Epica – The Phantom Agony (2003)

Première « chro » flashback par votre bien aimée Amaurea. A l’occasion de la sortie de The Quantum Enigma dont l’interview et la chronique vous seront proposées plus tard aujourd’hui, j’ai pris l’initiative de revenir sur le tout premier album du groupe, devenu une référence à l’heure actuelle en matière de Metal Symphonique.

L’occasion également de refaire un petit point sur leur carrière.

A cette époque Mark Jansen quittait fraichement After Forever, décidant de monter Sahara Dust avec Helena Iren Michaelsen (ex-Trail of Tears, Imperia) au chant, le guitariste Ad Sluijter (ex-After Forever), Ivan Hendrickx à la batterie, le claviériste Coen Janssen et le bassiste Yves Huts. Le groupe n’eut le temps d’enregistrer qu’une démo, Cry For the Moon, qu’il devint Epica. Après quoi Ivan Hendrickx fût remplacé par Jeroen Simons et Helena fut remplacée par notre rouquine favorite, Simone Simons, alors toute jeunette. Et c’est sous cet line-up que sort, en 2003, le désormais bien connu The Phantom Agony.

Cette première galette, avec des compositions faisant déjà preuve d’une certaine maturité, certainement dûe à l’expérience déjà acquise auparavant par Mark Jansen, traitera alors des dangers de la manipulation par les religions. Ce sujet est principalement abordé sur les chansons « The Embrace That Smothers, Part… » dont les trois premières parties apparaissent déjà sur l’album Prison of Desire d’After Forever et dont la suite nous est offerte sur The Divine Conspiracy, troisième offrande du combo.

Et on ne parlera pas uniquement de maturité mais aussi de moyens, Mark Jansen faisant appel à un vrai orchestre de chambre afin d’assurer les parties orchestrales omniprésentes sur cet opus. Le ton est donné, on aura droit à un véritable album de Metal Symphonique au sens propre du terme. En ressortirons même les titres phares d’Epica, à savoir le bien nommé « Sensorium », « Cry For The Moon », la petite ballade mélancolique « Feint » qui tient surtout à la performance touchante de Simone, mais aussi le morceau éponyme concluant merveilleusement bien cet album : « The Phantom Agony », qui séduit par son travail très nuancé mais aussi par sa structure simple, malgré les neuf minutes de la réalisation. La pièce se laisse conclure sur la partie orchestrale de la chanson, ce qui lui confère une fin relativement plaisante.

Epica

Il contiendra des titres un peu moins répandus aujourd’hui comme « Facade Of Reality », excellent morceau, très riche, dénotant quelques influences death (qui s’accentueront dans la carrière des Néerlandais), surtout sur l’introduction, ou encore « Illusive Consensus », un peu plus décousue mais ne perdant jamais son auditoire en marche. Cela montre qu’Epica possédait dès ses débuts de la suite dans les idées et allait au bout de sa démarche, quitte à demander un temps d’assimilation plus élevé que la moyenne. L’une des forces du disque, c’est évidemment tout cet aspect varié et pourtant cohérent qu’il propose. Parfois, les riffs sont musclés et terriblement incisifs comme sur « Seif al Din » qui en est un bon exemple. Mais l’offrande se veut aussi bien plus douce et touchante. On a déjà parlé de « Feint », mais la pièce « Cry For The Moon » présente également ces aspects, en jouant à la fois sur la force et sur le velours des choeurs et du chant de la belle rousse.

Celle-ci est d’ailleurs très loin de la tournure rock connue aujourd’hui. Influencée par Cristina Scabbia et Tarja Turunen, l’inspiration sur la diva finlandaise se ressent dans l’approche du chant de Simone, tirant souvent vers les hauteurs et privilégiant une facette lyrique en premier lieu. La voix de la jeune femme est un atout de poids pour la bande, tant celle-ci parvient à toucher et à transmettre de l’émotion via ce chant délicat et cristallin (« Cry For the Moon », « Feint »). Techniquement, si l’on est pas dans le sans faute, on ressent tout de même une belle maîtrise qui parviendra, dans les années à venir, à gagner en puissance et en stabilité en diversifiant son registre, même si le resultat final restera fragile par moment. L’écoute de cette première mouture est toujours amusante, maintenant qu’il est possible de comparer la Simone d’antan et celle d’aujourd’hui, et de constater à quel point sa voix est différente, les années ayant eu un impact conséquent sur elle.

The Phantom Agony est une première galette très variée, faisant ressortir pas mal d’influences, convaincra petit à petit l’audience et se classera parmi les meilleurs albums du groupe, souvent citée comme leur pièce maîtresse avec la plus récente Design Your Universe (2009). Onze ans après sa sortie, cet album fera encore parler de lui comme étant la référence du sextet hollandais, même si leur direction musicale diffère aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, ce premier manifeste d’Epica est riche, touchant, beau, prenant, une véritable pierre angulaire du genre. A écouter sans modération, et ce encore pendant de nombreuses années.

Tracklist

1 – Adyta (The Neverending Embrace)
2 – Sensorium
3 – Cry For The Moon (The Embrace That Smothers Part IV)
4 – Feint
5 – Illusive Consensus
6 – Facade Of Reality (The Embrace That Smothers Part V)
7 – Run For A Fall
8 – Seif Al Din (The Embrace That Smothers Part VI)
9 – The Phantom Agony

Bonus Track
Triumph Of Defeat (instrumental)

 



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