Winger – Better Days Comin’

Pour les jours meilleurs…
 

Parfois, on déprime, on a eu une journée de merde et ressent cruellement le besoin de se détendre. La musique est souvent le meilleur remède, mais encore faut-il se trouver le bon genre, le bon artiste, avec un feeling nécessaire pour « laisser aller » et passer à autre chose. Quand on pense à Winger, on ne les associe pas forcément d’emblée à l’évasion, ce groupe ayant fait ses preuves à la fin des années 80 à l’épque d’un glam metal à son apogée. Cependant, les 90s sont passées par là et ont mis le groupe en sommeil malgré trois albums reconnus pour leur qualité… 2006 sonna leur retour, pour deux albums et désormais une suite avec ce sixième opus studio Better Days Comin’ paru chez Frontiers le 18 avril.

Cependant, même dans la vague 80s, Winger a toujours été un peu à l’écart, un quatuor bien plus sérieux que ses comparses avec une musique plus travaillée… Et sur cette nouvelle sortie, on ne peut pas dire que les New Yorkais aient facilité la tâche de leurs auditeurs tant les ambiances y sont variées et peaufinées à l’extrême.

Alors certes, le début de l’album se laisse écouter sans mal, avec un premier titre d’emblée classique et un « Queen Babylon » aérien mais simple d’accès qu’un Europe n’aurait pas renié. Jusqu’à ce « Rat Race » bien rentre dedans, on se dit que ce sera assez simple et direct, ce morceau filant même une patate d’enfer prouvant que les Winger n’ont absolument rien perdu de leur verve.

La suite est donc moins évidente, tout d’abord ce morceau éponyme plus bluesy quasi funky à la Extreme où la basse du frontman Kip fait des merveilles. Le must arrivant juste derrière pour un « Tin Soldier » exceptionnel où Winger se fait quasi prog, entre Rush et Dream Theater soft, une performance de choix menée de mains de maître par l’excellent batteur Rod Morgenstein.

Winger 2014

La fin du CD n’en finit pas de surprendre, et les ballades s’avèrent même fort convaincantes. On craint le « trop sucré » sur un « So Long China » assez old school et pop à l’anglaise, mais au fil des écoutes on ne peut qu’être conquis. Et que dire de « Be Who You Are Now » ou « Ever Wonder » qui feraient fondre n’importe quelle âme romantique ? Il n’y a guère que sur l’inspiré par Led Zeppelin (« Kashmir » traine quelque part on dirait…) « Storm in Me » que Winger relache les chevaux sur cette seconde partie de galette, tout ceci pour conclure sur un splendide « Out of This World » quasi épique à sa manière qui donne des envie de reviens-y.

Au final, cet opus surprend et respire la classe incarnée d’un groupe quasi vétéran qui semble être loin d’avoir rendu son dernier mot, à l’image de son chanteur-leader Kip Winger à la voix plus suave et précise que jamais. On sent surtout là un groupe qui s’amuse, inspiré, qui fait la musique qui lui plait et sans concession. Offrant ainsi à ses fans un large éventail d’un style plus varié que jamais et qui va bien plus loin que de l’image hair metal des années 80. Bien plus loin. A dévorer avec une bonne bière, l’esprit vagabond, en espérant des jours meilleurs, et sans trop porter de jugement hâtif car ce disque demande un certain temps d’adaptation.

La Folle Fougère

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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