Vincent Urbain de Daemonium-Akhenaton-Sangdragon au Festival de Chair et d’Acier 2014

Un petit retour dans le temps, nous revoilà le samedi 3 mai 2014 dans l’après-midi, au Festival de Chair et d’Acier à Mâcon. Alors que dehors, la fête médiévale bat son plein, Vincent Urbain, leader de la trilogie Daemonium-Akhenaton-Sangdragon nous accorde une interview à travers une longue et sympathique discussion.

Je pourrais résumer l’impression que j’ai eu en deux mots: passion et bonheur.
 

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Thomas: On pourrait croire que tu es quelqu’un qui a du mal à trouver un nom de groupe. D’autres groupes ont tendance à changer le nom de leurs différents albums, toi tu changes carrément le nom du groupe en même temps.
Est-ce que tu peux nous expliquer cela ? C’est quand même assez curieux d’arriver au troisième nom du même concept.

Vincent:  En fait, c’était prévu dès le départ. C’est une trilogie qui est basée sur un cheminement spirituel. Et il était question dès le départ, j’ai gardé d’ailleurs le même logo, mais que les noms changent à chaque fois. Après, quand j’ai fais d’autres groupes à côté, comme Winds of Sirius et The Seven Gates, c’était plus des concours de circonstances. Mais sur Daemonium-Akhenaton-Sangdragon, c’est l’évolution d’un personnage, l’évolution d’une histoire. Le Daemonium, c’est sur le chemin mental, Akhenaton spirituel et Sangdragon sur le physique. Et c’est pour ça que ça peut être le même être, mais sur trois plans différents. Il lui est arrivé à peu près la même histoire, mais vue d’un plan différent finalement. J’en veux pour preuve que la pochette d’Akhenaton aurait pu être celle de Sangdragon, celle de Daemonium aurait pu être celle d’Akhenaton, etc. En fait, tout s’imbrique. Et c’était donc prévu dès le départ de faire une trilogie, et plutôt que de garder le même nom de groupe, et bien de le faire évoluer à chaque fois car c’est pas sur le même plan.

Thomas: Ce sont des incarnations d’une même personne ?

Vincent: C’est plus sur des plans différents, entre le mental, le psychique et le physique. C’est l’évolution de ce héros sur des années.


Thomas: Pourquoi avoir laisser tant de temps entre le premier album, qui date quand même de 93…

Vincent: Le deuxième 96… En fait, la vérité c’est que l’album de Sangdragon aurait dû sortir trois ans après l’Akhenaton. Et il s’est perdu dans les méandres de l’informatique et du coup, il n’est jamais sorti. Et j’avais un projet avec d’autres gens à ce moment là et du coup, je l’ai mis de côté. Et après je suis parti un peu de tous les côtés, ma vie a pas mal évolué, j’ai monté un magasin, etc. J’ai fais parti d’une autre formation que j’avais monté avec d’autres copains. Et cette formation s’étant arrêtée, j’ai décidé de reprendre Sangdragon et j’ai repris les chansons de cette époque là, mais j’en ai fais aussi beaucoup de nouvelles. Et le truc c’est que c’est sur le physique, où au départ finalement musicalement j’avais besoin de personne, et en fait c’est tous mes potes autour qui m’ont proposé leurs services et qui ont un niveau dans leur instrument respectif bien supérieur au mien. Je joue de tout, mais j’excelle en rien. Du coup, que mes potes jouent là dessus, ils ont apporté leur griffe, leur savoir-faire, etc. Et finalement, c’est devenu un vrai groupe. Au départ, j’avais besoin de personne, mais maintenant, j’ai besoin de tout le monde. Et c’est une vraie histoire d’amitié en fait. Et c’est pour ça aussi sur le plan physique, il y a pas mal de chose, sur la famille, sur l’amitié, des choses plus  essentielles dans la vie que ce qu’on peut se projeter quand on a une vingtaine d’années.

Thomas: Donc en fait quand, tu as fais la partie Daemonium, tu n’avais pas ambition de faire des concerts ?

