Tobias Sammet, leader du projet Avantasia

Dans le cadre de la journée promo Avantasia sur Paris le lundi 8 mars dernier, j’ai pu interviewer son créateur et leader Tobias Sammet pour une interview réalisée après l’écoute de 12 des 22 nouvelles chansons qui composeront le nouveau double album The Wicked Symphony / Angel of Babylon dont la sortie est prévue le 3 avril 2010 chez Nuclear Blast.

Tobias Sammet

Ju de Melon : Bonjour Tobias !

Tobias Sammet : Bonjour !

Ju de Melon : On en a parlé un peu tout à l’heure mais ça doit faire au moins la 20ème fois que tu viens ici…

Tobias Sammet : Probablement oui, ça doit être à peu près ça.

Ju de Melon : Tu en gardes beaucoup de bons souvenirs je crois, même si tu préfères certainement venir ici pour des concerts !

Tobias Sammet : Oui, c’est clair ! On a joué si souvent ici ou dans les alentours… on a performé avec Angra, avec Gamma Ray, avec Hammerfall, et j’en passe ! Sans oublier les promotions donc et les séances d’autrographes, mais j’adore ça, et j’adore cette ville ! On a toujours quelques relations privilgiées avec certains pays, la France et la Suède par exemple, car ce sont des endroits où on a commencé à jouer très tôt avec Edguy et où l’accueil à toujours été chaleureux. Que de bons souvenirs, je pourrais t’en parler pendant des heures…

Ju de Melon : Parlons donc des albums, car oui y en aura 2 ! Quelles sont tes attentes ? Penses-tu pouvoir « dominer le monde » avec ? (rires)

Tobias Sammet : Non quand même pas (rires), je ne sais pas trop quoi attendre en fait, c’est dur à dire… Parfois je suis un peu une sorte de fataliste ! J’ai fait tout ce que j’ai pu dans ces albums, j’ai donné le meilleur de moi-même et je pense avoir écrit des titres de qualité mais bon tu sais… Je ne vois pas ça comme un produit en tant que tel ! De toute façon je me suis fait plaisir avec ces albums, je voulais faire ce qui me plaisait et écrire les chansons que je voulais écrire, je ne me suis pas pris la tête en pensant à « l’après ». Une chose compte : Jouer la musique que j’aime, que j’aimerais écouter moi-même, avec les musiciens que je désirais avoir autour de moi ! Maintenant, peu importe ce qui peut arriver… Même s’il est évident que j’aimerais beaucoup que les gens apprécient mes oeuvres et être heureux en l’achetant ou en l’écoutant, afin qu’on puisse refaire un autre album dans le futur si les retombées financières avec le label sont bonnes. Mais bon moi j’ai fait ce que j’avais à faire, le destin de ce double album n’est plus dans mes mains, et si les gens disent que c’est de la « merde » alors je serai obligé d’accepter… Mais je ne pense pas que ça arrivera, je crois quand même beaucoup en ces nouveaux albums.

Ju de Melon : Quelle est l’histoire de ces deux albums, le concept décrit tout au long des 22 morceaux qui les composent ?

