Munky, guitariste de Korn

Korn était de passage en France le 5 mai 2014 pour promouvoir The Paradigm Shift, et c'est au Zenith de Paris que La Grosse Radio a pu s'entretenir avec Munky, guitariste du groupe.

Le jour J, entre deux séances de soundcheck, nous avons eu un moment pour lui poser quelques questions. Après un accueil chaleureux et sympa à son image et malgré un vilain rhume, nous sommes entrés dans le vif du sujet.

DonMendelo : Comment composes-tu, ta manière de travailler a-t-elle beaucoup changé au cours de ta carrière ?

Munky : Oui, ça a beaucoup changé au cours du temps. Quand on a écrit nos premiers albums, on avait pas de véritable structure, c’était un peu la liberté. L’idée n’était pas de faire dans le classique : D’abord une intro, puis un couplet, et le refrain, etc… En fait il y’avait une certaine pureté là dedans. On a fini par apprendre ces structures et ça nous a beaucoup aidé en composition. Avec l’habitude, tout a été plus simple, et c’est devenu une question de feeling. Grâce à ces techniques, nos morceaux sont devenus plus mélodieux.

DonMendelo : Votre dernier album, Path of Totality accueille un mélange de metal et de dubstep, comment avez-vous  fait pour que le résultat reste cohérent et clair ?

Munky : Quand on a créée la collaboration avec les différents DJs et producteurs, on savait que ça allait pas être facile, mais certains d’entre nous écoutent pas mal de musique électronique, particulièrement Jonathan, donc l’objectif à atteindre n’était pas si éloigné de ce à quoi on était habitués. Bien sur ça a été dur, avec Skrillex comme avec Noisia.

DonMendelo : La Dubstep, c'est un peu le Metal de la musique électronique, j’imagine que de ce fait, il était assez simple de vous accorder sur votre objectif.

Munky : Tout à fait ! D’ailleurs nous n’avons pas été les premiers à avoir cette idée, tous les groupes de Metal industriel que j’aime comme Ministry ou Nine Inch Nails l’ont fait pendant des années. C’est une veine particulière de la musique qui consiste à amener des éléments de Dubstep au metal pour obtenir un son plus agressif. En revanche les percussions restent électroniques, c’était compliqué pour notre batteur.

DonMendelo : C’est donc totalement différent quand vous jouez ces morceaux en live !

Munky : Oui, c’est très différent. Ray (ndlr : le batteur du groupe) a les samples des différents éléments de batterie, mais tout ne vient pas de l’ordinateur, il les joue vraiment.

DonMendelo : Dans cette même optique, pourrais-tu imaginer mélanger la musique de Korn avec d’autres genre comme la jazz ou la musique classique ?

Munky : Je trouve ça assez intéressant, particulièrement pour ce qui est du Jazz qui a un côté très improvisé et spontané, j’adore ça ! Faire un disque basé là dessus serait très difficile pour nous. Intégrer de la musique classique serait tout aussi intéressant, mais on le travaillerait probablement différemment. D’un point de vue rythmique, on pourrait créer des harmonisations sur certains temps avec quelque chose d’orchestré. Head en a déjà parlé…

DonMendelo : Donc vous y pensez ?

Munky : Oui absolument ! En fait il s’agirait plutôt d’utiliser des techniques d’harmonisation qui viennent du classique que d’orchestrer des morceaux. Dimebag Darell (ndlr : paix à son âme) et son frère, Vinnie, étaient venu nous voir jouer à Dallas, je me rappelle qu’il ai dit à Head "Les mecs, vous devriez faire ça en harmonisation, ce serait génial !" (rires). Je crois que ça pourrait être un bel hommage. Ce mec était le meilleur des meilleurs…

DonMendelo : Jonathan est connu pour écrire constamment. Avez-vous déjà quelques ébauches d’un futur album ?

Munky : En fait, 20 chansons ont été enregistrées pour Paradigm Shift, et 15 d’entre elles sont sur le disque. On va probablement utiliser une partie des morceaux restants pour le prochain album. On a aussi quelques nouvelles idées, mais rien de vraiment concret. Quand j’ai une idée en tournée, il y’a toujours quelques instruments dans le bus pour travailler ou enregistrer quelques trucs.

DonMendelo : Peux-tu me parler d’Emotional Syphon Records ?

Munky : J’ai lancé ce label il y’a quelques années. L’idée est de donner une opportunité à ceux qui veulent faire de la musique de le faire professionnellement. Il y’a tellement de gens talentueux ! Je cherche toujours à écouter de nouvelles choses et ces musiciens là me font découvrir leur musique, ça me fait réfléchir sur mes propres compositions, c’est souvent très utile. J’ai aussi produit des albums pour mes amis, même si c’est un petit peu plus délicat à gérer. Les groupes dont le label s’occupe me font souvent écouter une ou deux chansons, je pourrais peut-être sortir une compilation de ce qui a été fait, ce serait intéressant.

DonMendelo : Tu as aussi dit que tu ne voulais pas signer que des groupes de metal, mais ouvrir ce label à beaucoup d’autres genres. A quels types de groupe penses-tu ?

