Battleaxe – Heavy Metal Sanctuary

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"Pour rester frais, même au combat !"...


(voix off) : «  Vous êtes un groupe de vétérans de la NWOBHM, des vrais, de ces pionniers émérites qui étaient là depuis le tout début, dès lors que l'on a commencé à forger le métal dans des riffs d'acier ...

 Vous (écho...), c'est Dave King (chanteur aux poumons de feu frottés au papier de verre), et Brian Smith (bassiste, parce qu'il en faudra toujours un ...) !

 

Dave King, Battleaxe 2013Brian Smith Battleaxe2013


 


Seulement, que faire quand on a déjà cassé la baraque à l'orée des 80's, armé d'un premier album fougueux du feu de dieu - le fort bien-nommé Burn this Town - , mais que l'on n'a pas réussi à entretenir la flamme (ni la confiance des maisons de disque, pour être plus terre-à-terre...) au-delà d'un deuxième album - pourtant sorti sur le légendaire et regretté label britannique Music For Nations - et donc à se hisser au même statut que les incendiaires de chez Iron Maiden, Saxon ou même Angel Witch ?

 

Que faire lorsque l'on a même quelque peu raté son hypothétique retour à compter de 2005 (le EP Nightmare Zone), avec pourtant du matériel 'vintage' en provenance du troisième album mis en boîte en 1987 et resté dans les tiroirs depuis, Mean Machine ? (NdA : nom destiné à qualifier l'industrie du disque ?! Mais ceci est un autre débat....)  Serez-vous enfin prêts pour le retour de la revanche ??

Vous avez encore la niaque, mais garderez-vous encore la foi intacte ?! (le foie, c'est une autre histoire...) Optez donc aujourd'hui pour la formule de .....

... Battleaxe !! ....

Battleaxe 2014

battleaxe, line-up 2014


De nouveau sur les rails en 2007 et définitivement sur pied trois ans plus tard avec la formule du même Nightmare Zone - réduite dorénavant à un seul guitariste - mais fort du retour d'un ancien batteur intérimaire désormais officialisé (Paul Atkinson, passé entretemps chez Skyclad), vous mettez désormais les premières touches à cet album de la résurrection tant attendue, Heavy Metal Sanctuary (les noms de Metal Edge, puis The Legions Unite avaient également été envisagés...).

Trois années de plus au compteur (mais plus c'est long, plus c'est bon !), et il est LA, enfin, ce troisième album que l'on n'attendait même pas ! Heu, pardon, que l'on n'attendait plus... Et c'est aujourd'hui disponible à grands renforts de tambours qui font du bronx et autres trompettes de guerre chez SPV/Steamhammer. La preuve :

 

Pour vous, auditeurs et 'old timers' en perpétuelle quête du riff, Heavy Metal Sanctuary, aujourd'hui c'est : une bonne dose d'Accept (effet sonore 'éclair'...), une pincée de Priest (effet sonore 'bécane'...), un soupçon de Running Wild !!! (effet sonore 'cavalerie' ?...) Un album moins ancré dans la sauvagerie juvénile et l'urgence du son de la NWOBHM, mais davantage, vous l'aurez compris, un hommage au bon vieux heavy métal racé européen - au sens plus élargi donc - que les fières 80's ont également fait éclore. Cette véritable chapelle sonore figée dans le temps, prétexte au recueillement des indécrottables abbés du couvent « c'était mieux avant... », c'est aussi et pour vous (enfin, pour eux...) :

. Une intro solennelle que vous aurez entendue 100 fois chez Manowar (effet sonore 'je-me-tape-sur-le-torse'), dans un phrasé qu'Eric Adams hésiterait même à attaquer pour plagiat (certes avec peut-être aujourd'hui un arrière-f(i)ond de jalousie...)

. Une énergie démentielle qui vient jaillir de la moindre rythmique ou du moindre solo, que l'on n'aurait osé imaginer en provenance d'une énième reformation à priori hasardeuse, que l'on n'espère d'ailleurs même plus retrouver chez bon nombre de "valeurs sûres" vieillissantes (effet sonore 'ronflements'...). Et tant pis si pour ça on doit faire face à un Dave King expressif mais un brin impersonnel, surjouant et en faisant des tonnes, semblant régulièrement singer Halford et Udo Dirkschneider à force de vouloir forcer le mimétisme (s'égosiller ainsi en fin de "Shock and Awe" ou même sur "Spirits of the Fallen" était-il bien nécessaire ?!),

. Heuuuuu... Du Maiden en force !!! (ce "Hail to the King", aux faux airs de "2 Minutes to Midnight" auquel encore une fois on aurait injecté du Accept et du Priest, comme au bon vieux temps du "Chopper Attack" du Power from the Universe...) Mais vous le préférerez d'autant plus à la sauce Di'Anno, petite 'NWOBHM touch' quand même oblige, what else ?! (fond sonore, heu, non non, oubliez...)

. De petites envolées de "speederies" à la 'Happy-happy' Helloween ou encore, encore, je vous le donne dans le mille... Accept !!! (« ...étonnant, non ?! »), notamment quand les guitares s'en vont "twin-iser" en leads lumineuses...

. C'est également la vieille connaissance de tournée Saxon qui vient sonner la charge après un prélude à la bataille sur le futur hymne en 'live' "The Legions Unite" (d'ailleurs, le groupe demande à ce qu'on leur rende Biff Byford, ils en ont besoin pour un autre refrain !) ... Ah, non, pardon, on me fait signe qu'aucun 'guest' ne se cache sur ce disque...

. Et c'est même - oui, même - du AC/DC ( jingle sonore : "Give It More"... Du moins, après cette intro pseudo-horrifique faussement menaçante qui, elle en revanche, lorgnerait plutôt du côté des vieux Ozzy ...). Une diversité affichée qui force le respect, même si elle occasionne des pertes notables de régime, notamment sur un film d'album renvoyant davantage au Power from the Universe des larrons, soit une musique plus canalisée et mélodique. Heureusement, c'est un "Bring your Daughter to...", pardon un "Romeo" survitaminé (précédé d'un "Kingdom Come" ravivant le souvenir des ballades/mid tempos d'Accept ou de Priest première époque) qui viendra ramener la fougue initiale, branchant de nouveau le courant alternatif sur le continu avant de conclure.
 

Mais cet opus, qu'on se le dise, c'est surtout et avant tout du riff et à haute teneur métallisée, d'une force à même de venir à bout de n'importe quel blindage et autre armure récalcitrante, mais dont le nombre sera inversement proportionnel hélas à celui des refrains qui marquent vraiment (surtout passés les quatre premiers titres, voire moins selon les auditeurs) et autres titres plus anecdotiques, pour ne pas faire tout de même une concurrence trop rude aux "Hell Bent For Leather", "Fast as a Shark", "Balls to the Walls", "To Hell And Back Again" et consorts de bonne mémoire.


Oui, mais c'est un résultat servi par une prod' en béton, de celles qui font rugir les décibels !!! Vous pensiez que le son des batteries 'heavy' sonnait mieux dans les 80's, plus percutant, moins désespérement synthétiques qu'aujourd'hui ? Bon, vous aviez raison... Mais l'énorme travail des guitare (un mix signé Fred Purser ex-Tygers of Pan Tang...) fait ici passer complètement à l'arrière-plan ce petit écart, grâce à tout le savoir-faire et la compétence de nos professionnels, un brin réactualisés pour le millénaire en cours.

Bref, une efficacité d'avance, pour nous les Mâles en quête des bonnes vieilles rythmiques abrasives qui mettent les hormones en éveil et le zizi tout dur !!... « Nothing less, nothing more »... Battleaxe ne donne pas des ailes, mais exhale tout de même un sacré parfum de testostérone. Alors ce n'est pas parce que le monde bouge que nous devrions perdre, comme nous l'a si bien enseigné un illustre fabriquant de saucisses, le goût des choses simples ... Mais ce sont donc surtout les puristes qui y trouveront leur compte. Pour les autres, ne manquez surtout pas la réédition désormais disponible elle aussi de ce petit condensé d'énergie NWOBHM qu'est Burn this Town (cf la fin du 'teaser' vidéo ci-dessus, le tout agrémenté de 4 titres 'live' bonus et à un prix dérisoire), lequel en comparaison fera certainement davantage l'unanimité chez les sceptiques. »

LeBoucherSlave
 


(ça fait quand même cher le spot de pub, tout ça...)

7/10

battleaxe, new album promo pic 2014

 

 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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