Vincent: Si c’était quand même prévu. On devait faire, deux ans après l’Akhenaton, un concert en Bretagne, j’avais embauché des zicos, des potes à moi et puis ça s’est pas fait pour des raisons d’argent. C’est pas facile de réunir autant de monde, je voulais des chœurs, etc. Par exemple, ce soir, c’est un peu la version light. Normalement, il y aurait dû y avoir un petit orchestre symphonique, il y aurait dû y avoir des violons, des violoncelles, un peu de cuivres, etc. Mais là, on rentrait jamais. Déjà, on est dix sur scène et c’est déjà chaud patate, donc ça sera pour l’année prochaine. On les a mis un peu en standby, histoire de bosser ça. Et puis, ça va venir par la suite. J’avoue que c’était un peu mon rêve de faire ça avec un orchestre symphonique. Et là déjà avec plein de chœurs, et un clavieriste super qui est Edouard Verneret, qui lui a vraiment appris la musique, qui est issu du conservatoire, c’est pas un autodidacte comme moi. J’ai rien contre les autodidactes, au contraire je trouve que des fois on a des idées qui sortent un peu de l’ordinaire, mais il faut avouer que des gens qui maîtrisent leurs instruments, ça a quand même une autre gueule. En toute humilité.

Thomas: On va juger sur pièce ! Et au niveau de l’évolution, tu l’as dis, c’est une trilogie. Ca veut dire qu’il y aura un album de Sangdragon et ça s’arrêtera ?

Vincent: Alors, on va voir où ça va nous mener. Maintenant, on est sur le plan physique et on peut évoluer un peu comme on veut. On a déjà un ou deux trucs de prêt pour plus tard. On verra ce qu’on en fait, j’aimerais bien faire un truc, une vidéo-album, un truc un peu conceptuel. C’est vrai que c’est avec mes amis autour, qui sont à côté de chez moi, on se voit tout le temps. C’est pas dit qu’on fasse pas quelque chose plus tard, c’est pas exclu.

Thomas: On a vu que tu étais un grand créatif qui avait moultes idées.

Vincent: Et supports. Je fais de la peinture, du dessin, j’ai un magasin de jeux de figurines où je peins les figurines, je fais les décors, je fais de la sculpture. Je fais beaucoup de choses.
 


Thomas: Est-ce que tu trouves encore le temps de jouer par exemple, puisqu’à priori, tu es un joueur, si j’ai bien compris.

Vincent: Alors, j’avoue que je fais parti de la troupe médiévale, la troupe de combat que vous avez vu aujourd’hui [NDA:la Maisnie du Chevalier Bragon], donc là je combat pas, parce que je sors des balances et il faut avoir les idées claires parce que chez nous, la fausse note, c’est tout de suite violent, en général, il y a l’hôpital. C’est un tout, c’est un espèce de concept, je reste Sangdragon au sein de la fête médiévale. Je trouve que l’épée, c’est aussi un équilibre, le symbole de l’air, celui qui réunit tous les autres éléments, qui les équilibre. Je le prend un peu comme de la danse. J’ai des parents qui sont danseurs étoile, les deux et il y a des choses qui ressortent. L’épée, je le prend comme une forme de danse, pour moi, c’est de l’escrime artistique. C’est une forme d’art.

Thomas: En fait, tout ce que tu fais, c’est une forme d’art.

Vincent: J’essaie. La vérité, c’est que c’est comme ça que je m’éclate, voir même que je me détend. Les gens me disent, mais putain comment tu fais pour faire autant de choses. Si tu veux, pour me détendre, je fais de l’épée, donc de l’art, et quand j’en ai marre, pour me détendre, je fais de la peinture. C’est moi qui ai fais les quelques étendards ici, c’est pareil, je les ai fais à main levée.

Thomas: On sentait le style…

Vincent: Oui, on m’a dit c’est toi qui l’a fait, je reconnais ta touche. J’ai pas essayé, mais apparemment, ça se voit.