Tobias Sammet : Déjà il faut savoir que c’est la suite de The Scarecrow, sorti en 2008. C’est l’histoire d’une personne qui se sent seule, un peu isolée émotionellement, un autiste avec une perception sur-développée. Il voit les choses différemment, déconnecté du reste du monde, il ne reçoit aucun amour bien qu’il aimerait que les gens aiment… Du coup il découvre que la seule chose qui le rend heureux dans la vie c’est sa faculté à absorber les vibrations du son et à les transformer en quelque chose de différent pour ainsi créer son petit monde à lui. Par la même occasion, il essaye de le partager avec le monde et crée donc son propre « art », et ainsi il commence à toucher ou émouvoir d’autres gens. Ca lui permet d’être enfin apprécié par les autres, et en captant leur vibration positive il se sent mieux et en paix avec lui-même… Du coup il en transforme tout ça en joie pour le monde, quelque chose de grand, et les personnes autour commencent à voir en ce rejeté de la société une sorte de messie ! Par conséquent, il est acclamé, tout va bien pour lui, mais cette nouvelle vie le rapproche de la tentation ! Il côtoie de plus en plus près la nature humaine, se sent comme connecté et doit résister aux tentations de son pouvoir… Sa vie se résume alors à une sorte de pendule qui va et qui vient, un peu comme dans Faust, avec la « tentation du mal » d’un côté et les « regrets », la « rédemption » de l’autre. Parfois il se rend compte moralement qu’il est du mauvais côté, puis peu après il se retrouve malgré lui entraîné par les vices de la vie, face à ses propres démons… Ces deux nouveaux albums soulignent les différents aspects que peut prendre la tentation mais aussi les moments « lumineux » où il se réveille et regrette ce qu’il a pu faire. C’est donc en quelque sorte une métaphore de la nature humaine et de ses extrémités dans le bien ou dans le mal.

Ju de Melon : Quelques mots sur l’écriture de l’album… Je crois savoir que certaines chansons ont été écrites il y a pas mal de temps…

Tobias Sammet : C’est vrai oui !

Ju de Melon : Comment s’est passé ce processus en ce qui te concerne ?

Tobias Sammet : Oh tu sais ça a été plutôt simple car pour moi écrire ce n’est pas du travail, c’est un vrai plaisir. J’écrirais de la musique même si je ne pouvais pas enregistrer derrière, c’est quelque chose que je veux faire et dont j’ai besoin. Etre créatif c’est pour moi capital… quasiment vital je dirais ! En même temps, c’est normal, je n’écrirais pas des chansons si je n’aimais pas ça (rires) ! Pour moi ça vient simplement, l’inspiration est là et dès que j’ai une idée je prends mon synthé pour immortaliser la mélodie… Parfois quand tu te réveilles le matin tu as un air en tête et hop c’est parti ! En quelques minutes sur un clavier tu retrouves cette mélodie et c’est ainsi que peut naître une chanson. Créer en musique c’est quelque chose qui fait partie de moi, sans ça je serais peut-être un tueur en série (rires)… Je sais pas mais en tout cas si je n’avais pas la musique dans ma vie je ne serais sûrement pas très heureux.

Ju de Melon : Arrêtons nous à présent sur l’enregistrement. Parfois ça a dû être fastidieux et difficile à organiser avec les différents guests…

Tobias Sammet : En effet, ça a pris pas mal de temps… On a commencé à produire ces albums à l’époque de The Scarecrow en 2006, certaines parties batterie sur ce nouvel opus datent de cette époque. Bien sûr entre temps on a interrompu le processus pour faire d’autres choses, des tournées et un nouvel album avec Edguy par exemple… Mais dès que j’avais du temps, j’allais en studio pour faire quelques enregistrements. On n’a jamais travaillé 6 mois non stop sur ce projet, tout a été fait par périodes et par phases. On a vraiment pris notre temps pour faire ces deux albums, il n’y avait aucune pression, aucune date limite alors on est allé à notre rythme pour faire les choses du mieux qu’on le pouvait. Après tout personne n’attendait un nouvel Avantasia… on a donc joué là-dessus pour y aller cool et faire ça tranquille sans être pressé par le temps.

Ju de Melon : Parlons des arrangements… de ce que j’ai entendu, la production semble massive et très soignée avec notamment de très bons éléments symphoniques ! As-tu fait appel à un orchestre par exemple sur la première chanson « The Wicked Symphony » ?