Munky : Tu sais, j’aime toujours le rap et le hip-hop, les groupes un peu vintage, mais aussi les plus récents comme A$AP Rocky. J’aime aussi la Dance, notamment un artiste auquel je pense, Future Doom, évidemment la Dubstep, plus agressive. J’adore les Soundtracks, en général, quand je veux voir un film, j’achète la BO, et je l’écoute avant de voir le film.

DonMendelo : Parmi ces artistes aimes-tu Hans Zimmer ?

Munky : Oui ! Il est très bon, mais un peu commercial. Tu sais, ces grosses orchestrations, tout ça… As-tu vu Drive ? La BO est de Cliff Martinez, c’est vraiment cool. C’est plus moderne.

DonMendelo : Quels sont les groupes que tu écoutes en ce moment ?

Munky : J’adore Gojira, et je dis pas ça parce qu’on est en France actuellement ! Attends, je regarde sur mon téléphone, et je te dis ça... Il y’a She Wants Revenge, Limp Bizkit… Je les adore, même si je sais que beaucoup ne les aiment pas. J’écoute aussi les derniers Ghost, Soundgarden, Deftones, Queens of the Stone Age, Jay-Z, Eminem, un de mes favoris, Peter Gabriel, Steve Vai, Die Antwoord aussi sont plutôt dingues, A Perfect Circle, un projet de Max Cavalera qui s’appelle Killer Be Killed, Godspeed You Black Emperor, j’aime beaucoup ces trucs ambiants et planants, Skrillex, Marylin Manson, que j’adore, pour moi c’est le nouveau Depeche Mode, Alice in Chains… J’essaye d’écouter un peu de tout en ce moment.

DonMendelo : Tu as un autre projet : Fear and the Nervous System, peux-tu m’en parler ? As-tu des nouvelles à nous donner ?

Munky : J’ai lancé ce projet il y’a déjà un moment, et j’ai eu beaucoup de mal à trouver quelqu’un pour chanter dessus. J’espère écrire un peu plus d’ici la fin de l’année, sortir un disque l’année prochaine, et faire une tournée européenne. Mais cette fois, je ne vais pas utiliser mon propre argent pour enregistrer ! Parce que c’est un le secret d’Hollywood, tu n’es pas obligé d’utiliser ton argent personnel pour faire des disques ou des films. Tu peux tout à fait utiliser l’argent de ceux qui veulent bien te le donenr (rires). Personne ne me l’avait dit à mes débuts ! Je vais donc essayer de trouver des gens pour m’aider, histoire d’obtenir un EP de 5 ou 6 chansons. Le chanteur est incroyable ! Ses paroles sont parmi les meilleures que j’ai pu lire et entendre, c’est très profond et intelligent.

DonMendelo : Travaille tu de la même manière avec ce groupe et avec Korn ?

Munky : Non, il s’agit plus de travailler en équipe avec Fear and the Nervous System, c’est un obstacle qu’on a déjà surmonté avec Korn, quand on compose, on est tous dans la même pièce. C’est un objectif que je veux atteindre avec Fear and the Nervous System. Donc ça change constamment. Avec Korn, ça ressemble plus à des jams. Head et Moi jouons quelque, et Fieldy nous rejoint, puis on enregistre.

DonMendelo : As-tu des passions en parallèle de la musique ?

Munky : Tu sais, je suis père de famille, et j’aime faire des activités en famille quand je rentre, aller au parc avec mes enfant par exemple, jouer avec eux. C’est un accomplissement en un sens. Il faut que je reste proche et attentif malgré l’absence des tournées.

DonMendelo : Tu mènes une double vie en quelque sorte : Ta vie de musicien, et celle de père de famille.

Munky : Exactement !

DonMendelo : Apprécies-tu le contraste entre ces deux facettes ?

Munky : Oui, et ce sont deux mondes bien distincts. Quand tu es en tournée, tu peux faire ce que tu veux. Il y’a bien un emploi du temps, mais personne ne t’impose quoi que ce soit. Et quand tu rentres à la maison, c’est le retour à la réalité, tu n’es plus le boss ! Tout homme marié connaît cette règle ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on y reste pas, allons plutôt jouer au parc (rires) ! Au milieu de notre carrière, on a arrêté de se focaliser sur la musique et la composition, je suppose qu’on était sous le charme de ce qui nous arrivait. Chacun avait un peu un ego surgonflé, mais aujourd’hui, après 20 ans de carrière, on arrive à gérer ces deux vies et à avoir une attitude plus correcte. Par exemple, il y’a quelques temps, on a joué dans une plus petite salle, le Bacalan… ? Batlan… ?

DonMendelo : J’imagine que tu veux parler du Bataclan !

Munky : Bataclan, c’est ça ! Et maintenant nous sommes ici ! On est tellement reconnaissant, parce qu’on reste petits et beaucoup de gens sont derrière nous. Avoir cette double vie t’aide à garder les pieds sur terre. En tournée, c’est de la fantaisie, et rentrer chez soi, c’est revenir à la réalité. C’est drôle ! Une fantaisie qui dure un temps.

Questions par Tfaaon et DonMendelo
Interview par DonMendelo

 

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