionel : Mais bon, on n’a qu’une vie…

Blaine : Oui c’est vrai lors de certaines fêtes avec des amis on disait qu’on allait avoir la chance de tourner avec ZZ Top et si on ne le faisait pas on le regretterait jusqu’à la fin de notre vie. Et on disait qu’on n’aurait pas assez d’argent. Pourquoi on ne le ferait pas ? Et d’un autre côté on savait qu’on allait réaliser notre album dans le Kentucky d’une façon plus économique et autour de nous les gens n’en disaient que du bien.

Ruyter : Mais on savait que c’était un bon studio (Microsonic Studios à Lexington) et qu’on allait y faire du bon boulot. Ainsi on a pu concilier le fait de tourner avec ZZ Top et faire notre album. (Rire)
 

Nashville Pussy

Qu’est ce qui vous ennuie le plus en tournée ?

Blaine : On n’a même pas le temps de visiter. Parfois on a juste le temps de faire un tour autour de la salle. On se concentre sur notre show du soir. Et on dort beaucoup dans le bus.

Ruyter : Mais pour moi le bon plan ce sont les fromages.

Blaine : Bon en France les clubs sont sympas, mais en Espagne les backstages sont un peu merdeux, les douches pourries, alors que « regarde ici, c’est classe, on a à manger et à boire » (ils grignotent de très bons petits gâteaux). J’aime avoir du temps mais ça tue aussi, c’est long d’attendre.

Ruyter : C’est vrai que c’est un point négatif : l’attente avant de monter sur scène. On est quand même arrivé il y a 24 heures… rester dans les canapés et fumer.

Lionel : Je trouve que dans Up The Dosage, vous parlez beaucoup de drogue.

Ruyter : Oui c’est vrai ça…

Lionel : … N’est ce pas un mauvais exemple pour les jeunes ? (sur un ton solennel)

Ruyter : (rire) ce n’est pas pour eux, c’est pour nous…

Blaine : Pas pour moi. Tu sais maintenant aux Etats-Unis ça devient légal de faire pousser et de fumer de la Marijuana. Et fumer, c’est tellement bon. Ça « Kick Your Ass ! Et quand j’ai commencé à fumer vers 18 ans il n’y avait pas de la si bonne Marijuana et ça n’envoyait pas autant que celle que l’on peut trouver maintenant. Bon et puis ce n’est pas de la drogue dure qui te rendrait sans domicile rapidement. Au début quand ça a commencé à être légal dans l’Etat de Washington il y avait un bon « spot » à Seattle, et les flics venaient fumer avec les jeunes de 18 ans dans le coin. Et les jeunes disaient « Oh la mais ça change complètement ! ». C’est pourquoi que parfois j’en parle sur certains enregistrements.

Lionel : Blaine, je t’ai vu de nombreuses fois sur scène avec ton T-Shirt Defenders of the Faith. A ce propos je trouve que le riff de votre nouveau titre « Till the Meat Falls off The Bone » n’est pas sans nous évoquer Judas Priest.

Ruyter : Yeahhh !

Blaine : Tu parles du passage rapide (il chante le riff) ?

Ruyter : (fait le son de la guitare de l’intro) mais c’est le mien !

Blaine : oui c’est terrible ! Mais je suis incapable d’écrire des riffs aussi rapide que Ruyter, moi ce sont plutôt des riffs à la ZZ Top ou à l’Aerosmith.

 

Nashville Pussy

Lionel : (M’adressant à Ruyter) Quand tu te retrouves en studio tu ne joues qu’avec une Gibson SG ?

Ruyter : Oui absolument.

Blaine : Oui sur toutes les chansons, mais avant sur l’album précédent on enregistrait avec une Telecaster.

Ruyter : Mais j’ai utilisé une mandoline et un keyboard aussi.

Blaine : Oui du piano c’est vrai.

Lionel : Pensez-vous maintenant que le syndrome Spinal Tap du bassiste est désormais terminé? (ils ont changé 5 fois de bassiste en 15 ans)

Ruyter : (rire) non pas tout à fait car nos bassistes sont encore en vie, elles sont parties, elles n’ont pas explosé ! (rire général). J’aurai aimé une telle fin. Aussi longtemps qu’on est resté avec ces bassistes ça a quand même duré aussi longtemps que peuvent rester ensemble certains groupes. Tu sais on a joué avec Karen aussi longtemps que les Beatles ont existé. Bordel, tu sais c’est comme si on avait fait 4 ou 5 groupes ! On a seulement gardé le même nom de Nashville Pussy. On ne pouvait changer de nom à chaque fois (rire)

Blaine : Elle est jeune, oui on a attrapé une petite jeune.

Lionel : Oui l’histoire du recrutement de Bonnie (Buitrago) et de la première fois où vous l’avez rencontré est assez amusante.