Thomas: Par rapport à l’avenir immédiat, par rapport à Sangdragon, il y a un album de prévu ?

Vincent: En fait, il est terminé. Il y a une dizaine de chansons. On va vous en présenter quelques unes ce soir. On attend très honnêtement de réunir les fonds nécessaires pour faire un mastering digne de ce nom et puis démarcher éventuellement des labels dignes de ce nom aussi. On sait jamais. C’est vrai qu’on part avec une carte supplémentaire parce qu’on a vendu quelques albums dans le passé, mais à l’heure actuelle, c’est pas toujours facile de toute façon.

Thomas: Oui, ça a un peu évolué, mais on peut peut-être espérer le même succès un peu inattendu que Daemonium qui a éclaté les ventes…

Vincent: … Et Akhenaton. Daemonium+Akhenaton, ça a fait 35 000 albums.

Thomas: Ce qui à l’époque était quand même très honnête.

Vincent: Et puis maintenant, c’est carrément du miracle. (rires)
On espère quoi. Tout est en règle, l’album est prêt. On a deux trois choses à fignoler, on s’arrache un peu les cheveux sur le mixage j’avoue, parce qu’il y a des couches, mais on espère le sortir d’ici deux mois. La cover est prête, l’intérieur est prêt, tout est prêt en fait. Ce soir par exemple, il y aura des souscriptions pour cet album, avec la pochette et une carte sympa avec un numéro qui numérotera l’album.

Thomas: Le collector.

Vincent: Nous, ça nous permet de récolter des fonds pour payer ce mastering, bêtement et simplement. C’est vrai que la démarche actuelle, si tu démarches pas avec un produit fini, c’est d’autant plus difficile parce qu’il y a de très bons groupes avec un niveau technique de plus en plus flagrant, il y a de plus en plus de groupes et arriver avec un produit fini, tu te dis que t’as un petit peu plus de chance que les autres, plutôt que de faire comme à l’ancienne, où tu arrivais avec une démo et le label te payais et le studio et le mastering, etc. Et il est prévu d’ores et déjà une version vinyle, qui est déjà normalement signée sur mon ancien label. Version tri avec les trois, Daemonium-Akhenaton-Sangdragon. C’est pas encore complètement fini, décidé, mais on s’était mis d’accord quand même pour le faire, donc j’ose espérer que ça va se concrétiser.

Thomas: Pour terminer, est-ce que tu pourrais… Ca va être peut-être difficile pour quelqu’un d’aussi multiple que toi, c’est une question que je pose à tous les groupes que j’interviewe, est-ce que tu peux résumer, en 2014 ce qu’est la trilogie pour toi, en un mot. Deux, trois éventuellement.

Vincent: Ah mais un mot, je cherche. Je vais dire « sincérité », même si c’est un peu bateau, c’est quand même le maître mot, être sincères avec nous mêmes. Même mes potes, j’ai fais les compos de tout, mais ils avaient carte blanche pour tout, mais du moment qu’ils le faisaient avec sincérité et qu’ils s’amusaient surtout, je pense que les gens s’éclatent plus quand ils s’amusent plutôt que quand ils doivent faire absolument les notes qu’on leur dit, et c’est sincérité au niveau des émotions, au niveau de la technique, au niveau de la mise en place. Voilà, je pense que c’est le bon mot.

Thomas: OK. Alors, si tu as quelque chose à rajouter, profites-en, tu as carte blanche.

Vincent: Justement, restez vous même car c’est comme ça que vous vous battrez jusqu’au bout pour aller jusqu’à vos rêves. Je me bat très fort depuis quelques années, et mine de rien, j’ose espérer que j’y accède quand même. Je m’éclate tellement dans toutes mes activités, annexes et professionnelles, etc. Mais je me bat pour ça, voilà, je suis quelqu’un d’heureux.

Thomas: C’est une belle conclusion. Merci !

Vincent: Je t’en prie !
 

Thomas Orlanth

Photos : © 2014 Thomas Orlanth  – site internet: www.thomasorlanth.com
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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