Tobias Sammet : Non, même pas ! Je dois tout à Miro Rodenberg pour le coup, il a fait tout ce qui est samples symphoniques ou typés bande son de films. Il avait déjà travaillé pour Edguy sur Hellfire Club, il est vraiment très très bon. C’est un peu le Hans Zimmer de l’Allemagne… bien que Zimmer soit aussi allemand mais il travaille plus sur Hollywood (rires) ! Il a un très bon matériel et sait vraiment s’en servir, il a beaucoup de talent. Il prend beaucoup de temps pour obtenir un résultat vraiment convainquant, et franchement c’est plus que réussi. Tu sais, on aurait pu prendre un orchestre, mais franchement je ne pense pas ça aurait fait une grande différence… en tout cas pas moi ! C’est forcément plus simple et moins coûteux de fonctionner ainsi avec des samples, et de toute façon la plupart des bandes sons à Hollywood sont construites ainsi de nos jours. Donc c’est qui est bon pour Hollywood et ses films à 5 millions de dollars l’est également pour moi (rires) !

Tobias Sammet

Ju de Melon : Un petit point sur les guests présents dans cet album. As-tu obtenu la participation de tous les chanteurs et musiciens que tu désirais avoir à la base ?

Tobias Sammet : Globalement j’ai atteint mes objectifs sur ce point même si j’ai dû faire quelques compris. Par exemple, j’aurais aimé avoir Sebastian Bach de Skid Row mais ça n’a pas pu se faire, il n’était pas trop intéressé visiblement, j’ai donc dû chanter la chanson prévue pour lui moi-même. Mais en général je suis plutôt content de l’équipe que j’ai pu réunir autour de moi sur ce nouvel opus d’Avantasia, je pouvais difficilement espérer mieux ! Par exemple Eric Singer et Bruce Kulick, de Kiss ou anciennement, ou encore bien sûr le grand Klaus Meine (Scorpions) pour ne citer que ceux-là… sans oublier les habituels et amis que sont Jorn Lande ou André Matos !

Ju de Melon : Si tu refais un album d’Avantasia un jour, y aurait-il des chanteurs que t’aimerais avoir comme Bruce Dickinson par exemple ?

Tobias Sammet : Tu viens de le dire, Bruce Dickinson en effet ! Je voulais l’avoir pour The Metal Opera Pt. 2 mais ça ne s’est pas fait, pareil pour The Scarecrow… C’est un homme très occupé, faut s’y faire, il passe son temps à piloter des avions dès qu’il a du temps libre… Remarque je le comprends, si j’avais 50 ans et 30 ans de glorieuse carrière dans le plus grand groupe heavy metal de tous les temps, je pense que je préfèrerais occuper mes temps libres avec mes passions plutôt que de passer des heures en studio pour un projet qui n’est même pas le mien. Je comprends et je respecte parfaitement son choix !

Ju de Melon : J’en avais parlé avec Arjen Lucassen dans une entrevue l’an passé, il m’a dit que t’avais été jaloux de la participation de Bruce dans Ayreon… (rires)

Tobias Sammet : (Rires) Oui c’est vrai ! Mais j’espère que tu lui as parlé d’Alice Cooper (rires) !

Ju de Melon : En effet (rires), lui aussi est jaloux pour le coup ! Revenons sur le double album, est-ce que tu as des chansons préférées et coups de coeur ?

Tobias Sammet : C’est dur tu sais, je ne peux pas choisir… Je suis fier de chacune d’entre elles, je suis évidemment très fier de ce duo avec Klaus Meine sur « Dying for an Angel ». Mais si je devais en choisir une en ce moment je pense que j’opterais pour « Runaway Train » en raison de sa diversité… Pas parce que je pense qu’elle est meilleure que les autres, elle montre simplement différentes facettes qui en font une chanson très riche, et en plus elle comporte 4 chanteurs différents ce qui n’est pas banal !

Ju de Melon : Quelques mots sur les instruments… As-tu joué toi-même les parties basses ?

Tobias Sammet : Oui pratiquement, sauf sur la chanson « States of Matter » mais pour le reste c’est moi en effet !

Ju de Melon : Et les parties guitares, en majorité Sascha Paeth ?

