Stam1na – SLK

SLK : Le premier faux pas ?
 

Stam1na fait clairement partie de ces groupes maudits, bourrés d’originalité, avec des compositions puissantes et intelligentes mais qui sont, a priori, voués à rester dans l’anonymat de l’underground. On pourrait chercher les raisons qui font que cette formation reste, à son sixième album studio, une formation confidentielle dans le métal, alors que leurs opus les plus récents sont toujours premiers des charts finlandais. Le chant en finnois fait sans doute partie de ces explications, mais c’est paradoxalement ce qui contribue à donner son identité au groupe.


Avec Janne Saksa (Turisas, Rotten Sound) à la production et Tue Madsen (The Haunted, Hatesphere) au mixage, voyons ce que donne ce sixième effort discographique à la pochette énigmatique !
 

Stam1na, Dynamo, 2014,


Dès la première chanson « Rautasorkka », on sent que notre bande de finlandais barjots a décidé de faire un album sombre, probablement le plus tourmenté de la discographie de Stam1na. C’est en tout  cas ce qui se ressent à l’écoute de la musique, mais il faudra parler finnois pour comprendre ce que Hyrde (chant/guitare) hurle, chante ou clame. Les familiers du groupe savent qu’il aborde souvent des thèmes sérieux, comme la religion ou la destruction de notre écosystème, on peut donc supposer que ça n’a pas changé.
 

Stam1na, promo, picture, SLK, review,


Musicalement, on retrouve le groupe exactement où on l’avait laissé avec Nocebo, restant dans son crossover fourre-tout, mélangeant sans complexe thrash, hardcore, djent et métal progressif. Si ce cocktail permet a priori d’obtenir une musique très variée, on constate cependant que l’album reste dans cette tonalité noire. Les musiciens sont eux toujours aussi impressionnants, ce SLK se concentrant cette fois plus sur les riffs que les solos, même si Pekka “Pexi” Olkkonen (guitare) et Hyrde continuent de tricoter avec talent des leads de premier choix tout au long de l’album.
 


Le groupe se focalise donc sur les textures sonores, pour élaborer ce climat musical sombre et parfois malsain. On le perçoit sur « Panzerfaust » ou « Heikko ehkä », et plus généralement sur l’ensemble de l’album. Le chant est, comme l’instrumental, plus rugueux et moins poli. A l’image de « Kalmankansa », les voix sont aussi mélancoliques et contribuent fortement à donner cette ambiance particulière à cet opus. On retrouve à de rares occasions les harmonies et chœurs épiques caractéristiques du groupe, comme sur la sublime « Dynamo », premier single de l’album ou l’excellente chanson-titre « SLK » venant le clôturer.
 

Stam1na, chronique, 2014, SLK,


Si on peut se réjouir que Stam1na explore de nouveaux territoires avec SLK, notamment par un usage plus appuyé des claviers, la mayonnaise n’arrive pas à prendre complètement. On a du mal à accrocher aux chansons les plus lourdes et torturées comme « Masiina » ou « Kylmä Kuuma Kylmä » L’accent est peut être trop mis sur l’agression, et pas assez sur la mélodie. Avec du recul, on sent que c’est un choix délibéré du groupe, mais il n’est pas évident à apprécier.
 

Stam1na, 2014, SLK, chronique,


Malgré tout, il serait malhonnête de déclarer que SLK est un mauvais album. Servi par une production mettant parfaitement  en valeur sa musique, il comporte presque tous les éléments qui font le sel de Stam1na. Mais ce choix de faire un album plus sombre, avec des ambiances ostensiblement moins accrocheuses, suscite autant l’admiration pour l’audace artistique que la déception, car on ne peut s’empêcher de regretter les chœurs ciselés, ainsi que l’énergie positive qui se dégage ordinairement de la musique du groupe. Nocebo avait révélé un groupe en état de grâce au niveau de l’écriture comme de la production, avec des compositions mêlant rage et mélodie avec une ingéniosité insolente, venant conclure une série de cinq albums uniques et géniaux. On aurait plus de mal à classer SLK dans cette catégorie, et il n’est probablement pas l’album le plus adéquat pour entrer dans l’univers déjanté de Stam1na. Peut être que le temps lui rendra justice, comme tant d’oeuvres qui ont fait des déceptions à leur divulgation au public, puis qui ont progressivement acquis le fameux statut d’«album culte ».

Note : 7,5

Chronique rédigée par Tfaaon

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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