Nightmare – The Aftermath

Le heavy français à son meilleur !

Oh mais cette intro... Je suis tombé sur le nouveau Within Temptation ou quoi ? Hum, vu comme ça elle était mal partie cette écoute, enfin pas dans le sens espéré du moins, car elle fait très cette entame éponyme... mais rassurez-vous, une fois le concept lancé (car concept il doit y avoir vu tel début), on est TRES LOIN du metal sympho popisant de nos amis hollandais. Tant pis pour vous, car les vétérans français de Nightmare ont décidé de poser leurs couilles heavy power thrashisant sur la table, et ce n'est pas parce que le temps est passé qu'ils semblent prêts à se calmer sur neuvième album studio intitulé The Aftermath et à paraître le 23 mai chez AFM Records.

D'emblée, on sent l'album efficace et impitoyable pour nos cordes vocales, avec deux morceaux PARFAITS pour entamer les débats : "Bringer of a No Man's Land" (à pas confondre avec "Grave in a No Man's Land" de Grave Digger, même si parfois les deux groupes pourraient être rapprochés) aux grattes ciselées au possible sur une mélodie bien accrocheuse et ce "Forbidden Tribe" déjà diffusé en exclu sur La Grosse Radio Metal au refrain absolument imparable, très power certes mais qui en fera fondre plus d'un. Avec ce combo d'entrée, affublé d'un "Necromancer" ravageur (avec un refrain pas loin de Pagan's Mind d'ailleurs, note à part), Nightmare prouve qu'il peut être considéré dans la lignée de Judas Priest : une sorte de petit frère français qui n'a désormais plus grand chose à envier à son aîné.

Nightmare 2014

Mais pas seulement... Car le quintet grenoblois est bien plus sombre et alambiqué que les légendaires britanniques, les influences sont ici plus multiples mais aussi plus modernes tout en restant pour autant ancrées dans un old school dévastateur. Le press release ne mentait pas en citant Nevermore (la folie "Ghost in the Mirror" ou la conclusion "Alone in the Distance") ou Iced Earth ("Mission for God" aurait pu plaire à Jon Schaffer et ses amis) pour attirer le chaland, on ressent les troubles du premier cité (en moins dépressivo-sombre quand même) avec quelques touches proggisantes alliées ici ou là au charme de la voix d'un Jo Amore en mode Dio ressucité et aux guitares de Franck Milleliri et Matt Asselberghs parfaitement en harmonies. On sent que la base rythmique mené par le bassiste Yves Campion et le batteur David Amore a été longuement travaillée et peaufinée en studio, cela donne une approche pas forcément simple sur certains titres où les lignes de chant se torturent pour conférer une dimension tout autre à la signature même d'un groupe qui sait évoluer avec son temps tout en ne reniant point ses racines. Serait-ce l'apport du jeune Matt, pour la première fois présent dans le groupe de bout en bout du processus de création, qui a amené cette vision plus actuelle d'un metal encore plus burné ? Ceci méritera certainement un prochain éclaircissment.

De là à dire que Nightmare risque de laisser certains fans de ses purs et durs sur le carreau avec cette sortie, il n'y a qu'un pas que je n'oserais franchir. Il est certain qu'une première écoute en étonnera plus d'un, mais il ne leur faudra certainement s'arrêter et persister au-delà même de la teneur des riffs car nous avons ici une profondeur rare pour un album dit de heavy power. Quelques morceaux n'oseront pas se dévoiler sans mal, je pense à "Invoking Demons" de part son intro planante ou sa structure étonnante (tiens là aussi je penserais à Pagan's Mind) ou ce "I Am Immortal" au chorus en l'apparence simple et bateau... mais loin de là au final ! La plus surprenante sera peut-être "Ghost in the Mirror" avec l'intervention de cette voix robotique, très peu d'accroche sur celle-ci mais un travail sur les ambiances et les parties rythmico-riffées. Preuve en est d'ailleurs sur ce morceau que le clavier sait se faire présent sans jamais déborder, ambiancé pour accompagner le tout, servant également une émotion palpable sur ce "The Bridge Is Burning" où Jo Amore nous rappelle un peu Jorn Lande dans Ark (écoutez l'album Burn the Sun et vous comprendrez) en son entame avant de partir en heavy que Ronnie James Dio aurait adoubé (léger riff "Holy Diver" à l'appui). Des ingrédients faisant de The Aftermath un disque inspiré et passionnant.

Pour conclure, disons sans avoir peur des mots et sans détour que Nightmare réalise certainement là son album le plus abouti stylistiquement. Pourtant The Burden of God avait mis la barre bien haute... Peut-il être considéré comme leur meilleur ? Peut-être bien, on verra cela avec le temps, mais le melting pot titres "in your face" et morceaux plus complexes fait mouche, dans une cohérence parfois un peu fragile et le long de quelques mélodies vocales difficiles à appréhender, mais peu importe : Nightmare est là pour nous faire headbanguer sans répit, entre riffs incisifs, production intelligente de haut niveau et voix d'une puissance pure indétrônable. De quoi être fier d'être français... et se jeter sur leur prestation à venir au Hellfest 2014 !

La Folle Fougère

Ma note : 8.5/10
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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