Tobias Sammet : Oui, il a fait toutes les guitares rythmiques et 50% des lead. Sinon, Bruce Kulick a fait 25% des autres lead, les derniers 25% ayant été joués par Oliver Hartmann. Par exemple Bruce Kulick a joué sur les chansons « Stargazers » et « Runaway Train », en tout il a joué sur 5 ou 6 titres.

Ju de Melon : Je pensais qu’il avait aussi joué sur « Death is Just a Feeling », le solo m’avait fait penser à lui…

Tobias Sammet : Non, c’est Sascha qui joue dessus !

Ju de Melon : Justement parlons-en de cette superbe chanson qui semble un peu à part sur l’album !

Tobias Sammet : Oui c’est un morceau assez bizarre et étrange, on dirait presque une bande son à elle seule ! De plus sa structure est très particulière, c’est une chanson à part sur ce plan… le début pourrait faire penser à une comptine malsaine, j’adore d’ailleurs la performance de Jon Oliva sur cette piste, je pense vraiment que c’est le morceau le plus déjanté que j’ai jamais écrit !

Ju de Melon : Avec ce côté Tim Burton dans l’atmosphère…

Tobias Sammet : Oui, tout à fait, t’as vu juste ! J’adore Tim Burton, je suis un grand fan, d’ailleurs toute l’histoire derrière le concept rappelle pas mal certains de ses films. Tu sais, pour la pochette de The Wicked Symphony, j’ai demandé à l’artiste qui a créé l’artwork de s’inspirer de cette atmosphère et d’en faire une sorte de pochette DVD d’un film de Tim Burton.

Tobias Sammet

Ju de Melon : En effet il y a quelque chose ! As-tu des projets de tournée avec Avantasia, que ce soit pour des dates ponctuelles ou des festivals ?

Tobias Sammet : Non, même pas de festival, du moins pas pour l’instant ! Pourtant il y a quelques temps je pensais encore que ça pourrait se réaliser… Mais aujourd’hui je doute que cela soit possible, tout simplement parce que j’ai énormément de choses à faire et eux aussi ! Il est pratiquement impossible d’accorder les emplois du temps de chacun, donc malheureusement je ne pense pas que ça se fera… mais sait-on jamais ?

Ju de Melon : Déjà occupé à l’écriture d’un prochain Edguy ?

Tobias Sammet : Non, pas encore, même si nous avons déjà quelques idées de chansons, Jens Ludwig notamment… Je pense qu’on commencera à se réunir cet été pour quelques séances de répétitions ensemble, mais très calmement, sans se presser ! On commencera d’abord par se retrouver entre potes autour d’un bon barbecue et après on verra pour les idées…

Ju de Melon : En ce qui concerne ta voix, comment l’entraînes-tu et la préserves-tu notamment avant un concert ?

Tobias Sammet : Pour être franc je ne l’entraîne pas du tout, par contre je fais attention de la protéger au maximum dès que je le peux. J’ai une hygiène de vie plutôt correcte, je ne fume pas à part quelques cigarellos de temps en temps mais franchement rarement… Je ne me drogue pas, je ne bois que très raisonnablement, et en fait j’essaye de ne pas trop y penser ! Parce que plus on pense à sa voix, plus on prend de risques… Il y a pas mal de chanteurs sur certaines tournées qui sont chiants à ce sujet et qui se plaignent toujours du genre « Oh merde, j’ai pas de voix aujourd’hui, les gens vont me jeter des tomates sur scène », etc. ! Un gars comme David Lee Roth (Van Halen) par exemple a passé toute sa carrière sans pouvoir vraiment chanter juste ou au top de son potentiel sur scène… Il ne s’est pas pour autant pris la tête et faisait pas mal de blagues sur scène ! Pas d’excuse, il faut savoir divertir la foule et ce même si la voix n’est pas au rendez-vous… Bouger, sauter, parler au public, faire le con et ne pas se lamenter sur son sort !