Ruyter : Oui c’est vrai je ne m’en souvenais pas et c’est elle qui me l’a rappelé. On faisait une séance d’autographe dans un Tower Records ou un Virgin Records...

Blaine : Virgin…

Ruyter : Oui Virgin à Los Angeles et il y avait une longue file d’attente et elle faisait partie de la foule qui était venue pour obtenir des autographes ou faire des photos. Elle a d’ailleurs une photo de nous deux qu’elle m’a montrée. Elle devait avoir 17 ans à l’époque. Et je me suis dis bordel de mer** mais c’est dingue ce truc. Ensuite elle m’a raconté que je l’avais fait rentrer au Whisky a Go Go et au Troubadour et moi je ne me souvenais de rien du tout (rire). Elle a donc attendu très longtemps d’avoir l’opportunité de nous rejoindre.

 

Nashville Pussy

Lionel : Bon maintenant que vous êtes dans le métier depuis longtemps comment voyez vous l’évolution et les jeunes groupes qui jouent dans le style hard Rock ?

Ruyter : Nous sommes l’évolution !

Blaine : Je ne suis pas vraiment ce qui sort. J’essaye de trouver mais j’e n’y arrive pas...

Lionel : …même pas Airbourne ?

(En chœur) Ah si Airbourne !!

Blaine : J’aime Airbourne ! J’adore le premier album ainsi que le second. En revanche je n’ai pas encore écouté le dernier. C’est vrai que la première fois que je les ai entendu j’ai trouvé ça ahurissant. Airbourne c’est exactement comme Rose Tattoo avec tout deux un putain de premier album où l’on se dit « mais comment ils ont fait cela ? ». Ensuite ils ont eu une plus grosse production pour l’album suivant mais les titres sont un peu moins bons mais c’est toujours un excellent groupe. Et leur musique retranscrit exactement ce qu’ils sont comme si ils jouaient dans ta salle à manger. Ils sont « fucking great » ! Ils se trouvaient au début devant 40 personnes et ensuite après leur deuxième album ils se retrouvent à jouer dans des stades. C’est un truc de dingue comme si c’était une blague, ils ont enregistré leur premier album un peu à la manière d’un groupe de punk rock. On nous a fait écouter le premier Runnin’ Wild et on a toute de suite dit qu’on en voulait une copie ! Et puis on les a croisés sur des festivals et c’est vrai qu’ils « bottent bien le cul ! »

Ruyter : Toi et ton « Kick your ass ! » (rire) Ô mon Dieu ! Et ce qui est fantastique c’est le public, la scène était recouverte de fumé et ensuite Joel qui commence à escalader la structure de la scène pour aller tout en haut, mais je faisais la même chose avant lui il y a quelques années. Il me copie (rire général).

Lionel : Vous êtes venus jouer très souvent en France qu’est ce que vous aimer et détester chez nous ?

Ruyter : C’est vrai qu’on a toujours du bon temps ici.

Blaine : Ce qu’on aime ici c’est que tout est proche. Oui les boutiques, les restaurants et on n’a pas besoin de rouler des heures pour aller prendre un verre. Et en plus les mecs en tournée s’occupent très bien de nous. Tu vois tu te réveilles et en plus il y a de la bonne nourriture, tu t’éclates !

Ruyter : Oui et d’excellents fromages. On adore la France et cette tournée est la plus longue que l’on va faire puisqu’il va faire 11 dates ! Je crois que sur la tournée précédente on n’avait que 8 shows.

Blaine : J’adore la campagne ici, cela me fait penser au Kentucky.

Ruyter : c’est vrai !

Blaine : Peu importe où l’on est en France, certains endroits me font penser au Kentucky. Une fois lors de la dernière tournée chez vous, je dormais dans le bus après avoir un peu fumé et je me suis réveillé ne sachant plus où j’étais et j’ai regardé à travers la vitre du bus et je me suis dit « Hé bordel mais on est encore dans le Kentucky ? ». (Rire)

 

Nashville Pussy

Lionel : Mais vous ne jouez pas au Hellfest cette année ?

Ruyter : Je ne sais pas, peut-être. Ils ont déjà annoncé les groupes ?

Lionel : Oui…

Ruyter : Merde, mec ! Elle est clôturée ?

Lionel : Oui…

Ruyter : Il faut faire une pétition pour que l’on vienne. C’était tellement génial la dernière fois que l’on s’y est produit. Super show. Et d’ailleurs on avait dû annuler la date suivante que l’on devait faire en Suisse. Alors on est resté au Hellfest pour faire la fête, il y avait tellement d’amis là-bas et on a passé tellement des bons moments. Bon on a raté la Suisse, mais là on s’est bien éclaté avec les potes.

(visiblement ennuyée de ne pas venir cette année à Clisson,  Ruyter se rallume une cigarette…
... alors, peut-être une dernière chance en cas de désistement ?)
 

Photo : Lionel / Born 666 / © 2014
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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