Menace – Impact Velocity

Au max la Menace ?

Voilà un groupe qui n’a pas choisi le nom le plus original, certes… Cependant, nous voici d’autant plus pris à contrepied lorsque nous apprenons que son fondateur n’est nul autre que Mitch Harris (Napalm Death) et que sa musique n’a rien, mais alors rien du tout, d’extrême. Les fans du combo anglais seront d’ailleurs totalement désarçonnés (à part peut-être sur l’intro et riffage de « Within Context », mais vite fait), risquant de passer à côté de quelque chose de fort beau et soigné si tant est qu’il n’aient pas l’ouverture d’esprit nécessaire. Alors partons à la découverte de ce Impact Velocity, paru le 18 mars chez Season of Mist

D’emblée, le côté éthéré et fin mélangé à une profondeur musicale intense saute aux oreilles avec un « I Live with Your Ghost » à la fois puissant et simple d’accès pour ouvrir le disque. On ne peut s’empêcher de penser à un Fear Factory ou Killing Joke sur les arrangements synthés, en moins électro et plus symphonique presque, où le réhaussement de quelques choeurs féminins ne font qu’amplifier ce sentiment de bien être qui ne va cesser d’agir tout au long des 47 minutes façonnant ce CD.

Les atmosphères générales sont en effet imparables, touchant au post rock léger (Cult of Luna sans le côté technique saccadé comme sur « Painted Rust ») ou donc plus indus prog (Tool, mais là encore bien plus « easy listening »), on peut même rechercher des influences jusqu’à Dead Can Dance pour le côté rêveur. Rajoutons Mastodon aussi (« Multiple Clarity », « Everything and Nothing »…), et on comprendra aisément pourquoi Brann Daylor devait faire partie du projet avant son désistement.

Derrière les fûts, nous retrouvons donc Derek Roddy (Serpents Rise) qui sur ce Menace fend l’tom de façon douce sans jamais extrêmiser son jeu (sauf peut-être sur le morceau titre et ses accélérations bien burnées). Celui-ci n’est pas pour le moins technique et subtil lorsqu’il doit l’être, malgré un côté parfois trop « mécanique ». L’agressivité de certains riffs se fait certes ressentir sur certaines intros (« I Won’t See the Sun », « Everything and Nothing » ou « Drowning in Density ») mais très vite la légèreté reprend le dessus, la voix de Mitch s’avérant surprenante entre Layne Staley et Jaz Coleman dans les moments les plus psyché. De là à dire que Menace pourrait constituer une sorte de Alice in Chains indus sympho rock atmosphérique, il n’y a qu’un pas qu’on serait tenté de franchir par instants.

Le seul défaut de cet album au final sera peut-être une certaine linéarité globale qui pourrait lasser un auditoire pas trop concerné, et faire passer certains à côté de ses nombreuses richesses de composition qui jaillissent ci et là au fil des écoutes. Mais on sent que Mitch a ici fait un choix, loin de toute surenchère si ce n’est peut-être sur les orchestrations claviers très envahissantes et qui naviguent entre darkwave et bande son de film. En ces termes, nous retiendront l’excellent mais peut-être trop « avant-gardiste » en soi « Positron » qui se pose en pièce maîtresse au coeur de l’album, mais aussi cette étonnante conclusion très narrative et électro intitulée « Seamless Integration » qui sonne comme un témoignage de l’artiste.

Mitch Harris Menace

A la manière d’un Ghost spatial, Menace propose ainsi un album soft et catchy (mais pas tant que ça, ne cherchez pas trop le refrain qui tue sur cette galette car vous serez déçus) dans le côté plus synthétique et sombre d’une musique obscure qui donne pourtant une pêche optimisite à son écoute. Une offrande rare, pour un projet mené de main de maître et que l’on espère voir être poursuivi par la suite. Car on sent que l’ami Harris en a encore sous le pied et peut mener cette aventure encore plus loin encore pour un opus plus abouti, plus spectactulaire. A suivre…

La Folle Fougère

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements