Korn (+ Hacktivist) au Zénith de Paris (05.05.2014)

Pop et muse à leur zénith


Oublions vite cet affreux jeu de mots pour nous concentrer sur ce qui nous intéresse : après un retour en force implacable sur scène ces dernières années, Korn avait transformé l’essai  sur galette avec The Paradigm Shift en contentant quasi-unanimement la presse et les fans.  En ce joli mois de mai, ils étaient de retour en France pour défendre ce nouvel album sur les planches. Avec eux, on trouvait groupe qui fait énormément parler de lui dans la scène djent et consorts : les anglais de Hacktivist. Ce concert était donc placé sous le signe de la guitare, à plus de six cordes, s’il vous plaît !

Hacktivist

Comme les musiciens le confirmeront au cours de leur performance, on sent très nettement l’influence de Korn  sur ce combo de la belle Albion. Nous avons en effet affaire à un mélange de métal et de hip hop, sorte de version 2.0 du néo-métal en somme. Très vite, on est déçu par le son, objectivement imprécis et permettant difficilement d’apprécier la musique qui est jouée. Au chant, on trouve deux MCs, qui mettent bien l’ambiance dans les premiers rangs de la fosse. Par contre, au niveau du flot, c’est hélas loin d’être d’une efficacité redoutable. Ca manque de punch, bon sang ! On est bien loin de la rage d’un Zach de la Rocha (Rage Against the Machine) ou de la puissance d’un combo comme Dope D.O.D.
 

Hacktivist, Paris, 2014, Zénith de Paris,


On saluera tout de même l’initiative du groupe de reprendre un morceau de hip hop, chose trop rare dans le petit monde du métal pour ne pas être soulignée. Mais on regrette encore une fois le manque de conviction qu’on sent chez les deux MCs, qui est bien loin d’effacer l’efficacité de la version originale de "Niggaz in Paris" par Jay-Z et Kanye West. Peut être ont-ils trop fait la fête ou sont-ils fatigués par la vie en tournée ? On ne le saura probablement jamais, mais en tout état de cause, il est difficile de pleinement entrer dans ce concert.  En revanche, on a pu remarquer que leur bassiste est un tueur, et ce dernier nous enverra de bonnes vibrations tout le long du concert, ce qui n’est pas le cas du batteur, qui a un jeu aussi plat que sa caisse claire sonne mal.
 

Hacktivist, Paris, 2014,


A la fin du set, on entendra le guitariste pousser la chanson en voix claire, exercice dont il se sort plutôt bien. Mais ce n’est pas une performance honnête à la voix qui fait un concert. En tout état de cause, on peut tout de même sentir qu’une bonne partie du public venu pour Korn a apprécié la performance de ces Hacktivist, surtout en observant le bazar dans le pit pendant la dernière chanson. A revoir en petite salle, il semblerait.

 

Korn

Ca y est, l’attente est finie, les pères de tout un pan du métal foulent de nouveau les planches de Paris, avec un Zénith en « petite » configuration qui est assez bien rempli. Ironiquement on peut se rappeler qu’il y a tout juste dix ans, ce même groupe remplissait encore Bercy à l’envie avec Static X et les Silmarils ! Comme l’année dernière lors des concerts au Sonisphère et au Hellfest, Korn fait le choix intelligent de commencer son set avec un classique, qui détruit la fosse d’entrée de jeu et y instaure une ambiance fiévreuse : "Falling Away From Me". Puis le concert s’enchaîne parfaitement avec "Love and Meth", l’une des quelques pépites du dernier cru de Korn.
 

Korn, Paris, 2014,


Au niveau du son, c’est loin d’être parfait et un peu décevant vu le prix des billets, mais on peut tout de même profiter du concert comme il se doit. Le groupe paraît être en bonne forme, et plus particulièrement Jonathan Davis, qui est très en voix ce soir, et semble visiblement très content d’être là. On ne le dira sans doute jamais assez, mais le claviériste Zac Baird assiste parfaitement le meneur du groupe sur les harmonies vocales, apportant une touche supplémentaire de mélodie et de professionnalisme au tout.
 

Korn, Paris, 2014,

R.I.P Hans Ruedi Giger

Pendant que Head, coiffé de ses immenses dreads, s’amuse à balancer des médiators à la foule, le concert continue sur d’excellents rails avec "Narcissistic Cannibal", du toujours controversé The Path of Totality. Et force est de constater qu’il fonctionne toujours aussi bien en live.  A la basse, on retrouve le son claquant et caractéristique de Fieldy, qui apporte toujours cette touche si particulière au son de Korn. A la batterie, Ray Luzier assure comme un chef, et nous délivre un show à l’américaine. Le vieux fan aura toujours du mal à oublier la frappe et le jeu survitaminé de David Silveria, mais bon il faut se faire une raison, il semblerait que son retour ne soit pas pour tout de suite
 

Korn, Paris, 2014,


D’ailleurs en parlant de vieux fans, il n’y en a visiblement pas beaucoup dans la fosse  pour reconnaître les énormes coups de basse caractéristiques de l’introduction de "Dead Bodies Everywhere", tirée du classique Follow The Leader. En tout état de cause, vu l’accueil, il semblerait que les jeunes aient adopté la chanson ! S’ensuit un concert rondement bien mené, avec une alternance entre nouvelles tueries (Spike in My Veins) et vieux tubes (Did My Time). On verra plusieurs fois Jonathan complimenter la foule avec succès. On pourrait penser à de la démagogie, mais on sent pourtant une certaine sincérité lorsqu’il affirme adorer jouer à Paris.
 

Korn, Paris, 2014,

Tout semblait partir pour un sans-fautes au niveau de la performance comme de la setlist. Et pourtant, c’est le drame : l’intro de « Never Never » retentit, véritable déchet radiophonique et dépourvu d’inventivité du dernier album, faisant partie des moins bons titres de la discographie du groupe. Il est pourtant sauvé du naufrage total par la performance de Davis, comme sur la version studio d’ailleurs. Le combo de Bakersfield nous fait bien vite oublier cette bévue avec "Freak On a Leash".
 

Korn, Paris, 2014,


Et c’est déjà l’heure du rappel d’un concert qui est passé à cent à l’heure. Et pour le rappel, chers amis, je peux vous dire que nous avons été gâtés. Car Korn n’a pas oublié d’où il venait, il n’a pas non plus oublié qu’en août, il fêtera les vingt ans de leur référentiel premier album ! Nous avons donc droit à une fin de concert éponyme et épileptique avec « Clown »,  un divin « Divine » et évidemment, « Blind » pour conclure ce magnifique concert. Vingt ans après, ils viennent nous rappeler qu’au-delà des étiquettes, Korn est un grand groupe, avec ses controverses, ses échecs mais on retiendra surtout leurs succès, réaffirmés ce soir à Paris.

Setlist :

Falling Away from Me
Twist
Got the Life
Love & Meth
Narcissistic Cannibal
Dead Bodies Everywhere
Spike in My Veins
Get Up!
Did My Time
Shoots and Ladders / Somebody Someone
Coming Undone
Here to Stay
Never Never
Freak on a Leash
---------------------------
Clown
Divine
Blind

Ce reportage par Tfaaon est dédié à la mémoire de H.R Giger. (1940-2014)

Photos Hacktivist : © 2014 Olivier GESTIN / INTO The Pit Photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

Photos Korn : © 2014 Nidhal Marzouk / Yog photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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