The Algorithm – Octopus4

L’algorithme déploie ses tent4cules


Beaucoup de projets musicaux naissent dans une chambre et y restent, hélas, à jamais. Mais ce n’est pas le cas de The Algorithm. Grâce aux possibilités d’internet, Rémi Gallego a partagé ses premières démos, ce qui a finalement abouti à un contrat chez Basick Records. Après avoir sorti un Polymorphic Code déjà culte pour toute une frange d’aficionados de métal bizarroïde, et des tournées qui l’ont amené aux confins du globe, Rémi revient avec un deuxième album au titre on ne peut plus nerd : Octopus4. Un aller simple dans le monde des glitchs, des trojans et autres bombes logiques musicales !
 

Là où Polymorphic Code nous rentrait dans le lard après quelques secondes d’introduction ambiante, Octopus4 s’affirme rapidement comme un album plus expérimental, avec plus de dynamiques. Progressivement, donc, The Algorithm fait monter la sauce sur « autoRun » avec un crescendo plutôt bien senti, les couches de synthé qui se superposent et s’entremêlent… Puis les guitares saccadées inspirées de Meshuggah et autres Nostromo surgissent du néant digital, avant de s’évanouir à nouveau. La pieuvre est lâchée, et ce n’est pas une blague vaseuse sur le jeu hallucinant de Mike Malyan, également batteur de Monuments.
 

Clairement, l’atout majeur de cet album est sa multitude de facettes, bien distinctes, mais qui pourtant forment un ensemble cohérent, pour peu que l’on s’y plonge suffisamment. On passe en un tournemain du monument de chiptune qu’est « _MOS », aux entrelacs des parties électroniques de « damage points », qui nous rappellent que les influences de Rémi viennent autant des ténors de la pulsation que sont Aphex Twin, Squarepusher ou Igorrr que du métal progressif moderne.

 

The Algorithm, Octopus4, chronique, 2014,

Polymorphic Code était finalement assez monolithique : très agressif, et d’une densité qui en gênerait plus d’un. C’est d’ailleurs ce qui fait tout le charme du disque. Plutôt que rempiler dans la même veine, The Algorithm s’est dirigé vers quelque chose de sensiblement différent et plus varié. Le métal y est moins omniprésent, bien qu’il ne s’absente jamais assez longtemps pour qu’on l’oublie. Fatalement, l’électronique prend le dessus, notamment sur le très réussi et ambiant « void », mais aussi tout au long de l’album, avec les nombreuses trouvailles sonores de notre Toulousain favori.

 


 

Avec le recul, et à l’écoute de belles réussites comme « will_smith » ou le tube « synthesiz3r », on s’aperçoit que les compositions sont vraiment fouillées et d’une maturité surprenante, sans pour autant perdre l’attention de l’auditeur. Si on fait le bilan, le seul vrai défaut qu’on pourrait trouver à Octopus4 est la production, qui sonne parfois vraiment trop « numérique », à l’image de la guitare ou du mixage qui, lui, manque un peu de chaleur. M’enfin, quand on s’imagine que cet album a sans doute coûté presque mille fois moins que le dernier Daft Punk à produire, on se dit que le résultat est bien réussi, mention spéciale aux sonorités électroniques, qui n’ont jamais été aussi soignées et inventives depuis le début de la carrière de The Algorithm. Chapeau l’artiste !

Chronique par Tfaaon
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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