Six Magics – Behind The Sorrow

Six Magics, ça ne vous dit rien ? Vous êtes sûr ? Mais si, rappelez vous !

Fondé en 1996 et originaire du Chili (dans un autre style citons Mar de Grises et Uaral, qui ne vous sont pas inconnus non plus j'espère), cette joyeuse troupe sud-américaine avait été remarquée avec l'excellent « The Secrets of An Island », excellent album de power métal, sorti en 2004. Aujourd'hui et après de nombreux changements (de line-up particulièrement), nos amis de Santiago sont prêts à conquérir le monde du métal (et plus si affinités).

 

Vous vous rappelez de Six Magics maintenant que j'ai évoqué « The Secrets Of An Island », pas vrai ?

Ces choeurs grandiloquents, ce power métal certes parfois maladroits mais tellement attachants et prometteurs, qui vous avait emballé tout comme moi.

 

Et bien exit ! Ce « Behind the Sorrow », nouvel album du groupe paru en février 2010 chez Coroner Records est un virage à 180° pour les cinq chiliens.

Quoi, comment ? Je sens déjà vos visages crispés par la peur et l'angoisse à la lecture de cette phrase. Rassurez-vous, tous les détails, c'est dans la suite !

 

Les choeurs sont ici relégués au rôle de soutien sur les refrains alors que ces derniers étaient omniprésents sur le précédent brûlot des chiliens, ce qui montre encore cette volonté pour les sud-américains de vouloir changer de cap et d'orientation musicale.

Désormais, fini aussi les influences Rhapsody, eject les petites sonorités sud-américaines apportées grâce à la guitare acoustique qui faisaient le charme et donnait à « The Secret of An Island » son côté touchant et personnel.

Nouvelle influence ressentie pour le groupe : celle de Megadeth.

Sur « Run » et son break, elles sont très flagrantes. Trop, même ? Car si le groupe avait un peu de mal à se détacher de ses influences sur l'opus qui précédait, ce même problème survient également sur cet album.

 

Aucune composition n'égale un « Caleuche (The Flying Dutchman) » ou encore un « Goddess of the Seas », titres phares de la discographie des chiliens. C'est bien dommage, car les morceaux de ce nouvel album sont certes bons mais la comparaison peut encore être faite avec l'essai précédent et on est bien déçu de voir que le combo ne nous propose ici aucune piste aussi efficace et accrocheuse.

Même si dans l'ensemble les compositions de ce « Behind the Sorrow » sont sympathiques.

Des refrains souvent entêtants, mêlant puissance et maîtrise, arriveront sans le moindre problème à séduire plus d'un. Mais pour ceux ayant écouté l'opus d'avant, l'ombre des compositions épiques et mélodiques plane encore.

Se détachent malgré tout « Animal », « Behind the Sorrow », « Lies and Rules » et « They », sans conteste.

 

D'ailleurs, cet album n'est composé que de 10 titres seulement contre 17 (en comptant les interludes) pour le précédent album. Un choix montrant également que le groupe développe un côté plus easy-listening. Ambition commerciale de nos amis chiliens conquérants du vaste et grand monde du métal ?

 

Le changement de cap du combo de Santiago vient aussi du chant.

Sergio Dominguez laisse sa place à Elizabeth Vásquez. Et là, en revanche c'est plus que satisfaisant.

Ne passons pas par quatre chemins : la chanteuse s'en sort beaucoup mieux que son prédécesseur.

Techniquement, Ely est excellente, maîtrisant sa voix à la perfection. Elle connaît ses limites et n'essaye jamais d'en faire trop, contrairement à Sergio, ce qui donne un résultat sans fausse note.

Son timbre grave et sa voix chaude, me rappelant par instants celui d'Elisa C. Martin (Dreamaker, ex-Dark Moor, ex-Fairyland, ex-Ebony Ark), sont magnifiques à entendre.

De plus, sa voix est tout à fait adaptée aux compositions du groupe et s'affirme encore comme le point fort du groupe sud-américain. Sa puissance vocale apporte beaucoup de dynamisme à chaque titre.

 

La production, quand à elle, est l'autre point ayant évolué de manière très positive par rapport au précédent album. Maintenant, avouons le, elle est « presque » parfaite : Si la basse de Mauricio Nader sonne parfois légèrement compressée et noyée, les autres instruments sonnent clairement.

Les solos de guitares sont présents mais pas de trop, et sont sympa sans être exceptionnels. La batterie sonne quand à elle un peu répétitive mais ne gâche pas le plaisir de l'écoute.

 

Nous pourrons donc affirmer que le groupe semble avoir choisi une nouvelle voie dans laquelle il réussit à convaincre, même si les comparaisons avec l'opus de 2004 ont tendance à le baisser au niveau de sa qualité.

On ne sait donc plus sur quel pied danser avec ce « Behind the Sorrow » des Six Magics, qui est certes bon, qui n'a rien à voir avec le précédent, mais qui ne peut convenir entièrement aux adeptes de « The Secrets of An Island ».

Mais reconnaissons quand même que ce nouvel album présente des qualités qui n'étaient pas présentes sur le brûlot précédent, notamment une structure bien plus ordonnée et surtout un chant nettement plus convaincant.

 

Un album sympa mais qui ne révolutionnera pas le genre.

 

Note finale : 7/10

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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