Soulfly au 106 de Rouen (06.03.2014)

Quelques jours après le passage de leurs frères ennemis Sepultura à Caen, la bande de Max Cavalera est venue investir la Haute Normandie afin de promouvoir leur album sorti en fin d’année dernière, Savages.

Hasard du calendrier quelque peu facétieux…

Substans

Le Hangar 106 étant une salle estampillée Scène des Musiques Actuelles (SMAC), c’est tout naturellement que les organisateurs ont proposé à Substans, un groupe de la région Rouennaise, d’ouvrir pour les américano-brésiliens. La salle est encore à moitié vide lorsque le quintet normands investit les planches. Encore peu connu, même sur la scène locale, le groupe qui existe depuis une dizaine d’année a connu les affres des splits et nombreuses résurrections. Ce soir, le groupe propose un set d’une petite demi heure, quelque part entre Machine Head et Pantera, l’originalité en moins.

Si le public bouge la tête sur les riffs lourds que propose le groupe, celui-ci est encore malheureusement peu expérimenté, ce qui se traduit par une communication pataude entre les morceaux. D’autre part, le son est un poil brouillon, avec notamment une basse très forte, voire trop forte, ce qui ne permet pas d’apprécier des compositions qui, à défaut d’être originales, ont le mérite d’être exécutées de façon carrée rythmiquement. Cependant, le chant à la Phil Anselmo sera peu sujet à variation et aura pour conséquence de lasser rapidement certains spectateurs qui trouveront refuge au bar.

Avec un peu plus d’expérience et de professionnalisme, Substans pourra peut être à terme montrer l’étendue de son talent, avec cependant l’obligation d’être un peu plus original s’ils souhaitent se démarquer.

Soulfly

Après une pause d’une demi heure, les lumières s’éteignent une fois la diffusion de « Voodoo Chile » d’Hendrix terminée (à ne pas confondre avec le titre « Voodoo Child (Slight Return) »). Max et ses acolytes entrent alors sur scènes sur les premières notes de « Bloodshed », premier titre de Savages.

Si l’album a été plutôt mal reçu par les critiques, le groupe, tout comme le public, n’en a cure et c’est tout le 106 qui saute en rythme sur les riffs syncopés du morceau. Tous les regards sont tournés vers le leader de la formation, qui bien que relativement timide au début du show, se déridera petit à petit pour aller taper dans les pognes des fans du premier rang. Max est malheureusement assez statique et scotché à son pied de micro, ce qui contraste avec Marc Rizzo, casquette vissée sur la tête, qui headbangue à tout va (bien que son son de guitare soit totalement écrasé par celui du leader). Tony Campos est quant à lui plus discret, concentré essentiellement sur ses parties de basse (beaucoup mieux mixées que pour Substans, soit-dit en passant), faisant quelques incursions au micro pour des backing vocals inaudibles (« Bloodshed »).

A la batterie, Zyon Cavalera est concentré et carré, bien que la comparaison avec Eloy Casagrande, actuel jeune batteur de Sepultura, joue en sa défaveur. Techniquement irréprochable, Zyon est cependant trop rigide et manque légèrement de groove (« Prophecy »).

Malgré le choix peu judicieux d’ouvrir le set avec deux extraits de Savages, Soulfly se rattrape par la suite, Max communiquant d’avantage avec son public, qui d’ailleurs joue son rôle de cinquième membre du groupe. Les circles pits endiablés feront leur apparition sur les classiques de Sepultura « Territory » (Chaos A.D) ou « Troops of Doom » (Schizophrenia) et on ne comptera plus le nombre de slammers qui pousseront le groupe à donner le meilleur de lui-même. Prophecy sera également bien mis à l’honneur, avec pas moins de quatre titres, dont le morceau éponyme, mais encore « Living Sacrifice », « Execution Style » ou la fin de « Defeat U ».

Mais les brésiliens n’oublient pas leur carrière plus récente, à l’image de « Blood Fire War Hate » (Conquer 2008) ou de « Plata o Plomo » (Enslaved 2012), faisant ainsi office de machine à voyager dans le temps, entre ces titres plus récents et les reprises de la période Sepultura. A ce sujet, le public du 106 réalisera un circle pit mémorable sur « Territory », tel que la salle n’en a certainement jamais connue. Max sera d’ailleurs très reconnaissant envers les rouennais, et bien que communiquant peu entre les chansons (à part pour présenter à plusieurs reprises son fiston) sera tout sourire pendant la majeure partie du concert. Marc Rizzo mettra en avant ses capacités à expérimenter à la guitare, à  la manière d’un Tom Morello.

Le point d’orgue du concert sera atteint avec, en guise de final, « Roots Bloody Roots ». Sur ce morceau, Max n’a quasiment rien à faire, le public hurlant les paroles à plein poumon, tout en sautant au rythme de la musique.

Au bout d’une heure et quart, Max Cavalera s’empare du micro afin de réclamer que le public crie pour lui (« Scream for me France », ce qui sous entend que Soulfly ne savait pas exactement dans quelle ville ils jouaient). C’est alors qu’il repart en coulisse, pendant que le trio restant entame le premier couplet du « Trooper » de Iron Maiden, en guise de conclusion.

Le show se termine ainsi, de façon assez brutale, Max ne revenant pas saluer le public qui pour le coup a donné le meilleur de lui-même. Dans l’ensemble, le concert donné par Soulfly était très correct, surtout lorsque l’on sait que les prestations de Max peuvent être très variables. Mais ce dernier a su se montrer plus communicatif que d’habitude, malgré un show un poil trop millimétré et surtout une fin brutale qui laissera un léger gout d’amertume. Heureusement, en guise de consolation, les fans pourront se rattraper au bar, en compagnie de Tony Campos, venu saluer son public et partager un « bain de foule ».

Au final, malgré une bonne prestation de Soulfly, la comparaison avec le concert de Sepultura quelques jours avant est à l’avantage de ces derniers, malgré un public Rouennais beaucoup plus immergé dans le show que leurs homologues bas normands.

Setlist Soulfly

Bloodshed
Cannibal Holocaust
Prophecy
Back to the Primitive
Fire/Bring it/Defeat U
Refuse/Resist
Execution Style
Troops of Doom
Downstroy
Seek N’ Strike
Living Sacrifice
No Hope = No Fear
Blood Fire War Hate
Territory
Arise/Dead Embryonic Cells
Plata O Plomo
Master of Savagery
No
Roots Bloody Roots
Jumpdafuckup/ Eye for an Eye
The Trooper

Un grand Merci au Hangar 106 à Rouen.
Photographies : Watchmaker
 



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