Ju de Melon : Parlons à présent de la petite polémique actuelle qui fait du « power metal » un style « mou et sans aucune innovation » pour certaines personnes… Comment expliques-tu ce phénomène et le fait qu’aujourd’hui tout ce qui est heavy/power ne soit plus trop à la mode comparé à certains styles plus extrêmes ? Quel est ton point de vue en tant que frontman d’Edguy… ?

Tobias Sammet : C’est une question pas évidente. Déjà je ne sais pas si on peut dire que Edguy c’est du power metal, même pas sûr que ça en a déjà été pour moi… C’est un peu abstrait comme terme, je n’ai jamais vraiment su ce qu’était le « power metal » pour être honnête. Peu importe le style dans lequel on essaye de nous catégoriser, on joue du heavy, du power, du hard rock… c’est vraiment sans importance en fait ! Mais cette scène n’est pas forcément morte aujourd’hui, pas même pour moi… Par exemple je suis curieux d’entendre le prochain Masterplan avec Jorn Lande au chant, pour le reste j’en sais trop rien ! Il y a des groupes qui m’intéressent peu, à vrai dire je n’y pense pas trop. Quand on y pense, lorsque j’ai commencé avec Edguy, tout ce qui était heavy/hard rock/power était déjà un peu démodé, au début des années 90… On était considérés comme des has been, pour être à la mode il fallait ressembler à Kurt Cobain et faire de la musique du même genre, il n’y avait pas besoin de savoir bien jouer d’un instrument. Puis soudainement, vers la fin des années 90, on a été propulsés sur le devant de la scène et considérés comme les sauveurs du heavy/power avec des groupes comme Hammerfall et Rhapsody ! Ici en France c’était plus Angra, Vanden Plas ou Symphony X, mais c’était globalement le même phénomène ! Tout à coup, on est redevenus cool, on faisait les couvertures des grands magazines… Puis, quelques années plus tard, nous voici à nouveau totalement démodés, donc tu vois ! Ainsi va la mode, un coup on est au top, quelques années après on se retrouve en bas… Mais d’un point de vue personnel je ne vois pas tant que ça de différence, car nos fans restent fidèles et le public ne change pas trop. Le reste c’est la presse qui décide et franchement j’en ai rien à faire, de toute façon quelque soit le style chaque groupe qui propose de la bonne musique saura trouver son propre public ! L’important c’est les fans, la mode on s’en balance…

Ju de Melon : Une dernière petite question, quel est ton artiste français préféré ?

Tobias Sammet : Louis de Funès ! Rappelle-toi notre hommage « La marche des gendarmes » avec Edguy… Ce mec était génial ! Sans oublier Franck Ribéry, un véritable artiste lui aussi (rires) ! Surtout depuis qu’il joue pour le Bayern de Munich, mon équipe préférée !

Ju de Melon : Quelques derniers mots pour les fans français qui attendent l’album avec impatience ?

Tobias Sammet : Je voudrais les remercier pour leur soutien, que ce soit pour Edguy ou Avantasia. Même si nous sommes considérés comme des gens « pas cool » et démodés, merci d’être toujours là ! Et même si on vous traite de has been à l’école ou je sais pas quoi, restez-nous fidèles (rires) ! En tout cas, sachez que j’apprécie votre présence, ça fait chaud au coeur et ça motive pour la suite !

Ju de Melon : Merci pour ta disponibilité et à bientôt !

Tobias Sammet : Merci à toi d’être venu, au revoir !

Ju & Tobi

Une entrevue très cordiale réalisée dans le bar La Cantada dans le 11ème arrondissement.

Si par ailleurs vous vous demandez à quoi ce double-album va ressembler, retrouvez mes premières impressions sur 12 des nouveaux morceaux d’ Avantasia en cliquant sur ce lien : www.lagrosseradio.com/blogs/blog_post.php



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